Chronique Livresque·Science fiction

Sans issue, épisode 1 : Le silence de Svetlana Kirilina

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Fiche Technique :

Auto-édition – 227 pages – ebook ou broché – Science fiction

Résumé :

La guerre a laissé des traces. Des traces qu’on a tenté d’effacer. Des traces qu’on a tenté de camoufler. Avec succès. La vie est devenue meilleure. La vie est devenue simple.

Mais tout le monde ne semble pas de cet avis.

pile-de-livresMon avis :

Un immense merci à Svetlana Kirilina qui m’a confié ce premier épisode en service presse et pour sa confiance renouvelée. C’est toujours un plaisir d’ouvrir l’un de ses livres…

J’ai eu la chance de lire déjà 2 livres de cette auteure : Comment j’ai tué sept personnes avec une agrafeuse et Les pâtes froides pour lequel j’avais eu un gros coup de cœur. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans cette nouvelle lecture.

Cette chronique ne va concerner que l’épisode 1 car « Sans Issu » est une série de novellas ayant pour thème la dictature où chaque histoire est indépendante l’une de l’autre.

Ce premier opus ouvre sur Gul qui se réveille comme chaque matin au son de la radio. Une radio qui semble assez envahissante dans la vie quotidienne mais qui tranquillise Gul puisqu’elle émet sans discontinuer depuis que la guerre a prit fin. C’est une compagne rassurante, fidèle qui rythme ses journées. Puis, il y a Jo, qui arpente les allées d’un parc et qui semble nerveuse, elle a une mission à accomplir. Elle fait partie (sans le savoir encore..) de la rébellion avec son ami Tal.

Svetlana Kirilina nous décrit, une fois encore, un monde qui fait froid dans le dos. La guerre a laissé des traces et les autorités ont créé un monde où  la vie est simple, facile et surtout sans liberté. La radio est justement là pour guider, orienter voir commander aux citoyens leurs actes (il va pleuvoir, prenez un parapluie !). Mais le jour où la radio arrête d’émettre, c’est le grand vide. Gul est perdu, isolé sans cette voix qui lui parle toute la journée, il se sent seul et déboussolé. Mais dans un autre quartier de cette ville, là où vivent les employés de l’industrie on fête, on célèbre ce Silence. La liberté n’a pas perdu tous ses adeptes..

Ce récit est très court, environ une quarantaine de pages mais j’ai trouvé que tout y était. Les bases de l’histoire sont bien posées, les personnages sont bien expliqués et les sentiments bien décrits. On ressent la détresse de ceux qui espèrent le retour de la radio, on ressent la joie de ceux qui espèrent qu’elle n’émettra plus jamais.. Et surtout on se dit que ce monde pourrait être le notre…

Encore une fois Svetlana Kirilina m’a emportée dans son histoire dès les premières lignes. Sa vision de l’avenir de l’humanité est toujours aussi effrayante et sombre mais elle fait réfléchir, espérer que ce n’est pas ce qui nous attend. En tout cas, personnellement, je n’ai pas très envie de vivre comme un robot lobotomisé.. J’ai été ravie de retrouver la plume de Svetlana qui est toujours aussi directe, addictive, rythmée.. A la fin de ce premier épisode, je n’avais qu’une envie : lire les suivants !

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Un premier épisode que j’ai lu d’une traite, sans pouvoir m’arrêter tant l’histoire est prenante. Comme toujours avec cette auteure un très bon moment de science-fiction, en espérant que ça le reste !

Ma note : 8/10

 

Chronique Livresque·humour·policier

Comment j’ai tué sept personnes avec une agrafeuse de Svetlana Kirilina

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Fiche Technique :

Autoédition – 157 pages – ebook ou broché – Humour / Roman policier

Résumé :

Au commissariat de Jauneprairie, on est sur le pied de guerre. Un crime des plus sanglants vient de secouer la ville. Le coupable ? Oh, inutile de le chercher trop loin. Il n’a pas jugé bon de se cacher pour mettre la police en déroute. Non, non. Il a préféré se rendre, sa conscience le chatouillait… Et en plus, il a décidé de ne pas se faire prier pour raconter son histoire. Tout est donc bien qui se finit bien ? Si seulement…

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Svetlana Kirilina pour ce second service presse. Je vous parlais hier du coup de cœur que j’avais eu pour « Les pâtes froides » et ce deuxième roman est complètement différent..

Le stagiaire à l’accueil du commissariat de Jauneprairie voit arriver un beau matin Huguetin Bienassis.. Ce dernier est venu avouer un crime : il aurait tuer 7 personnes avec une agrafeuse, et il est bien décidé à tout raconter ! Mais va-t-on vraiment l’écouter ?

Ce qui m’a tout d’abord attirée dans ce livre c’est son titre.. Un titre comme je les aime ! Et bien sur cette jolie couverture un peu naïve, colorée.. Cet ensemble est tellement représentatif du contenu du roman qu’il en est parfait.

Et lorsque j’ai commencé à le lire, j’ai su dès les premières pages que j’allais passer un très bon moment ! Il faut dire que dans le style farfelu, il se pose là !

Tout d’abord la forme.. Svetlana Kirilina nous livre ici un roman dont on pourrait penser qu’il est une pièce de théâtre sans mise en page. Il n’y a que des dialogues ! Aucunes descriptions hormis celles que donnent les personnages, aucune indication extérieure, ni temporalité.. tout est dans l’échange. Et j’ai trouvé cela particulièrement bien trouvé !

Cette façon d’écrire est atypique (encore !) mais donne un rythme d’enfer à l’histoire et j’ai complètement adhéré. On le lit donc très rapidement, en ayant un peu l’impression d’assister à un match de ping-pong entre les personnages. Les dialogues sont complètement déjantés, la plupart du temps dévient de leur but initial et on se demande si un bon psy n’aurait pas sa place dans ce commissariat.

Les personnages sont également tous plus loufoques les uns que les autres.. Entre le stagiaire qui a une collection pas très saine, la médecin légiste fan de cookies, le détective adepte de dentelle au fuseau je ne saurais choisir celui qui m’a le plus amusée. Leurs échanges nous permettent d’en apprendre plus sur leurs personnalités, leurs façons de voir mais également leurs petits travers.

L’auteure a également inventé tout un monde autour de ces protagonistes et au fil des pages vous découvrirez ce qu’est une rougette, des métiers comme créateur d’arcs-en-ciel ou (et là c’est mon préféré !) gestionnaire des feuilles perforées.. Bref, on ne s’ennui pas une seconde !

J’ai passé un très bon moment à Jauneprairie et ce roman restera dans ma mémoire comme l’un des plus singuliers et amusants que j’ai lu.

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Un roman atypique, drôle et déjanté qui vous fera passer un très bon moment avec ses dialogues aussi savoureux que des cookies !

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·dystopie·Science fiction

Les pâtes froides de Svetlana Kirilina

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Fiche Technique : 

Autoédition – 351 pages – ebook et broché – Science fiction

Résumé : 

« Des gens sont morts. Pas tous. Enfin, je crois pas. Moi, en tout cas, j’ai survécu. J’ai survécu et je me suis retrouvé enfermé là, dans ce bunker. On va pas se mentir. Ici, y a rien à faire. Rien à part tenter de se rappeler le passé, tenter de comprendre comment on en est arrivés là. Tenter de survivre un peu aussi. Ça devrait aller, j’ai une bonne réserve de pâtes. »

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Mon avis : 

Tout d’abord, je remercie Svetlana Kirilina, l’auteure, de m’avoir confié son livre en service presse. 

Voilà ce que j’appelle un livre atypique ! Atypique mais addictif ! Je m’explique.. 

J’ai trouvé les premières pages quelque peu déstabilisantes de par leur construction. En effet, l’auteure nous livre de très courts chapitres qui à chaque fois se déroulent à l’une des trois périodes où se passe le roman et changent de narrateur. La lecture n’est donc pas simple sur les premières pages car il faut bien assimiler chaque période mais au bout  de quelques chapitres.. un régal ! 

Svetlana Kirilina nous raconte l’histoire du monde dans un peu plus de 1000 ans.. lorsque l’être humain aura abusé et détruit toutes les ressources de la planète, où la vie ne sera plus possible comme elle l’est aujourd’hui et qu’il faudra s’enterrer dans des bunkers pour survivre. Avec sa plume est fluide, limpide et juste, elle nous raconte un monde effrayant mais criant de vérité. 

Nous suivons donc plusieurs personnages et plusieurs époques. Les années 3098, 3083 et 3120 s’alternent avec les histoires de Simon, Lou, Ramzon mais également celles de Ned, Ted ou Marc.. Il faut écouter la « Dernière radio avant la fin du monde » qui donne des conseils forts avisés pour survivre mais qui s’intéresse aussi de près à l’organisation « Le Nouveau Souffle » ayant existé des années auparavant. La méfiance face au gouvernement établi et sa milice est également de mise.. 

Tous ces personnages, ces histoires, ces dates s’imbriquent un peu comme un puzzle géant que le lecteur va découvrir au fil des pages.  Les informations distillées par l’auteure se mettent en place et parfois un détail va déclencher une information qui permettra de comprendre pourquoi les choses se passent de telle façon à cette autre date. Et c’est comme cela que l’on va comprendre comment on en est arrivé là, à vivre enterrés, à manger des pâtes froides..  Il est difficile d’en dire plus sans vous spoiler et ce serait vraiment très dommage de gâcher la découverte de cette lecture ! 

Parfois un petit encart dans l’histoire est fait et j’ai trouvé vraiment touchant les « Lettres à Elise » que vous découvrirez au gré des chapitres. De courtes missives qui expliquent la situation à travers les yeux d’une enfant. 

Je citais les personnages plus haut.. Certains sont détestables d’autres sont attachants, mais Svetlana Kirilina a réussi à nous livrer ici un panel de personnages vraiment bien construits. On les connait peu, on en découvre certains plus que d’autres mais ils donnent tous un plus à l’histoire. J’ai ressenti une tendresse particulière pour la jeune Lou qui survit comme elle peut à travers ce monde post-apocalyptique mais également pour Simon, cet idéaliste qui ne souhaite que rendre sa liberté au peuple. Ted et Ned sont également très touchants. 

Quant à la fin, je l’ai trouvé géniale pour la même raison que le reste du roman : la façon dont elle est amenée ! J’ai adoré cette façon de faire même si je crains que certains lecteurs ne la trouve peut-être un peu trop rapide. Enfin,  mes yeux, elle est parfaite ! 

Vous aurez donc compris que « Les pâtes froides » est un gros coup de cœur pour moi. Une lecture addictive, prenante, terrifiante lorsqu’on y pense un peu mais qui m’a tenu en haleine du début à la fin. 

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Un roman post-apocalyptique parfaitement réussi ! Une lecture géniale même si j’espère sincèrement que l’auteure n’est pas visionnaire et que le futur de l’humanité est un peu plus rose que dans ce livre.. 

Ma note : 9/10

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