Chronique Livresque·polar·policier·Thriller

La femme à la mort par Samuel Sutra

Fiche technique : 

Editions Flamant Noir – 198 pages – ebook ou broché – Polar

Résumé : 

LA ROCHELLE. Le commissaire divisionnaire Jacques Verdier, flic au pedigree irréprochable, s’apprête à prendre sa retraite dans six mois. Bien décidé à se la couler douce, il s’occupe des petits dossiers en cours, mais voilà qu’une touriste russe est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel du centre-ville. C’est un suicide. Suicide tellement parfait que l’ambassade s’en mêle et classe vite l’affaire. Trop vite peut-être… Mais Verdier est de ceux à qui on ne la fait pas. Qui est cette femme ? Aucune idée. Que faisait-elle dans cet hôtel ? Pas d’information à ce sujet. Pourquoi a-t-elle fait ce voyage ? Les enquêteurs n’en savent rien. Le commissaire aimerait partir l’esprit tranquille. Il décide alors de faire appel à son vieil ami, Stan, un ex-flic aux manières peu orthodoxes. Ensemble, ils reprennent tout à zéro. Seules certitudes : l’enquête a été bâclée et le corps de la touriste est déjà dans un cercueil plombé en route pour Moscou…

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Mon avis : 

Avant tout, je remercie les Editions Flamant Noir de m’avoir permis de lire ce roman vite le site NetGalley. 

Lorsqu’une touriste russe est retrouvée dans sa chambre d’hôtel morte par balle, l’enquête conclue rapidement à un suicide. Peut-être un peu trop rapidement.. C’est ce que crie son instinct à Jacques Verdier, flic à la Rochelle, à 6 mois de la retraite. Pour enquêter en off, il fait appel à son vieil ami Stan, un ex-flic aux méthodes peu orthodoxes. Stan va donc devoir découvrir ce qu’il s’est réellement passé dans cette chambre d’hôtel, fermée à double tour.. 

Dès les premières pages, j’ai accroché à ce roman autant par son histoire que par le style de l’auteur. Et une fois la lecture commencée, je n’ai pas pu le lâcher avant d’en connaître la conclusion.. 

Tout d’abord, le fond.. L’histoire plonge très vite dans le sombre car Stan va creuser la vie de Natasha, la touriste russe. Il va découvrir non seulement son identité mais également son histoire. Il va déterrer des détails troublants, des indices qui vont l’entraîner au fil des hypothèses à douter de plus en plus de la thèse du suicide. Ses méthodes, ses amis, tout indique qu’il n’est plus dans la Police même s’il en garde l’esprit et la logique. L’auteur a un esprit plutôt retors car bien malin celui qui découvrira le fond de l’histoire avant la fin. 

Sur la forme, j’ai également beaucoup aimé ce roman. C’est le premier livre que je lis de Samuel Sutra et j’ai vraiment apprécié sa plume. Son écriture est à la fois légère et travaillée, sombre mais avec des pointes d’humour, il ne se perd pas en descriptions mais donne suffisamment de détails pour que le lecteur imagine chaque scène, chaque pièce, chaque protagoniste. Il mène son intrigue d’une main de maître sans jamais trembler, il pousse le lecteur à se questionner en même temps que son enquêteur et surtout, ses dialogues sont savoureux et sonnent vraiment justes. Samuel Sutra m’a vraiment embarquée grâce à son roman et je le note dans ma liste d’auteurs à lire puisque « La femme à la mort » n’est pas son premier roman. 

L’histoire est captivante et le lecteur va suivre le cheminement de Stan afin de déjouer le casse-tête que Jacques a mis sur sa route. Le personnage de Stan est non seulement intéressant mais également attachant. Il est souvent drôle, tenace, ses méthodes peuvent sembler discutables même si elles donnent des résultats. J’ai vraiment apprécié de suivre cet enquêteur hors norme. Samuel Sutra a réussi à donner de la profondeur à ses personnages, à leur insuffler du caractère qu’ils soient le héros ou un personnage secondaire. Tous sont bien construits et menés. 

Ce roman était déjà paru en 2012 et a été réédité par les Editions Flamant Noir cet été, ce qui est, à mon avis, une très riche idée. De cette façon, les lecteurs vont pouvoir redécouvrir ce très bon thriller que je recommande vraiment. Une lecture qui devrait plaire à tous les fans du genre ! 

N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire si vous le lisez que l’on puisse échanger nos points de vue. 

Conclusion

Un très bon polar qui a su me tenir en haleine du début à la fin ! Un très bon moment de lecture passé en compagnie de Stan à essayer de savoir.. Pourquoi ? 

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·fantastique

Chroniques d’un Saint Exorciste 3 – Le Repos des Morts par Dana B. Chalys

Fiche technique : 

Autoédition – 258 pages – ebook ou broché – Science-fiction

Résumé : 

Donna n’a plus revu Nathan depuis sept mois. Tandis que sa vie est redevenue un long fleuve tranquille, partagée entre ses études, ses amies et Dylan, tout bascule de nouveau un soir d’octobre lorsque la jeune femme et son petit-ami sont attaqués par des morts-vivants.
De son côté, Nathan est appelé sur les lieux d’un crime commis à l’encontre d’un membre de son Ordre. Ce n’est pas le premier meurtre ni le dernier et le Saint Exorciste ne tardera pas à relier son affaire à celle de Donna. Pas de doute, un nécromancien est en ville et veut tout prendre à Nathan, jusqu’à la vie de ses amis. Mais la présence du sorcier semble cacher autre chose, des plans bien plus noirs dessinés par un ennemi de l’ombre dont la puissance annonce une horreur sans nom.

Le Chaos approche, mais au cœur de Toulouse, le Chevalier veille encore.

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Mon avis : 

Je remercie chaleureusement l’auteure, Dana B. Chalys, de m’avoir permis de lire ce tome 3 via le site Simplement.Pro et plus généralement pour les magnifiques moments de lecture que j’ai passé avec cette série.

Je vais vous parler aujourd’hui d’un tome 3 alors autant vous dire que si vous n’avez pas lu les deux premiers je vais vous spoiler mais dépêchez-vous, je vous attends.. (et là les chroniques des tome 1 et tome 2 ) Bien ! Les premiers sont lus ?  et vous avez autant aimé que moi ?? Alors on y va !  

Le début de ce troisième opus ressemble étrangement au début du second.. Donna, Dylan et leurs amis ont repris leurs vies d’étudiants, tandis que Nathan s’est volatilisé une fois de plus ne souhaitant pas laisser l’amour ou l’amitié prendre une place dans sa vie.  Mais alors que nos étudiants en audio-visuel, Donna et son petit ami Dylan, tourne un court-métrage sur les zombies, de véritables morts-vivants les attaquent ! Donna va donc en informer Nathan, lui le Saint-Exorciste, qui se doit de protéger les humains. Et apparemment cette fois c’est un nécromancien et son pouvoir de ramener les morts à la vie que nos héros vont devoir combattre, mais encore faut-il le trouver.. 

Alors que les étudiants sont confrontés aux zombies du nécromancien, Nathan, quant à lui, est mis en cause dans une série de meurtres. Le Lieutenant Kanaté enquête sur ces morts et va très vite comprendre que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Ils vont donc devoir collaborer et très vite ces deux affaires vont se retrouver inextricablement liées. Encore une fois Nathan va mettre sa vie en danger pour défendre non seulement ses amis mais également l’Humanité ! 

Dana B. Chalys a eu la merveilleuse idée de garder tout ce qui m’avait plu dans les tomes précédents : les personnages (même s’ils ont évolués et changés), l’intrigue ésotérique, le monde si sombre de Nathan.. Mais, elle a également ajouté quelques ingrédients qui rendent ce dernier tome excellent : de nouveaux personnages (dont Calixte que j’ai trouvé vraiment attachant), des révélations qui explicitent les points sombres des autres tomes, une rencontre magique et touchante entre Nathan et un être cher. Autant vous dire que j’ai dévoré ce tome 3 qui met un terme de façon magistrale à cette série coup de cœur pour moi même si Dana n’est pas tendre avec ses personnages dans ce dernier tome et avec Nathan en particulier ! 

Retrouver les différents personnages a été un véritable régal bien qu’ils aient changé au fil de leurs aventures. Donna a trouvé l’amour avec Dylan et a beaucoup mûrit mais reste toujours aussi attachante et drôle. Nathan a trouvé lui aussi l’amour mais l’a malheureusement repoussé. Peut-être laissera-t-il enfin Mickaël prendre une place dans son cœur dans ce dernier opus.. Une chose est sûre c’est que Mickaël, Tit, Dylan, Père Luc et tous les autres ont contribué a rendre cette saga si captivante. 

Outre l’histoire, les personnages et l’univers ésotérique, j’ai découvert grâce à cette saga la plume de Dana B. Chalys. Une plume excellente qui rend cette histoire vivante, passionnante, une plume actuelle, fluide, légère qui donne vie aux personnages. J’ai eu la chance de lire un autre roman de cette talentueuse auteure « Le choix de la gargouille » qui se classe pour moi dans mon top 10 de mes auteurs fantastiques préférés ! 

Même si je suis triste de savoir que j’ai fini de lire les aventures du Saint Exorciste, que je ne plongerais plus dans de nouvelles aventures en sa compagnie (et celle de son bracelet..) je dois dire que ce tome 3 clos d’une très belle façon cette saga qui restera un très gros coup de cœur pour moi. Alors si vous aimez les univers sombre et peuplés de sorciers, démons et autres personnages inquiétants, que vous voulez découvrir les sens du mot « aimer »  foncez vite lire les Chroniques d’un Saint-Exorciste ! 

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 Un tome 3 toujours aussi passionnant et bien écrit, la fin d’une saga coup de cœur et des personnages qui resteront dans ma mémoire pour longtemps ! 

Ma note : 9.5/10 

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Chronique Livresque·polar·Thriller

L’arménien : Nuits Nantaises par Carl Pineau

Fiche technique : 

Librinova – 330 pages – ebook ou broché – Thriller / Polar

Résumé : 

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ? Et qui était vraiment l’Arménien ? Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ? Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ? Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ? Rien de tout cela, bien plus encore ? De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie Carl Pineau de m’avoir permis de lire son roman en service presse via le site Simplement.Pro et pour sa gentillesse. 

Lorsque le corps calciné de Luc Kazian, dit l’Arménien, est découvert, de nombreuses questions se posent.. Qui ? Pourquoi ? Mais aussi qui était réellement Luc ? Des personnes qui le côtoyaient comme Bertrand, son ami coiffeur, ou Françoise, sa psychiatre, vont tous essayer de répondre à cette question et à toutes les autres.. Quant à l’inspecteur Greg Brandt celle qu’il se pose est : qui à tué l’Arménien ? 

Le début de ce livre en est aussi sa conclusion : Luc Kazian est retrouvé assassiné.. Et c’est en remontant le fil des souvenirs de ses proches que le lecteur va apprendre à le connaître et peut-être ainsi découvrir les raisons de son meurtre et son assassin. Carl Pineau écrit ici un premier roman que je qualifierais d’exceptionnel ! Dès les premières pages, l’action est lancée et ne s’arrêtera plus. L’auteur choisit de mettre en place une alternance narrative entre plusieurs personnages, une façon d’écrire que j’affectionne tout particulièrement et encore plus dans ce roman tant c’est bien mené. Le langage est approprié à chacun des narrateurs, la gouaille de Bertrand, le sérieux de Françoise de Juignain sont parfaitement rendus. 

Grâce aux souvenirs de Bertrand le lecteur réussit à démêler le fil du passé, à comprendre comment Luc en est arrivé à fréquenter ce monde de la nuit Nantaise où se croisent trafics en tous genres. Françoise, quant à elle, permet de découvrir un Luc plus sensible, marqué à tout jamais par l’assassinat sous ses yeux de ses parents. Et petit à petit le puzzle se reforme, oscillant entre passé et présent, jusqu’à former l’image finale de la mort du jeune homme. 

L’histoire, quant à elle, est vraiment prenante grâce à une plongée dans les années 80 mais également dans un monde sombre et glauque. Ces deux univers se percutent à travers des éléments qui sont distillés comme le sexe sans limite et sans protection, les cigarettes dans les bars ou discothèques.. L’auteur construit un milieu cru, noir où la violence, la drogue et l’alcool sont courants, sans limites.

Outre sa narration et son histoire parfaitement ficelée, le très gros plus de ce roman sont les personnages. En effet, Carl Pineau nous décrit ici une galerie de protagonistes dont la psychologie va s’étoffer au fil des pages. Je n’ai eu aucune difficulté à me les représenter, à les imaginer, les comprendre, parfois même à anticiper leurs réactions. L’auteur n’en laisse aucun sur le bord de la route, chacun trouve sa place et son caractère, son utilité à l’histoire. Le personnage de Luc est bien entendu le plus compliqué à cerner puisqu’on le découvre à travers les yeux des autres, selon leur attachement ou leur sensibilité on le verra de différentes façons. Pour ma part, j’avoue m’être vraiment attachée à lui comme si sa mort annoncée me donnait envie de le découvrir au maximum, d’en savoir toujours plus, comme si par cet attachement pouvoir m’étais donné de changer la fin de l’histoire. 

Comme je le disais, ce roman est le premier de Carl Pineau et j’ai été bluffée par tous ses aspects : la construction, les personnages mais également sa plume. Sa façon d’écrire m’a complètement immergée dans l’histoire, c’est fluide, cru, parfaitement maîtrisé, sans fioriture mais détaillé. En résumé, j’ai été totalement conquise par ce roman ! 

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Un roman bluffant tant par sa narration que par ses personnages et un auteur, Carl Pineau, que je vais suivre avec un énorme intérêt tant j’ai adoré plongé dans la vie (et la mort..) de l’Arménien et des Nuits Nantaises. 

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·suspense·Thriller

Les Pantins marionnettistes, Tome 2 : L’Île du ouï-dire par Samantha Cortenbach

Fiche technique :

Autoédition – 462 pages – ebook ou broché – Suspense / Thriller

Résumé :

Deuxième et dernier volume des Pantins Marionnettistes, le diptyque grand-guignolesque d’une vendetta de masse.

Braham, 1939.

Après le drame du château des Roches, Christian s’est réfugié sur l’île de Braham. Il y retrouve une flopée d’anciens ennemis, réunis là-bas pour refonder la congrégation. En quête de vengeance, il s’entoure d’un groupe d’alliés aux multiples compétences : la communauté. Mais l’imminence de la guerre précipite le départ de leurs ennemis. Pour les retenir de force, ils établissent un plan redoutable, visant à isoler l’île du reste du monde. Par un jeu de manipulation des masses et de falsification de l’information, la communauté grandira jusqu’à s’étendre à l’île entière, pour la plonger dans une psychose collective, qui finira par gagner ses instigateurs…

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Samantha Cortenbach de m’avoir permis de lire la suite de son diptyque en service presse et pour sa gentillesse.

La lecture du Tome 1 avait été pour moi une très belle découverte et j’avais donc hâte d’en apprendre plus sur la fameuse île de Braham et surtout d’en savoir plus sur Christian Hann et consorts.

Dès les premières lignes, j’ai de nouveau plongé dans cette ambiance un peu glauque, un peu effrayante qu’est le monde de Christian Hann et, pourtant, j’ai été heureuse de le retrouver !  

On retrouve donc Christian Hann qui vit sur l’île de Braham, loin de l’ambiance du château des Roches mais où il va croiser la route d’autres protagonistes de cette partie de son existence. En effet, d’anciens membres de la Grailleacht, qui ont quitté l’organisation, ont également trouvé refuge sur cette île et il n’en fallait pas plus pour réveiller les envies de vengeance de Christian, faire que le monstre tapi en lui laisse exploser sa haine.

Ce tome 2 est tout aussi captivant que le premier et j’avoue même une préférence pour celui-ci qui m’a plus donné le sentiment de lire un thriller.. La violence y est toujours présente, la soif de sang et de douleur également. On y retrouve tous les ingrédients qui m’avaient plu dans le premier opus mais avec un petit côté plus « calme » (si j’ose dire..). On continue la découverte du passé de Christian initiée lors du tome 1 par Andrea et ainsi comprendre comment il a pu devenir ce tueur froid et sanguinaire. Il va ici, grâce à son charisme et son machiavélisme, réussir à manipuler les foules, à isoler une île complète ainsi que ses habitants et à leur faire croire que c’est pour leur bien. L’histoire est complexe dans son développement mais vraiment prenante et bien ficelée et j’avoue avoir eu du mal à lâcher le livre avant la fin (et pourtant c’est un bon pavé déjà !). J’ai adoré suivre la capacité de manipulations des uns et des autres, leurs excès, les extrêmes auxquels ils ne vont pas hésiter à aller entraînés par la haine, la vengeance et la folie.

Outre l’histoire, les personnages sont vraiment exceptionnels. Samantha Cortenbach leur insuffle une profondeur et une finesse de caractère que j’ai particulièrement apprécié. Le personnage de Christian Hann est marquant, dérangeant, attachant. Il est violent mais je n’ai pas réussi à lui en tenir rigueur, allez savoir le pourquoi du comment.. J’ai aussi un petit faible pour Sarah qui frôle la folie (ou la dépasse allégrement selon les cas) et pour les jumeaux Noah et Adam qui sont tantôt attachants tantôt un peu flippants.. Bref, tous les personnages m’ont marqué aussi bien les principaux que les secondaires qui sont également très bien travaillés.

Ce diptyque est une très belle découverte tout comme la plume de son auteure, Samantha Cortenbach. Elle fait preuve d’une imagination incroyable (et effrayante !!!) mais j’ai vraiment adhéré à l’histoire, à  son écriture riche et subtile et à la façon dont tout est mené. Je vais suivre Samantha avec beaucoup d’intérêt surtout si tous ses futurs romans sont de la même veine que cette série.   

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Un tome 2 qui complète parfaitement le diptyque entre haine et violence, Christian saura – t- il trouver la force d’oublier son passé pour mener une vie ordinaire..

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Littérature

Les gens c’est pire que des personnes par Tristana Erato

Fiche technique : 

Autoédition – 218 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé : 

Parfois, il s’agit de peu de choses pour que des personnes se rencontrent. Il faut souvent du temps, plusieurs essais et un peu de chance… ou de malchance. L’histoire se situe tout près de la Citadelle de Lille. Quatre personnes se rencontrent, ils sont voisins et vont devoir apprendre à se connaître pour s’entraider. Entre Huguette qui perd la tête, Matthieu un peu boulet, Axelle l’insoumise et Mathilde la rigide, une amitié va se construire… autour d’un meurtre.

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Un grand merci à l’auteure, Tristana Erato, de m’avoir permis de lire son roman en service presse via le site Simplement.pro et pour sa confiance. 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce livre, surtout que le résumé est plutôt énigmatique et intriguant.. La description des 4 personnages fait que l’on se demande comment ils vont pouvoir vraiment s’entendre et la raison de leur amitié.. un meurtre ? J’étais ferrée… 

Tristana Erato nous plonge directement dans le vif du sujet ou plutôt directement dans la tête de ses héros.. En effet, chacun va prendre la parole à tour de rôle pour nous dévoiler ses pensées. On fait donc la connaissance d’Huguette, une vieille dame et Tommy son chien, de Matthieu un sportif qui aime qu’on le regarde mais apparemment un peu timide, d’Axelle, une jeune femme active qui part faire son jogging et de Mathilde, maman de jumeaux, qui a l’air affairée et pas très aidée. Le décor s’installe… Puis les choses s’accélèrent : une agression, l’un défend l’autre, l’une a tout vu, l’autre veut aider et voilà nos 4 protagonistes liés par un terrible secret : un cadavre les attend sous une bâche dans le jardin d’Huguette ! Comment vont-ils s’en défaire et surtout peuvent-ils se faire confiance ? 

Autant j’ai trouvé plutôt déstabilisante la lecture au départ (pas de descriptions, pas d’explications..), autant je ne l’aurais finalement pas voulue différente ! C’est très original cette façon de passer de l’un à l’autre, de suivre le cheminement de leurs pensées, leurs idées mais également leurs échanges, leurs conversations. On voit les liens se nouer, les affinités se tisser, on sent les sentiments émerger doucement : l’amour, l’amitié, la solidarité, l’attachement.. et finalement le lecteur n’est pas perdu une seconde.

L’histoire est vraiment très bien trouvée et on suit avec beaucoup de tendresse cette amitié qui se forme entre les héros même si celle-ci repose finalement sur un acte horrible qu’est le meurtre. Ils vont s’unir face à l’adversité et chacun va trouver sa place au sein de cette famille aussi bizarre qu’attachante. Ils vont également gérer leur quotidien où l’entraide est désormais possible. Axelle et ses problèmes professionnels, Matthieu et sa trop grande gentillesse, Mathilde et ses problèmes de couple ou Huguette et sa maladie d’Alzheimer.. chacun va retrouver un nouveau souffle grâce aux autres. 

Les personnages sont tous les 4 vraiment attachants, tendres, drôles, vrais, justes.. Ils peuvent nous rappeler un membre de notre entourage sans aucun problème. Leurs histoires personnelles sont suffisamment développées pour qu’on puisse les imaginer autrement que faisant parti de ce groupe. Mais à ces 4 fantastiques vont s’ajouter d’autres personnages que j’ai beaucoup aimé, je pense notamment aux jumeaux Tom et Lucas, deux petits bonhommes attendrissants. 

Ce roman est le premier écrit par Tristana Erato, une jeune auteure à l’imagination plutôt fertile (je ne vous dévoile pas ce que devient le corps…). J’ai trouvé que pour une première, l’ensemble est une jolie réussite malgré quelques coquilles. Elle réussit à donner à chaque personnage un ton juste que j’ai particulièrement apprécié. Son écriture est fluide et douce, très agréable à lire. Je ne peux que noter Tristana sur ma liste des auteurs à suivre car elle a un incontestable talent et j’ai tellement aimé « Les gens, c’est pire que des personnes » que je lirais ses livres suivants, c’est certain ! 

Conclusion

Bien que réunis autour d’un meurtre, les 4 personnages principaux de ce roman sont tellement attachants qu’on ne peut que les aimer.. Un roman qui parle de sentiments, de l’entraide, de la confiance.. de la vie ! 

Ma note : 8/10

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Chronique Livresque·Thriller

Le silence des aveux par Amélie De Lima

Fiche technique :

Auto-édition – 420 pages – ebook ou broché – Thriller psychologique

Résumé :

Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchainent et l’enquête est au plus bas. Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ? Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait… Ce roman est une introspection sur la question de l’identité, de l’importance de la mémoire, du passé sur nos vies et les conséquences qui en découlent. Il nous balance en pleine figure, ce que les défaillances émotionnelles peuvent nous amener à faire, à détruire l’autre et à nous autodétruire dans un rythme effréné. Personne n’est à l’abri, le mal est partout, même là où l’on ne l’attend pas. Les trois personnages principaux sont analysés tour à tour, afin de découvrir leur rôle dans l’enquête, dans un style abrupte, écorché, où règnent des phrases courtes mais qui martèlent et résonnent dans nos têtes, comme le sifflement d’une étrange mélodie.

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Mon avis :

Avant tout, je remercie l’auteure, Amélie De Lima, de m’avoir confié son roman en service presse et pour sa gentillesse.

Le corps d’une jeune fille est découvert près de la Deûle, la mise en scène est macabre et tout indique qu’il s’agit d’un crime sexuel. C’est au commissaire Véronique De Smet qu’il va incomber de découvrir son meurtrier et de, si possible, l’empêcher de réitérer son acte.

Ce roman est plus qu’un thriller c’est une plongée dans l’esprit humain. En effet, il est question, ici, de comprendre les conséquences, à l’âge adulte, des mauvais traitements ou traumatismes subits lors de l’enfance. L’auteure fouille l’esprit de ses personnages et révèle aux lecteurs, grâce à des flash-backs, leurs passés, leurs histoires respectives. Le côté psychologique est vraiment très bien mis en avant et réalisé, on sent qu’Amélie De Lima a une très bonne maîtrise du sujet. Elle réussit à faire passer les émotions très aisément et à ancrer ses protagonistes dans la vie réelle grâce à de petites phrases anodines (des volets qui claquent, un plaid sur les genoux..), de petits ajouts qui donnent un côté vrai.  

Les personnages sont d’ailleurs l’un des points forts de ce roman. Ils sont travaillés, pensés, réfléchis et parfaitement crédibles. J’ai trouvé qu’ils étaient particulièrement attachants du fait de leurs souffrances justement, de leurs vécus. Aussi bien Véronique que Benjamin ou Elise sont des écorchés vifs, ils ont été abîmés par la vie, par les autres, par leurs proches. L’auteure distille les informations au compte goutte pour nous permettre de mieux les comprendre un peu comme un puzzle qui se mettrait en place au fil des pages. D’autres personnages gravitent autour d’eau comme Bernier, le collègue de Véronique, Eléonore, une connaissance d’Elise, qui donnent à l’histoire un peu de fraicheur tant celle-ci baigne dans le glauque voir le sordide.

L’enquête est le fil conducteur de ce roman même si j’ai trouvé qu’elle était parfois mise de côté au profit des personnages en eux-mêmes. Malgré tout, le suspens est présent et au delà de savoir qui a tué j’avais surtout envie de comprendre le pourquoi. Pourquoi cette lise en scène ? Pourquoi cette jeune fille, puis les autres ? L’auteure nous entraîne sur différentes pistes, sème les indices et les fausses pistes. J’avoue avoir deviné l’auteur de ces crimes horribles avant la fin (même si Amélie De Lima m’a fait douter..) mais malgré cela j’ai pris beaucoup de plaisir à tenter de comprendre ses motivations.

Ce roman est le premier d’Amélie et je suis bien certaine que ce n’est pas le dernier. Elle a une écriture fluide et vraiment captivante. Elle a réussit à créer une ambiance vraiment sombre parfois étouffante qui n’est pas toujours simple à obtenir. Et son choix de la narration à la 3ème personne est, à mes yeux, vraiment judicieux puisque de cette façon on peut apprécier tous les points de vue, parfois même ceux des victimes aux derniers moments de leurs vies. Une auteure qui va très certainement faire parler d’elle très vite et que je vais suivre avec beaucoup d’intérêt ! 

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Un thriller psychologique prenant grâce auquel l’auteure nous entraîne dans les méandres d’esprits traumatisés. Un premier roman réussit et une auteure que je vais suivre avec enthousiasme !

Ma note : 8/10

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Chronique Livresque·Thriller

Les pantins marionnettistes, tome 1 : Le château des brasseurs d’air par Samantha Cortenbach

Fiche technique :

Autoédition – 443 pages – ebook ou broché – Thriller psychologique

Résumé : 

Paris, 1952. Prise au piège par Christian Hann, un essayiste reconnu, père de famille et meurtrier en série à ses heures perdues, Andrea se voit proposer un jeu : celui de partager sa vie, d’assister à ses crimes et d’en débusquer la finalité. Suite à un massacre qui tourne en leur défaveur, elle est séparée de lui, mais le jeu continue.

Sur les traces de Christian, elle découvre Braham, une île anglo-normande à l’écart du monde, livrée à la folie de ses habitants. Secouée par les guerres intestines et les miliciens qui en arpentent les galeries souterraines, elle a perdu tout contact avec la réalité, au point de disparaître des cartes officielles. Elle n’a plus rien de l’île qui, à peine quelques années plus tôt, était aussi prospère que Jersey…

Commence alors une longue quête de vérité remontant aux sources de la perdition de Braham, dans l’ombre de la forêt d’Amboise, sous le dôme de verre du château Des Roches où Christian a passé sa jeunesse. Une adolescence marquée par les atrocités d’une secte d’élite, et par sa relation ambiguë et destructrice avec son chef spirituel…

Quel événement central au château Des Roches a planté les jalons d’un tel chaos ? Comment s’est-il propagé vingt ans plus tard sur l’île de Braham ? Comment un seul homme a-t-il pu plonger une île de près de cinquante mille habitants dans la démence ?

Les Pantins Marionnettistes est un thriller psychologique en deux volumes sur le thème de la manipulation des masses, porté d’un bout à l’autre par des personnages hauts en couleurs. De l’homme de lettres assassin à l’aristocrate bipolaire, en passant par le majordome loufoque et les jumeaux incestueux, les pantins vous plongent dans une fresque à mi-chemin entre une version délurée d’Eyes Wide Shut et militaire The Village.

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Mon avis : 

Tout d’abord, je remercie Samantha Cortenbach de m’avoir invitée à lire son roman en service presse. 

Andrea est une jeune femme à la dérive et lorsque son chemin croise celui de Christian Hann, célèbre essayiste et accessoirement tueur en série elle fait un étrange pacte avec lui : elle va partager sa vie et essayer de comprendre ses crimes. C’est cette association qui va l’amener à découvrir l’île de Braham et ses étranges habitants, leurs croyances, leurs coutumes et surtout leur folie.. Cette quête va entraîner le lecteur à la découverte de l’adolescence de Christian passée dans un château abritant une secte sanguinaire dont le chef spirituel Laurent Des Roches entretient avec le jeune homme une relation plus qu’ambiguë.. 

A la lecture du résumé, je n’ai pas réussi à me faire une idée précise de ce qui m’attendait dans ce roman.. Un tueur, une enfance, une jeune femme, un pacte.. Des bases qui m’ont plutôt appâtée et donné envie d’en découvrir plus. Et bien, je dois dire que ces quelques indices sont loin de tout dévoiler.. 

Ce roman se décompose, à mon sens, en deux parties. La rencontre et le pacte entre Andrea et Christian puis les recherches sur l’île de Braham sont déjà une partie dense. On y découvre des personnages plutôt tordus et bizarrement attachants. Je n’ai pas réussi à trouver Christian totalement mauvais malgré l’accumulation d’atrocités qu’il commet.. Andrea, quant à elle, est une jeune femme si perturbée qu’on arrive à comprendre son attachement à son bourreau. Puis l’île de Braham révèle quelques pistes, indique une direction à prendre et cette direction est celle du passé.. 

Dans la seconde partie, on découvre l’adolescence du jeune homme qu’était Christian et son arrivée au château Des Roches où il va vivre sous la houlette de Laurent, maître des lieux et surtout chef spirituel d’une sorte de secte où l’atroce, le burlesque et le barbare se côtoient. Les personnages de cette seconde partie sont totalement barrés, perdus, fous,… Ils vivent dans leur propre monde où Laurent représente l’étoile à suivre, le maître absolu et l’arrivée du jeune Christian (enfin pas encore Christian d’ailleurs..)  va être un véritable chamboulement. 

Ce roman est une surprise énorme. Je suis surprise pas l’ambition de l’auteure qui n’hésite pas à livrer une histoire complexe mais parfaitement maîtrisée, par son style d’écriture que j’ai vraiment apprécié car totalement adaptée au contenu et surtout par l’histoire elle même. C’est captivant, sanguinolent, c’est loufoque, parfois drôle parfois difficile mais c’est surtout une aventure qui fait qu’on ne voit pas le temps passer. A chaque rebondissement, à chaque découverte je n’avais qu’une hâte en découvrir encore un peu plus ! Mon unique bémol sera sur l’écriture qui bien qu’excellente m’aurait encore plus plu avec un tout petit peu plus de simplicité et sur quelques longueurs. 

Je vous ai parlé un peu plus haut des personnages, mais je voulais m’arrêter sur deux en particulier.. Christian, qui malgré sa facilité à tuer, torturer, malgré son esprit tordu, pervers m’a particulièrement touchée. J’ai aimé avoir cette vision d’un tueur de sang froid avant de commencer à soulever le voile du pourquoi… Et Laurent, qui est mon personnage préféré. Vous connaissez déjà mon amour des méchants mais celui-ci.. il est hors catégorie ! Non seulement parce qu’il est atroce dans sa façon d’être, de manipuler, de malmener mais également parce qu’il est doux, beau, charmant, drôle. Ces deux personnages ont tellement de facettes que j’ai hâte de lire la suite pour en savoir encore un peu plus sur eux.. 

Conclusion

Un roman qui plonge dans la folie humaine, dans la perversité et la manipulation sans aucun filtre. C’est souvent dur à lire mais l’erreur serait.. de ne pas le lire ! 

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Historique·Littérature·policier

La lettre froissée : une enquête à la Belle-Epoque T1 par Alice Quinn

Fiche technique :

City Edition – 415 pages – ebook ou broché – Polars historiques

Résumé :

Cannes, au printemps 1884. Aristocrate déclassée et ruinée, Miss Gabriella Fletcher n’a plus un sou en poche. Heureusement, elle vient de trouver un travail inespéré de gouvernante dans la villa de Filomena Giglio, une femme aux mœurs plutôt dissolues. Et cette patronne hors du commun n’est pas pour déplaire à Miss Fletcher, loin de là… D’autant que dans sa demeure, on croise des célébrités, comme Guy de Maupassant, l’homme de lettres qui commence à avoir un certain succès. Et quand une jeune femme de chambre est assassinée, Miss Fletcher, sa scandaleuse patronne et le charmant Maupassant décident de mener l’enquête. D’autant que ce meurtre semble laisser les autorités totalement indifférentes. Le trio n’aura de cesse de combattre cette injustice et de découvrir la vérité dans un monde où la fortune et les apparences règnent en maîtres.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Alice Quinn et Amazon Publishing de m’avoir permis de lire ce roman en avant – première.

Lorsque j’ai vu que le dernier Alice Quinn était disponible à la lecture en service presse sur le site NetGalley, je n’ai pas hésité une demi-seconde ! Tout d’abord parce j’ai déjà eu l’occasion de lire des romans de cette auteure et qu’à chaque fois j’avais beaucoup aimé (rappelez-vous.. « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » et Fanny N). Ensuite parce qu’Alice est une auteure que j’apprécie beaucoup et que le résumé m’a vraiment alléchée. Et enfin.. Non mais vous avez-vu cette couverture ? Une merveille ! Tous les ingrédients étaient réunis pour me faire craquer…

Le roman débute sur la rencontre de Miss Gabriella Fletcher, anglaise de bonne famille déchue et Filomena Giglio, dîtes Lola, jeune femme aux mœurs légères. Miss Fletcher répond à l’annonce de Mademoiselle Lola qui l’engage comme répétitrice. Elle fait la connaissance d’un auteur qui monte Guy de Maupassant et c’est ce trio assez improbable qui va se lancer à la poursuite de l’assassin d’une jeune femme de chambre.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression de faire un saut dans le temps et de me retrouver dans le Cannes de 1884 (et pourtant je n’y ai jamais mis les pieds ! à Cannes hein ? Enfin en 1884 non plus…). On y découvre la Croisette, le faste de la vie des gens fortunés, les Hôtels de prestige mais aussi la dure réalité pour les gens du peuple. La prostitution, les orphelinats, les bas quartiers, le quotidien de ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.. Alice Quinn décrit parfaitement l’ambiance de cette Belle – Epoque où le paraître est d’une importance capitale entre beaux bijoux, chapeaux à la mode et balades en fiacre. Son écriture est toujours aussi fluide avec une pointe d’humour que j’apprécie tout particulièrement.

Ce roman mêle en réalité plusieurs histoires.. Le meurtre de Clara Campo, jeune femme de chambre et amie de Mademoiselle Lola en est la trame de base, le fil conducteur qui va permettre à nos trois héros d’évoluer. L’enquête tarde un peu à démarrer mais est bien menée avec des rebondissements intéressants. Les trois enquêteurs en herbe vont mettre en commun leurs différents talents pour permettre la résolution de cette affaire que la Police délaisse au vu de la condition sociale de la victime.

Un second point essentiel est celui de la condition féminine dans la société du 19ème siècle. On découvre la difficulté pour une femme seule de subvenir à ses besoins autrement qu’en se tuant à la tâche (et encore !). Une femme comme Lola, jeune et belle, assurera plus facilement son avenir en se trouvant un protecteur ou en s’adonnant à la prostitution, choix qui semble toucher toutes les couches de la société. Le lecteur va donc suivre Lola dans sa quête effrénée d’argent pour assurer sa survie. L’auteure a réalisé un formidable travail de recherche et l’on sent à travers ses écrits qu’elle s’est passionnée pour ce thème. Je vous invite à faire un tour sur son blog (ICI) si vous voulez en savoir un peu plus sur la vie d’une courtisane (entre autres) à cette époque.

La présence de Guy de Maupassant est assez déroutante au départ. Glisser un auteur aussi connu dans une fiction est un pari plutôt audacieux qu’Alice Quinn réussit haut la main. J’ai trouvé son personnage particulièrement savoureux entre son humour, sa façon d’être et la manière dont ses écrits sont intégrés à l’histoire. Mais, outre le célèbre Monsieur de Maupassant, tous les personnages sont excellents ! J’ai adoré les deux personnages principaux que sont Lola et Gabriella. Elles ont des caractères diamétralement opposés, elles sont un peu comme les deux faces d’une pièce : elles se complètent. Autant l’une est discrète, posée, calme que l’autre est vive, pétillante et peut sembler frivole. Mais elles font preuves toutes les deux d’une vive intelligence, d’une grande détermination et surtout d’un grand cœur. Les personnages secondaires sont aussi très réussis et j’ai tout spécialement aimé Rosalie et sa gouaille.

L’auteure a fait le choix de faire de Gabriella la narratrice de ce roman. J’ai trouvé l’idée un peu étrange au départ puisque Miss Fletcher, n’assistant pas à toutes les scènes, est obligée de nous retranscrire ce que ses camarades lui racontent ce qui fait que l’on passe du « je » au « il » au cours du texte. Mais l’idée vous semblera excellente lorsque, comme moi, vous lirez les dernières pages de ce roman. Alice Quinn fait preuve d’une réelle ingéniosité sur ce point, j’ai aimé ce très joli clin d’œil.  

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« La lettre froissée » est le premier tome d’une série qui s’annonce prometteuse ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui est dépaysant, instructif et dont le trio de personnages principaux est particulièrement attachant. Une très belle lecture que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

Chronique Livresque·humour·Thriller

Temps mort : Saison 1 par Kathy Dorl et Marie-Pierre Bardou

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Fiche technique :

Éditions Hélène Jacob – 248 pages – ebook ou broché – Thriller / Humour

Résumé :

Que font deux copines d’enfance quand elles se retrouvent, par le biais d’un célèbre réseau social ? Elles papotent ? Ouais… un peu. Elles geignent sur leur existence ? Mmmm… Surtout l’une des deux. Elles se rappellent le bon vieux temps qui était toujours mieux avant que maintenant ? Se prennent le chou façon Godzilla en peluche ? S’envoient de mignons smileys qui rigolent ? Vous êtes loin du compte… Car elles dézinguent. Elles trucident, décanillent, découpent, acidifient, crament, tronçonnent ! Tout oppose Élisabeth, dite Petit Kiwi, l’écolo allergique au foin, et Saule, la « fashion-addict », plus « desperate » que « housewife ». L’une vit aux States et dilapide la pension alimentaire de son ex en minisacs Prada ; l’autre s’est enterrée dans une communauté hippie au fin fond de la Creuse. Qu’est-ce qui les lie, à part une vieille amitié éteinte depuis quinze ans ? Une sombre histoire, un passé qui ressurgit comme un diable de sa boîte et… ben, ça part un peu en vrille, quoi… Flanquées d’un ado boutonneux fasciné par les limaces et d’une bande d’illuminés en sabots pour l’une, d’une nounou qui picole en douce et d’un moutard insupportable pour l’autre, les deux femmes auront fort à faire pour affronter une situation qui dérape. Au programme de ce « serial-thriller-gore » hilarant qui ne laisse aucun temps mort : merguez, cochonnailles, roupettes, macchabée, scie sauteuse et crustacés. Bon, peut-être pas de crustacés, en fin de compte.

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Mon avis :

Je remercie vivement les Editions H.J. pour ce service presse et pour leur confiance.

Lorsque j’ai lu le résumé de ce roman et surtout son « classement » je me suis demandé comment un thriller/gore pouvait être humoristique.. Eh bien, je confirme ! Il peut être les trois à la fois !

Saule vit aux Etats-Unis, elle a un petit garçon et un ex-mari encombrant.. PK (ou Petit-Kiwi, enfin.. Elisabeth à la naissance..) vit dans un ashram au milieu de la Creuse avec une communauté assez bigarrée et étrange et son fils « Canard ». Ces deux vieilles amies d’enfance se retrouvent via les réseaux sociaux, papotent, discutent jusqu’au jour où tout dérape et qu’un cadavre, ou plutôt les morceaux d’un cadavre se mettent à traverser l’Atlantique.

Ce roman est composé de plusieurs épisodes un peu à la façon d’une série télévisée mais on entre dans le vif du sujet très rapidement. Au fil des échanges de mails des deux amies, on en apprend plus sur leurs vies, leurs entourages et surtout leurs soucis. Pour l’une c’est une allergie au foin, un ado obsédé par les limaces et de vieux comptes à régler ; pour la seconde c’est une addiction aux achats, une femme de ménage haïtienne un peu fouineuse et portée sur la bouteille et un mort sous son lit.. Chacune ses problèmes dont certains vont très vite devenir communs et qui vont rapprocher nos deux vieilles amies ou du moins les obliger à s’entendre.

On suit cette histoire à travers différents points de vue : ceux de Saule et PK via Skype, mais également grâce à JJ Boursin, journaliste envoyé spécial aux Etats-Unis, totalement imbu de sa personne et surtout complètement ridicule. Il y a également des apartés de Bien-aimée, la nounou travaillant pour Saule ou du fils de PK.. J’ai beaucoup aimé ces coupures qui apportent nos seulement des explications quant à l’affaire mais qui souvent relancent un peu le rythme. En effet, il y a finalement très peu de dialogues dans ce livre et cela entraîne parfois quelques longueurs.

Les personnages sont géniaux car tantôt odieux tantôt attachants.. Saule et PK en tête. Elles sont égoïstes, pathétiques, loufoques, déjantées. Elles m’ont émue, agacée, énervée mais je les ai adorées. Quant aux personnages secondaires qui ne sont finalement présents pour la plupart qu’à travers les échanges des deux amies ils sont exceptionnels également. L’ado obsédé est drôle et touchant, tout comme Birdy, Angèle, Dickens, Tatiana, entre autres.. Mon préféré étant JJ Boursin et ses tirades grandiloquentes devant la caméra.

On retrouve le côté thriller / gore grâce aux plumes des deux auteures qui excellent dans l’art du détail et qui trouvent les mots justes pour expliquer la découpe d’un cadavre par exemple. L’histoire est bien menée, elle reste réaliste et surtout originale. Quant au côté humoristique comment dire… j’ai pleuré de rire ! Les deux « amies » sont plus vacharde, méchante et teigne l’une que l’autre, leurs mails regorgent de piques et de méchancetés qui m’ont fait mourir de rire. Les titres de leurs échanges sont savoureux, leurs façons de s’exprimer sont drôles, fourbes avec un côté gouailleur et elles ont des idées plus tordues l’une que l’autre. La cerise sur le gâteau est la citation d’Audiard à l’ouverture de chaque épisode que j’ai adoré lire. Je retiens d’ailleurs quelques unes des expressions de ces dames comme « Cruchonne » par exemple qui fait maintenant partie de la liste de mes insultes préférées !

Vous aurez compris que j’ai adoré cette lecture autant pour le côté thriller et l’histoire du meurtre (mais qui est la coupable ?!) que pour le côté humoristique qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. Je n’ai toujours pas réussi à déterminer laquelle des deux était la pire !  Une saison 2 est apparemment sortie et j’espère avoir l’occasion de la lire car PK et Saule sont des héroïnes comme je les aime : horribles mais excellentes !!

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Une lecture délirante, un thriller atypique, des personnages déjantés, un humour décalé : à lire de toute urgence !!

Ma note : 9/10

 

 

 

 

 

Chronique Livresque·Historique·nouvelle

Du sang sur les blés par Loïc Dossèbre

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Fiche technique :

Autoédition – 20 pages – ebook – Nouvelle

Résumé :

Lorsqu’un prêtre s’éprend d’une jeune fille, les paroissiens restent silencieux. Et l’horreur se glisse dans ce petit village du XIXe siècle, jusqu’à ce que survienne l’inéluctable, jusqu’à ce que le sang coule.

Cette nouvelle fait office d’introduction à une série de romans à venir, lesquels auront pour théâtre les dernières années de l’époque victorienne. On y traquera un meurtrier, meurtrier dont ce récit narre le premier crime.

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Mon avis :

Tout d’abord je remercie chaleureusement l’auteur, Loïc Dossèbre, de m’avoir confié sa nouvelle en service presse et pour sa confiance.

Ismérie est une jeune femme vivant dans un petit village au XIXè siècle qui, à son grand désarroi, devient l’obsession du père Maxence. Ce prêtre qui de par son charisme et le pouvoir qu’il exerce sur ses ouailles réussit à obtenir tout ce qu’il souhaite. Malheureusement, il laisse Ismérie indifférente à son grand damne, il va donc essayer de forcer le destin.

Dès les premières lignes de cette nouvelle le ton est donné. Le père Maxence n’est pas un prêtre bon ou pieu, il utilise la religion et son poste pour asseoir son pouvoir sur la population locale, pour en tirer profit et surtout obtenir les faveurs de ces dames. On le sent orgueilleux, imbu de sa personne, n’ayant que peu (ou pas) de scrupules. Ismérie est la seule jeune femme à lui résister et surtout à ne pas succomber à ses charmes. Cela va d’ailleurs entraîner le père Maxence a des extrémités assez effrayantes qui feront couler le sang..

Malgré un récit très court puisque c’est une nouvelle, j’ai beaucoup aimé les personnages. Le père Maxence est parfaitement décrit, il est détestable au possible, il réunit quasiment tous les péchés capitaux: luxure, orgueil, l’envie ce qui est le comble au vu de sa fonction. Ismérie, quant à elle,  est attachante, gentille et l’on ressent son attachement pour sa famille que ce soit sa mère ou ses frères. Et cette affection est réciproque, c’est certain au vu des sacrifices consentis. Les personnages secondaires comme Mme Bonnefoy, la mère de la jeune femme, sont également bien campés.

Je découvre ici la plume de Loïc Dossèbre que j’ai trouvé vraiment addictive. En effet, chaque mot est utilisé à bon escient, il ne fait pas de fioriture tout en décrivant parfaitement les scènes. Le texte est léger et l’écriture fluide malgré une ambiance pesante. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce récit qui donne envie d’en découvrir encore plus.

Cette courte nouvelle est l’introduction a une série de romans dont le personnage central fait ici une brève apparition (mais pas des moindres.. je vous laisse le découvrir..) et se situeront pendant l’ère victorienne. Si Loïc Dossèbre conserve le même ton et façon d’écrire, je suis certaine que ces romans seront un régal à lire.

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Une nouvelle où se mêlent désir, obsession, peur et un personnage mystérieux.. Une future série prometteuse grâce à cette introduction vraiment bien écrite et prenante.

Ma note : 8.5/10