Chronique Livresque·Littérature

Victoire par Bridget Page

Quelques informations…

Autoédition – 322 pages – ebook ou broché – Littérature contemporaine

Un résumé ?

Victoire le sait : son temps sur terre est compté. Au seuil de la majorité, elle aspire à explorer le monde, sortir de la bulle protectrice dans laquelle son état et ses parents la confinent et s’offrir une échappée belle.En rencontrant Nathaniel, archétype du motard bagarreur et tatoué, elle ne se doute pas que les apparences peuvent se révéler trompeuses et découvre bientôt que son nouvel ami incarne tout ce qu’elle rejette, l’univers de dix-huit années de souffrance. Pour Nath, Victoire est un don du ciel, un cas d’école comme on en rencontre une seule fois dans sa carrière et, contre l’avis de ses pairs, il s’entêtera à la « réparer». Pourtant, ces deux-là devront apprendre une leçon essentielle : l’existence ne correspond pas toujours à celle que l’on s’est rêvée. Aussi faut-il en savourer chaque seconde comme si c’était la dernière. Car Jodie veille, depuis toujours, et elle entend bien avoir le dernier mot.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Bridget Page pour l’envoi de ce service presse et surtout pour son infinie gentillesse.

Bridget Page est une auteure française que je suis depuis son premier roman, je guette chaque sortie d’un nouveau livre avec impatience et fébrilité. Alors lorsque j’ai appris que « Victoire » allait paraître j’étais comme une gamine dans un magasin de bonbons !

Victoire est une toute jeune femme de 18 ans atteinte d’une pathologie aussi grave que rare. Elle sait que sa vie peut s’interrompre à n’importe quel moment et c’est pour cela qu’elle est aux anges lorsque ses parents lui annoncent qu’ils vont monter à Paris pour un week-end en famille : enfin elle sort de sa bulle et va pouvoir explorer (un peu) le monde. Mais c’est sans compter les caprices du destin qui va lui faire croiser la route du beau Nathaniel Paris. Celui-ci pense qu’il peut la sauver et il ne reculera pas pour convaincre Victoire qu’il faut tout tenter. Sauf que pour Victoire son salut ne passe pas forcément par la guérison, et puis Jodie ne la laissera peut-être pas faire.

Cette nouvelle histoire nous plonge dans la vie de Victoire, une vie rythmée par cette maladie qui l’empêche de vivre, une maladie qui la menace de mort avant même d’avoir appris ce qu’était la vraie vie. L’histoire est belle et horrible à la fois. Belle car on voit Victoire s’ouvrir au monde et s’épanouir au fil des pages mais elle est également terrible car on se demande ce que nous réserve chaque page tournée, si la fin tant redoutée n’est pas à la suivante. Sa rencontre avec Nathaniel va bousculer son quotidien, elle va l’entraîner bien plus loin qu’elle ne l’aurait jamais imaginé dans la découverte des sentiments et du partage. J’ai aimé ce roman qui m’a fait sentir l’urgence, le désir de vivre, mais aussi l’acceptation de la mort. L’histoire avance alors que j’aurais voulu freiner des quatre fers et arrêter le temps. Suivre Victoire dans ses choix et ses décisions, c’est un peu comme monter dans un grand huit..

Le personnage de Victoire va me suivre longtemps je pense. Je me suis attachée à la jeune femme comme à peu d’héroïnes. Elle est touchante, drôle, caractérielle, elle m’a fait rire et pleurer. J’ai eu parfois envie de la bercer comme un bébé et parfois envie de lui hurler dessus. Nathaniel m’a également beaucoup plu pour son courage, sa façon d’être, ses contradictions. Je me suis attachée à quasiment tous les personnages de ce roman, que ce soit Gaëlle, les parents de Victoire et même Alex que l’on ne croise finalement que brièvement. Chacun apporte des sentiments, un petit morceau de lui qui contribue à rendre cette histoire inoubliable.

J’ai été, de nouveau, emportée par le plume de Bridget Page, son écriture est légère, fluide, imaginative mais aussi cruellement juste et pointue. Je n’ai eu aucun mal à imaginer les scènes, on sent son expérience dans le domaine médical  et j’avoue avoir pleuré sur ce roman. Le sujet abordé est très difficile et dur mais l’histoire est belle, poignante bien que douloureuse. Je vais avoir du mal à quitter Victoire, à la laisser dans ma bibliothèque, les quelques heures passées en sa compagnie ont été intenses en émotions. C’est encore une réussite pour cette auteure que j’apprécie tant et de laquelle je vous reparlerais d’ici peu…

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Une lecture qui m’a touchée en plein cœur, des héros qui m’ont marquée.. Victoire est un hymne à la vie, un cri d’amour et surtout un roman qui nous rappelle que chaque moment est précieux et qu’il faut profiter de tous ces instants.

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·Littérature·Romance

Une coccinelle dans le cœur par Angie Le Gac

Fiche technique :

Auto-édition – 222 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Elena est jeune. Elena est belle. Elena est malade. Parfois, elle a envie de mourir… Mais la plupart du temps elle veut vivre haut et fort, de plus en plus vite, comme sur un immense manège de fête foraine.
Entre ses séjours en clinique et sa vie professionnelle, elle essaie de se construire jour après jour et de trouver sa propre voie vers le bonheur.
Aidée de Simon, son homme-talisman, elle tutoie les anges. Mais la vie en a décidé autrement. Il lui faudra énormément de courage pour surmonter les épreuves qui émaillent son parcours et retrouver peut-être le chemin de la félicité.
Entre romance et drame, découvrez l’histoire d’Elena

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Mon avis :

Un grand merci à l’auteure, Angie Le Gac, pour m’avoir permis de lire son roman en service presse et pour sa gentillesse.

Le roman ouvre sur une scène difficile.. Une jeune femme est sanglée à une lit, elle a mal, elle crie, elle réclame son bébé.. Puis changement de décor et le lecteur fait connaissance avec Elena. Elena est belle, jeune, elle a la vie devant elle mais Elena souffre d’une maladie qui la détruit par moment. Grâce à Simon, elle va toucher les étoiles du doigt mais le bonheur est-il possible pour Elena ?

J’ai terminé ce roman il y a peu et j’avoue que je n’arrive pour le moment pas à le quitter. Dès la première page, j’ai voulu connaître Elena, en apprendre plus sur elle, sur sa vie.. Elena est diagnostiquée bipolaire après un internement d’office en psychiatrie et va devoir apprendre à vivre avec sa maladie.

Angie Le Gac aborde dans ce livre des thèmes qui sont plutôt durs comme la maladie ou l’injustice entre autres mais elle le fait avec beaucoup de pudeur et de doigté. La construction de ce roman est vraiment originale, un peu comme un journal intime puisque l’on a des indications de dates sauf que le narrateur est extérieur. Ce choix de l’auteure m’a un peu déconcertée au départ car j’aurais aimé parfois que le récit soit plus personnel, que l’on entende les pensées d’Elena directement par exemple. Mais d’un autre côté, ce choix donne à la lecture un petit côté « documentaire » que j’ai vraiment apprécié. 

L’histoire est particulièrement prenante et émouvante. Grâce à Angie Le Gac j’ai pu comprendre ce qu’était la bipolarité. Elle nous décrit cette maladie de façon simple à travers son héroïne et son quotidien, à travers sa vie, ses souffrances ou ses joies. On sent venir la crise et lorsque celle-ci arrive, ce sont des passages très durs car on voit la jeune femme se perdre dans son esprit, on comprend qu’elle n’a plus conscience de la réalité. L’auteure intègre également à son récit d’autres informations qui sont tirés de faits réels mais dont je ne vous parlerais pas pour ne pas spoiler. Par contre, je dois dire que j’ai été scotchée par cette révélation. Scotchée, effarée, triste, en colère… 

Dès le début, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Elena. Elle est attachante et j’aurai aimé pouvoir la protéger, la soustraire à cette maladie mais aussi aux coups du sorts. Dans sa quête du bonheur, elle va rencontrer Simon qui sera son homme-boussole. Tout comme pour Elena, j’ai de suite aimé Simon mais lui parce que justement on sent son attachement à la jeune femme mais aussi pour son caractère. Il est charmant, gentil, prévenant.. Les autres personnages sont finalement assez peu présents, ils n’apparaissent que ponctuellement et j’ai beaucoup aimé cette façon de faire. Toujours ce côté journal intime où les gens et les informations ne ressortent que lorsqu’ils ont leur importance.

Angie Le Gac m’a fait passer par une palette d’émotions vraiment intense au fil de la lecture, j’avoue même avoir versé quelques larmes. Certains passages sont calmes, sereins, un peu comme une pause au cœur de la tempête, d’autres sont durs, tristes.. Chaque page tournée a ancré un peu plus ce roman dans ma mémoire en y laissant une trace indélébile.. 

Conclusion

Cette lecture et le personnage d’Elena vont me hanter pendant un long moment.. Et je vais m’accrocher à ce souvenir car je n’ai pas envie que mon esprit laisse s’échapper la Coccinelle..

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·Littérature·suspense

Fanny N. par Alice Quinn

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Fiche technique :

Les indés – 160 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Fanny N. adore les bébés. En avoir un à elle, c’est le rêve de sa vie. Quand elle les regarde, au parc, dans leurs poussettes, avec leurs mamans, l’envie monte, monte… et peut-être aussi la jalousie. Car Fanny N. a 33 ans, mesure 1,59 m, pèse 100 kilos, et vit encore chez sa mère, qui l’infantilise totalement. Il faut dire que Fanny N. n’est pas tout à fait comme la majorité des jeunes femmes de son âge, avec son corps dévasté par des monstres et sa simplicité d’esprit proche de celle des petits dont elle s’occupe à la crèche. Alors les prétendants au titre de père ne se bousculent pas au portillon. Que faire, dans ces conditions ? Que faire de cette tendresse qui la dévore au fil du temps ? Que faire de ces désirs frustrés, de cette douleur insupportable ? Que faire, lorsque l’envie devient obsession ? Barricadée derrière ses éclairs de lucidité, d’humour et d’autodérision, Fanny N. pourra-t-elle tenir encore longtemps ou finira-t-elle par exploser comme une bombe à retardement ? 

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Mon avis :

Avant tout, je remercie chaleureusement Alice Quinn, l’auteure, pour ce service presse et sa confiance renouvelée.

J’avais eu le plaisir de découvrir la plume d’Alice grâce à son roman « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » dont vous pourrez lire la chronique ICI et que j’avais vraiment beaucoup aimé. C’était drôle, déjanté avec des personnages attachants alors j’avais hâte de la découvrir dans un autre registre, plus sombre, plus grave..

Fanny N. est une jeune femme de 33 ans qui n’a qu’une obsession en tête depuis ses 5 ans : avoir un bébé rien qu’à elle. Elle travaille dans une crèche, elle va au parc mais malgré tous ces bébés qu’elle observe, qu’elle épie, son désir de maternité est toujours aussi présent, envahissant. Et les choses ne risquent pas d’évoluer avec une mère qui l’infantilise, un physique qui n’attire pas et son esprit aussi simple par moment que celui d’un enfant.

Alice Quinn change ici totalement de registre, elle nous livre un roman noir qui emmène le lecteur entre naïveté et folie dans une histoire vraiment prenante mais également déstabilisante. Un langage très cru, un personnage principal qui ne laisse pas indifférent une seconde, une histoire profondément triste qui m’a fait voyager dans l’esprit torturé de Fanny N. pour essayer de la comprendre. L’auteure utilise une méthode originale pour nous faire pénétrer son esprit, le changement intempestif de narrateur. Tantôt Fanny s’adresse au lecteur tantôt le narrateur est extérieur un peu comme si sa conscience s’adressait directement à nous. Cette écriture est assez perturbante mais totalement adaptée.

Fanny N. est un court roman à l’ambiance vraiment sombre, noire, pesante. Chaque page tournée enfonce un peu plus le lecteur dans ce sentiment d’étouffement. On voit Fanny  évoluer, tromper son monde en disant aux psychiatres ce qu’ils veulent entendre, sombrer toujours un peu plus dans son envie d’avoir son bébé. Fanny idéalise ce bébé : son bébé sera gentil, il n’aimera qu’elle, son bébé sera bien élevé, propre, il lui fera des sourires.. Il faut dire qu’elle est seule Fanny, elle vit avec sa mère qui la traite comme si elle était encore une enfant, n’a pas d’amis, a perdu son père très jeune, a un monstre qui demande à être nourrit dans le ventre alors ce bébé c’est une bouée de sauvetage à laquelle elle se raccroche et que la nature lui refuse.

Le personnage de Fanny N. est tellement ambigu qu’il m’a laissé un sentiment étrange.. Elle est touchante à cause de sa solitude, de son histoire personnelle, de sa pathologie. J’ai également eu un sentiment de protection vis à vis d’elle dû à son entourage et notamment sa mère. Mais elle est également haïssable lorsqu’elle manipule son monde de façon tout à fait consciente. J’aurai aimé pouvoir la rassurer, la consoler tant elle m’a attendrie mais elle m’a également fait trembler suite à des actes cruels. Elle est inclassable, inoubliable et m’a marqué pour très longtemps, c’est certain.   

L’écriture est comme l’histoire : percutante, addictive. A chaque mot, on a envie d’en savoir plus, de découvrir jusqu’où Fanny peut aller. Les changements de narrateur, le langage cru font que l’on s’immerge vraiment dans le récit, que l’on plonge en apnée dans ce texte. Certaines images sont très fortes et accentue ce sentiment de malaise. Par contre, et j’ai particulièrement apprécié cela, à aucun moment Alice Quinn ne tombe dans le vulgaire. C’est sordide, c’est terrifiant, c’est triste, mais c’est toujours poignant, touchant.. Une claque, une lecture qui marque, qui reste !

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Une lecture qui m’a profondément émue, où l’on touche du doigt la folie, l’obsession. Un roman poignant dont l’auteure maîtrise parfaitement le sujet au point que j’ai eu l’impression parfois de pénétrer vraiment dans l’esprit de Fanny N.

Ma note : 8.5/10

 

 

 

Chronique Livresque·Jeunesse

Ma maman à moi de Laureen Mathure, Constance Garrido et de Florence Jacquet (Artsflorence)

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Fiche Technique : 

Editions Edilivre – 45 pages – Broché 

Résumé : 

Ma maman à moi est un livre qui traite, pour la première fois, du handicap d’une maman vu par son enfant, simplement. Une petite fille raconte son quotidien avec sa maman qui fait face à une maladie, son handicap et ses hospitalisations. Plusieurs scènes de leur vie sont présentées par l’enfant, avec les réponses données par sa maman pour l’aider à mieux comprendre ce quotidien différent qui parfois l’effraie. Avec amour et tendresse, ce tandem mère-fille répond aux questions que peuvent se poser les enfants.

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Mon avis : 

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Florence Jacquet de m’avoir proposé ce très beau livre en service presse. 

Etant maman je sais à quel point il est parfois difficile d’aborder certains sujets avec les enfants. Il faut savoir trouver les mots justes qui expliquent sans apeurer ni dramatiser. Ce n’est pas un exercice simple et il m’arrive de me servir de livres pour éclaircir ma pensée..  

Ici, c’est une petite fille qui nous parle. Une petite fille dont la maman est malade et doit subir tout un tas de contraintes comme les médicaments, l’hôpital, les béquilles.. Cette enfant nous explique leur quotidien avec ses mots. On s’immerge dans sa pensée afin de percevoir ce qu’elle comprend, ce qu’elle interprète mais également la façon dont sa maman choisit de lui expliquer sa maladie. Elles ont une relation mère / fille très touchante, pleine d’amour.

Le texte est très beau et poétique, les mots utilisés sont simples et peuvent être compris par les enfants plutôt jeunes (à partir 6/7 ans, je pense..). A chaque page correspond une action, une pensée ce qui permet d’expliquer aux plus jeunes si l’histoire est contée et si elle est lue d’assimiler chaque étape. La maladie, qui n’est pas nommée, est décrite simplement de cette façon les auteures permettent à chacun d’utiliser ce très beau livre en l’adaptant à son cas personnel. 

Le texte traite également de sujets importants qui sont associés à la maladie comme le regard des autres, l’amour, les sentiments.. Encore une fois à chaque page son information, sa question. Un rythme idéal pour que chaque jeune lecteur assimile ce qu’il a lu.. 

Pour chaque page de texte est réalisée une illustration. Et quelle illustration ! J’ai vraiment adoré les images, les couleurs.. L’illustratrice Florence Jacquet a su rendre toute la poésie du texte grâce à ses dessins qui sont juste sublimes. La représentation des personnages mère / fille navigue entre rêve et réalité. Une partie du dessin a des traits très « vrais » souvent les yeux, et le reste du corps est représenté de façon plus enfantine. J’ai été soufflée par son talent ! 

Ce livre comporte également deux particularités que j’ai trouvé originales et sympathiques. En effet, le texte est écrit en français mais également en anglais.. Une bonne façon d’apprendre ou de réviser puisqu’en général les enfants commencent l’apprentissage de cette langue tôt. Le second ajout qui m’a également beaucoup plu est un jeu de questions / réponses à la fin permettant à l’enfant de donner son propre point de vue. 

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Un livre que je trouve parfait tout autant du point de vue de la pédagogie et des explications que pour ses illustrations. Un livre qui devrait être dans toutes les classes et bibliothèques ! 

Ma note : 10/10

Pour l’acheter, cliquez sur l’image de la couverture

 

 

 

Chronique Livresque

Enquête aux volets bleus de Kate Oliver

Fiche Technique :

IS Editions – 144 pages – ebook et broché

Résumé :

Rosetta Bancale a été placée contre son gré en maison de retraite par sa fille unique pour un début d’Alzheimer. Elle intègre alors un groupe de six « résistants » pratiquement abandonnés par leurs familles, mais à l’aise financièrement. Leur devise : rire, boire et bien manger, malgré les restrictions de l’établissement.

Le petit club fait les quatre cents coups, transgresse allègrement le règlement et se venge des mesquineries du personnel, mais chacun reste évasif sur son passé… Un des sept membres, surnommé « le Capitaine », se fait prendre dans les filets d’Annette, une auxiliaire de vie cupide qui cherche à se faire épouser. Mais elle est un jour violemment poussée dans l’escalier…

Un inspecteur de police va alors enquêter et découvrir le passé peu reluisant de certains des pensionnaires, la vie tourmentée ou malheureuse de quelques autres, et le chantage financier exercé par Annette sur celui ou celle qui a changé de sexe et qui ne voudrait pas que son secret soit divulgué.

Pour compliquer encore un peu plus l’enquête, chaque membre du club va s’accuser du « crime » pour protéger ses amis…

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie chaleureusement IS Editions pour ce service presse et leur confiance.

Rosetta est une femme qui, pour cause de maladie, est placée en maison de retraite par sa fille.. traîtrise ultime ! Elle forme donc avec d’autres résidents un petit groupe de joyeux drilles qui font les 400 coups jusqu’au jour où Annette qui a ferré le Capitaine, l’un des membres du groupe, est poussée dans l’escalier. Une enquête va donc être menée et l’inspecteur va avoir du fil à retordre pour découvrir la vérité..

Je dois dire que c’est une très agréable découverte et que cette lecture sous couvert d’humour pousse à la réflexion.

Mais tout d’abord, Rosetta ! Son personnage est tout à fait exceptionnel ! Elle est placée contre son grè en maison de retrait car atteinte de la maladie d’Alzeihmer. Sa fille unique ayant sa propre vie à mener, « Les volets Bleus » sont la solution toute trouvée. Mais Rosetta est tellement drôle, cynique, malicieuse qu’on s’attache à elle dès les premières phrases. Elle m’a fait pleurer de rire ou pleurer tout court mais elle m’a surtout fait prendre conscience que la vie passait comme une flèche et qu’il fallait en profiter au maximum quelque soit son âge !

Le roman est très court et se lit très rapidement mais les situations cocasses s’enchaînent, les révélations aussi et même si l’on rit beaucoup on s’attache à ces résidents qui n’ont pas forcément eu une vie simple ou heureuse. Ils sont tous touchants à leur façon avec leurs histoires, leurs caractères et surtout leur loyauté envers leur petit groupe.

Mais au delà du rire ce livre nous oblige à nous poser des questions et  à revoir certaines de nos idées reçues.. L’âge et même le grand âge n’empêche pas de tomber amoureux, de vouloir profiter de ses amis ou de sa famille, de rire et s’amuser.. bref d’aimer la vie ! Rosetta et sa bande nous le démontrent bien ! Et la dernière page tournée chacun se demandera si lui aussi laissera ses parents sans nouvelles s’ils devaient être un jour en maison de retraite ou comment il jugera ses enfants s’ils « l’oublient » dans un établissement de ce genre..

Le seul bémol concerne la 4ème de couverture qui en dit un peu trop à mon goût, tout comme le choix du mot « enquête » dans le titre qui pourrait laisser croire à un thriller alors que ce n’est pas l’essentiel du livre.

 

Un roman pétillant qui vous fera passer un moment de lecture tendre et amusant. Une Rosetta qui pourrait être notre grand-mère à tous est l’héroïne exceptionnelle de cette ode à la vie !

Ma note : 8/10

Chronique Livresque·Non classé

Ponos de William Buzy

Fiche technique :

IS Editions – 194 pages – Broché ou ebook

4ème de couverture :

Ponos : douleur, peine. Dieu de la mythologie grecque représentant le dur labeur.

Joseph, un jeune homme installé à Paris, mène une vie triste et sans saveur, entre impuissance et lâcheté. Désabusé et misanthrope, il regarde la vie et ses contemporains avec un recul teinté d’indifférence. Lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, il quitte tout et navigue à travers l’Europe au gré de ses rencontres. Hors des chemins péremptoires du travail, il découvre alors que d’autres voies existent…

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie chaleureusement IS Editions pour ce service presse et leur confiance.

Joseph est un jeune homme qui vit non seulement une vie banale mais surtout une vie sans joie. Il partage son temps entre le travail et l’attente du travail, son budget ne lui permettant ni sorties ni extravagances. Jusqu’au jour où il apprend qu’il est atteint d’une grave maladie et là tout va changer pour lui. Il plaque tout : appartement, travail, boulanger du bout de la rue pour se laisser enfin la possibilité de vivre.

Joseph est le narrateur exclusif de ce roman. C’est un personnage cynique à l’esprit grinçant mais vraiment très attachant. Il porte sur notre société un regard à la fois lucide et perçant mais toujours avec une pointe d’humour.

Le fait de se savoir malade va en quelque sorte le libérer du carcan de la société et lui faire prendre des chemins qu’il n’aurait pas envisagés sans cela. Prendre un avion sur un coup de tête pour célébrer une fête dont il ne sait rien, suivre un étranger, ne plus avoir d’attaches, il laisse enfin la vie prendre le dessus en attendant sa mort.

Ce livre est une sorte d’ode à l’espoir, au désir de vivre sans laisser les obligations écraser notre humanité. J’ai aimé chaque personnage croisé au fil de ces pages chacun apportant sa pierre à l’édifice par un acte ou une histoire. Certains ne seront là que quelques instants, d’autres pour un bout de chemin plus long mais chacun a son importance et chacune de ces rencontres changeront Joseph un peu plus intensément au fil de ce Road-trip.

Ce roman est profond et troublant car il remet en cause nos valeurs tout en restant léger grâce à la plume talentueuse de l’auteur et surtout à l’humour qu’il distille si justement.

Une lecture légère mais intense qui nous oblige à nous questionner sur notre propre existence. Une très belle découverte autant dans le style que sur le fond !

Ma note : 8/10