Chronique Livresque·Historique·Romance

Pour l’amour d’une Sasunnach par Aurélie Depraz

Quelques informations… 

Auto-édition – 200 pages – ebook ou broché – Historique / romance

Un résumé ? 

Ecosse, 1374 Pour apaiser les tensions scotto-anglaises de la fin du XIVe s., le roi d’Angleterre Edouard III offre en mariage, avec l’appui du monarque écossais, les trois plus belles filles nobles de son royaume aux trois plus puissants seigneurs d’Ecosse. Ian MacAlistair, seigneur d’Argyll, a le mariage en horreur et ne porte guère les Anglais dans son cœur. Les Highlanders refusent l’idée même de cette alliance et Ian chérit sa liberté plus que tout au monde. Tiraillé entre raisons personnelles et géopolitiques, entre passé et avenir, sa tête et son cœur, Ian doit choisir : céder, et affronter les foudres de ses compatriotes, ou refuser, et déclencher l’ire du roi d’Angleterre. En accueillant la jeune Anglaise aux charmes indéniables sous son toit le temps de discuter de sa décision avec les chefs de clan voisins, Ian rencontre son destin. Une romance à l’écossaise, à la fois historique et teintée d’érotisme, ancrée dans le cadre et l’imaginaire idylliques de l’Ecosse médiévale.

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Mon avis : 

Tout d’abord, je tiens à remercier chaleureusement Aurélie Depraz, l’auteure, pour sa confiance et ce partenariat. Aurélie fait partie des auteurs les plus passionnés que j’ai pu rencontrer et j’apprécie son enthousiasme, sa passion et sa gentillesse. Je vous avais parlé d’un autre roman de cette jeune auteure « L’amour, la mer, le fer et le sang » que j’avais beaucoup aimé alors j’étais ravie et pressée de lire celui-ci. 

Après nous avoir entraînés chez les Vikings, Aurélie nous propose une plongée en Ecosse sur les terres du seigneur d’Argyll, Ian MacAlistair. En effet, le Roi Edouard III a offert en mariage à celui-ci une jeune aristocrate anglaise, Alannah, afin d’apaiser les tensions entre l’Ecosse et l’Angleterre. Les deux jeunes gens n’ont pas vraiment le choix face à ce mariage arrangé par leurs deux monarques mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent l’accepter facilement.. D’autant que les seigneurs et chefs de clans écossais ne sont pas en accord avec cette union et risquent de poser des problèmes au seigneur Ian.. 

Dès les premières lignes Aurélie Depraz m’a embarquée dans cette nouvelle histoire. Ian est un seigneur écossais beau, viril, fort et qui souffle le chaud et le froid ; Lady Alannah ressemble à un petit chaton sans défense et timide mais… La romance n’est, en règle générale, pas mon genre littéraire favori mais, et là je peux le dire, j’ai a-do-ré ! 

Ce roman n’est pas qu’une simple romance.. Encore une fois, cette jeune auteure a su me plonger dans la culture et l’ambiance de la destination choisie grâce à un immense travail de recherches et une restitution des informations impressionnante. Elle nous distille au fil des pages des détails de la vie en Ecosse au XIVème siècle, les us et coutumes, les traditions mais également le langage, la nourriture, et tout ce qui fait la vie courante des personnages principaux ou secondaires grâce à un vocabulaire choisi, pesé et surtout parfaitement raccord. 

Les personnages principaux sont extrêmement attachants.. Alannah m’a touchée par sa douceur, sa gentillesse mais également sa façon de riposter et de ne pas se laisser faire. Elle est seule sur des terres inconnues, au milieu de gens qu’elle ne connait pas et pourtant elle fait face à la situation. J’ai également beaucoup aimé Ian (son physique d’Apollon mis à part…) pour son côté humain, son attachement à ses terres et à ses gens, mais aussi pour son passé. Tous les deux ont un fort caractère qui va entraîner quelques joutes verbales drôles et bien senties. Les autres personnages sont également très bien réalisés. Je pense notamment à Nellie, la suivante d’Alannah, dont on sent l’attachement à sa maîtresse.

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la plume d’Aurélie Depraz. Une plume fluide, légère, descriptive sans être pesante. Le travail historique est, comme je le disais précédemment, une merveille. Elle réussit à intégrer à son récit des moments difficiles pour les personnages, à leur faire vivre des situations périlleuses sans jamais tomber dans des détails glauques. Je suis vraiment fan de cette jeune auteure et si vous voulez en savoir plus sur ses romans, je vous invite à faire un petit tour sur son BLOG. Vous y trouverez de nombreux détails sur le contexte, des cartes, etc.. De quoi en apprendre encore plus sur ces romans !   

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Une romance historique qui est un coup de cœur pour moi… Une lecture prenante, des personnages attachants et un contexte historique parfaitement rendu. Aurélie Depraz excelle dans ce style littéraire et j’espère qu’elle continuera encore longtemps à nous régaler de ses histoires..

Ma note : 9/10

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aventure·Chronique Livresque·Historique·Romance

L’amour, la mer, le fer et le sang par Aurélie Depraz

Quelques informations…

Auto-édition – 254 pages – ebook ou broché – Romance historique

Un résumé ?

Côtes danoises, hiver 865 Sven aime la mer. Il aime les raids, il aime les femmes, il aime son peuple et l’aventure mais… depuis peu, il se prend à rêver de semailles et de moissons, de terres et de cultures et, pourquoi pas, d’une femme, d’un foyer, d’une famille. Une grande expédition est prévue au printemps. Les rives anglo-saxonnes. Cela tombe bien ! Il paraît que leurs femmes sont belles et leurs terres fertiles. C’est décidé : il en sera. Une épouse, une ferme, un commerce florissant vers le Jutland, et à lui le bonheur d’une vie nouvelle ! Mais quand on n’est rien d’autre, aux yeux de la femme de ses rêves, qu’un païen, un barbare, un envahisseur aux mœurs cruelles… quand on est l’amant d’une femme jalouse et le sujet d’un roi cupide… l’entreprise s’annonce difficile ! L’histoire d’un amour improbable au temps des grandes invasions vikings.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie l’auteure, Aurélie Depraz, pour ce partenariat et pour sa confiance.

Sven Thorgeirsson vit sur les côtes danoises où en 865 il fait bon aimer les femmes, les raids et expéditions au loin, voir même le combat. Mais Sven sent qu’il est prêt pour un changement majeur de direction, il souhaite se trouver un coin de terre fertile pour devenir fermier, une femme pour fonder une famille. Pour cela il va prendre part à la campagne qui se prépare, il descendra vers les rives anglos-saxonnes et peut-être que tous ses rêves se réaliseront, même si rien n’est moins sur..

Je ne suis pas très férue de culture Viking alors j’abordais ce roman avec beaucoup de curiosité. En effet, dans mon imaginaire les Vikings sont barbares, cruels et j’avais du mal à imaginer une romance avec l’un des leurs. Mais ça c’est jusqu’à ce que je croise Sven dans ce roman…

J’ai aimé les deux aspects principaux de ce roman : la romance et l’historique.. La romance tout d’abord, parce que les choses ne sont pas simples pour les deux héros, leur attirance ne coule pas de source, ils vont devoir s’apprivoiser, apprendre à connaître la culture de l’autre, à se connaître. Sven vient d’un pays où les femmes sont très différentes d’Aalissia et lui comme elle vont devoir dépasser les préjugés, le choc culturel. J’ai apprécié que l’auteure dresse des embûches sur le parcours des jeunes gens et que ce ne soit pas une romance simple et lisse..

Pour le côté historique, dès les premières lignes Aurélie Depraz nous plonge dans ce monde à part : froid, dur, violent.. On s’immerge rapidement grâce à l’utilisation des termes de la vie courante, on en apprend plus sur leurs mœurs, leurs coutumes au fur et à mesure que les pages défilent. On découvre la géographie de l’époque, le nom des régions, des lieux. Et pour cela je salue l’immense travail de recherche d’Aurélie Depraz. On sent bien qu’elle n’a laissé aucune place à l’improvisation et qu’elle maîtrise parfaitement son sujet. Moi qui ne connaissait pas le « monde Viking », je n’ai qu’une envie maintenant c’est d’en savoir plus encore !

L’histoire est très bien menée, elle alterne des passages plus calme à des moments de bagarres sanglantes. Le rythme est soutenu sans être oppressant. J’ai tourné les pages et avancé ma lecture sans m’en rendre compte tant je voulais en savoir plus sur l’histoire de Sven et d’Aalissia mais également sur celles des autres personnages comme Leif par exemple.. J’ai également beaucoup aimé Jake et William que j’ai trouvés attachants et drôles. Bien entendu notre couple de héros est fascinant et intense. Leurs caractères semblent si opposés que l’on se demande comment ils vont pouvoir s’entendre, Aalissia m’a fait pensé à un petit oiseau fragile tandis que Sven ressemblait plus à un immense Roc. Et finalement les apparences sont parfois trompeuses..

Je découvre grâce à ce roman la plume d’Aurélie Depraz. Comme je le disais précédemment elle est juste, fine et travaillée pour le côté historique. Quant à la narration, elle est fluide, agréable et entraînante. L’auteure intègre quelques scènes érotiques à son texte qui y trouvent parfaitement leur place, elle choisit ses mots avec soin. Je vais d’ailleurs suivre Aurélie Depraz de très près dorénavant ! Et si vous souhaitez en savoir plus sur cette jeune auteure et sur ses livres voici le lien de son BLOG.

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J’ai passé un excellent moment avec ce roman entre dépaysement culturel et amour.. Ma rencontre avec Sven m’aurait fait naître une nouvelle passion pour les Vikings et j’espère qu’Aurélie nous fera la joie d’écrire d’autres histoires sur ce peuple !
Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Historique·Thriller

La Source S par Philippe Raxhon

Fiche technique :

Librinova – 398 pages – ebook ou broché – Thriller

Résumé :

Quel est le point commun entre le philosophe romain Sénèque, l’écrivain Oscar Wilde et l’empereur Napoléon Ier ? La Source S. Qu’est-ce qui relie Paris, Palerme, Dublin, Tel Aviv, Rome, Waterloo, Sainte-Hélène, et les chemins de la mémoire ? La Source S. Qu’est-ce qui pourrait bouleverser notre vision historique du monde ? La Source S. Qu’est-ce qui peut réunir un historien renommé, professeur à la Sorbonne, jouisseur, gourmand et amateur de grands vins sans modération et une jeune chercheuse sicilienne ambitieuse, instable et sensuelle à tomber par terre ? La Source S. Qu’est-ce qui peut tuer ou inviter à tuer dans un raffinement de cruauté ? La Source S. Qu’est-ce qui constitue une énigme insoluble, et le restera peut-être, même à la dernière page ? La Source S. Qu’est-ce qui est authentique dans cette histoire ? L’impact de la Source S. La Source S, un thriller à ne pas lire si vous êtes satisfait de vos certitudes.

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Mon avis :

Avant tout, je remercie chaleureusement l’auteur Philippe Raxhon, pour l’envoi de ce service presse et pour sa confiance.

Lorsque j’ai lu le résumé de ce roman sur le site Simplement.Pro, j’avoue que j’ai été intriguée. Un roman qui bousculerait nos certitudes ? Dans quel domaine ? Comment ? Et surtout qu’est-ce donc que cette fameuse Source S ? C’est ce que nous n’allons pas tardé à découvrir lorsque la jeune et brillante chercheuse Laura Zante demande de l’aide à François Lapierre, éminent Professeur de la Sorbonne. Une enquête qui va bouleverser leurs certitudes et leurs vies.

Je diviserais ce roman en deux parties.. Dans la première partie, l’auteur pose les bases historiques et présente ses deux héros. François Lapierre et Laura Zante vont être amené à collaborer sur la fameuse source S ce qui va les entraîner dans une sorte de chasse au trésor. J’ai trouvé cette partie plutôt « calme » mais nécessaire puisque l’auteur nous explique ici tous les points importants à travers de longues conversations entre Laura et François. On suit leur cheminement sans aucun mal, le fil de leurs trouvailles et de leurs pensées étant parfaitement rendu par l’auteur. Le lecteur va découvrir de nombreux détails sur la vie et la mort d’illustres personnages historiques comme Napoléon 1er ou Sénèque grâce à une sorte de puzzle géant dans lequel l’auteur nous entraîne.

Puis dans la seconde partie, les choses plus sérieuses commencent. En effet, ils vont devoir étayer leurs théories sur la Source S, prouver au monde entier qu’ils ont raison.. ou tort ! Va alors débuter pour nos deux comparses une longue cavalcade entre Palerme et Dublin, entre Rome et Paris en passant par Sainte Hélène. Et à tous ces voyages il faudra ajouter la présence de la Mafia sicilienne, du Mossad et du Vatican, leur chemin sera parsemé de morts, d’embûches et de sentiments contradictoires. J’ai eu une préférence pour cette seconde partie dont le rythme est plus soutenu et dont les références historiques sont tout aussi intéressantes que nombreuses. Le côté thriller s’y développe un peu plus même si je n’ai pas ressenti le frisson habituel face au danger malgré des coups de feu et des courses poursuites. Il m’a manqué un soupçon d’angoisse ou de stress..

Je me dois de saluer la précision et le travail historique de Philippe Raxhon qui m’a entraînée dans cette histoire sans mal. Sa plume est rigoureuse, travaillée et le langage souvent soutenu. Le rythme est comme je le disais plus lent au départ mais les chapitres souvent courts permettent d’avancer rapidement dans l’histoire. J’ai également apprécié en plus du voyage historique, le voyage culinaire et œnologique dans lequel nous suivons nos deux héros. En effet, Laura Zante et François Lapierre sont deux bons vivants aimant la bonne chair et les bons vins et il m’est arrivé de saliver en lisant les menus de leurs repas.

Mon seul bémol concerne le développement des personnages et plus précisément des personnages secondaires. François et Laura sont bien construits et développés, on connaît suffisamment leurs passés, pensées et caractères pour les trouver attachants ou pas. Pour ma part, j’avoue avoir apprécié François Lapierre sur le tard mais pour Laura mon attachement fut quasi immédiat. Par contre, j’aurais aimé un peu plus de profondeur pour des personnages comme le zio Luigi qui malgré quelques confidences reste bien mystérieux ou Mme Zante mère. Alberto m’a également beaucoup intriguée et j’ai été frustrée de ne pas en savoir un peu plus sur lui. Malgré tout, cela reste de l’anecdotique car l’histoire n’en souffre pas du tout.

Ce roman est le premier de Philippe Raxhon et sa fin ouverte me laisse espérer qu’une suite est prévue aux aventures de nos deux héros ! En tout cas je l’espère parce que ça a été un très bon moment de lecture passé en leur compagnie !

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Une intrigue qui entraîne le lecteur sur les pas de Grands Hommes à la recherche de vérités.. Entre recherches historiques, gastronomie et amour ce roman vous fera passer un très bon moment, à lire sans modération !

Ma note : 8/10

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Chronique Livresque·Historique·Littérature

Dia Linn – 1 : Le Livre d’Eileen par Marie-Pierre Bardou

Fiche technique :

Editions Hélène Jacob – 202 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Irlande, 1845. Dans le comté de Kerry, la vie est rude pour les paysans qui vivent presque exclusivement de la culture de la pomme de terre. Mais la douceur et la beauté sont aussi le lot quotidien des O’Callaghan, attachés à leur clan familial et à la magnificence de leurs terres. Les lacs de Killarney déploient pour eux leur splendeur tranquille, entre criques isolées, monastères dont les ruines cachent des trésors oubliés, forêts denses et tourbières. Les rites religieux, les fêtes, les danses et les trafics en tous genres rythment l’existence d’Eileen et de sa famille, bercée de légendes anciennes et de politique anti-anglaise. Puis la Grande Famine étend ses ailes noires sur l’île d’Émeraude, apportant la disette, la fièvre jaune, la révolte et la mort à tous les paysans d’Irlande. Eileen a quinze ans. Armée de sa résilience et d’un étrange don hérité de sa grand-mère, il lui faudra trouver un moyen pour sauver le peu qu’il reste de son clan, en naviguant entre les alliés et les ennemis dont les visages ne sont parfois qu’un masque. Terra Mahurr, « la terre du pays de mon père », est une genèse. Celle de Dia Linn, l’histoire d’une lignée familiale à travers les siècles et les continents. Elle y trouve sa source, dans les brumes et l’âpreté des terres irlandaises, qui forgent des hommes fiers et des femmes conquérantes.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement les Editions Hélène Jacob de m’avoir permis de lire ce roman via le site Simplement.Pro mais également pour leur confiance renouvelée.

Eileen a quinze ans, elle vit avec sa famille en Irlande, près de Killarney. En cette terrible année 1845, la Grande Famine s’abat sur l’Irlande, tuant son peuple à petit feu.. Eileen va faire son possible pour assurer la survie de sa famille. Un roman où se mêlent saga familiale, croyances et rites religieux. La jeune Eileen ne pourra compter que sur sa détermination et son courage car souvent les ennemis prennent des visages inattendus..

J’ai eu l’occasion de découvrir la plume de Marie-Pierre Bardou grâce à deux romans (Temps Morts saison 1 et Défaillances) et j’étais ravie de la lire de nouveau. Marie-Pierre Bardou nous plonge grâce à « Dia Linn » en Irlande, un pays magnifique où les rites et les croyances ont une place importante. Mais pas à n’importe quelle époque, l’auteure choisit de nous faire découvrir ce pays lors de la Grande Famine (l’une des famines…) qui sévit en 1845. Les récoltes de pommes de terre ont été attaquées par le Mildiou, le peuple meurt de faim et l’oppresseur anglais laisse la situation s’éterniser. Eileen voit disparaître plusieurs membres de sa famille et lorsque l’histoire débute c’est sa mère qui décède.

Ce premier tome est une très bonne introduction à une saga familiale que l’auteure a déjà écrit puisqu’à ce jour 8 tomes sont disponibles. J’avoue ne pas être fan de longues séries mais je suis maintenant vraiment accrochée à cette histoire tant Marie-Pierre Bardou a su susciter mon intérêt pour la vie de cette famille. J’ai quitté Eileen à regret tant j’ai aimé la suivre au fil des pages même s’il y a finalement très peu d’action. Mais voir leur quotidien, leur bataille pour la survie mais également découvrir les secrets de famille, les complots ont été un véritable régal. Le récit est plutôt dur car de nombreuses morts l’étayent mais malgré tout le texte reste très doux.

J’ai aimé de nombreuses choses dans ce roman, pas uniquement l’histoire. Le côté historique déjà, nous suivons ici les prémices de la naissance de l’I.R.A. En effet, le fond politique et religieux est intéressant, on y comprend parfaitement que le protestantisme a été imposé aux irlandais et que la rébellion se met en place. J’y ai appris de nombreux aspects de l’histoire de ce pays avec la Grande Famine, l’organisation de la vie à la campagne… L’auteure intègre tout cela de façon pertinente et juste à son récit. J’ai également adoré découvrir les mythes, croyances, légendes dont le peuple irlandais est si friand et qui jalonnent cette histoire. Marie-Pierre Bardou ajoute de très nombreuses notes à son texte expliquant les différentes croyances de façon sobre et claire. En temps normal je ne suis pas fan de notes de bas de pages mais là j’avoue que c’était un régal que d’en savoir toujours un peu plus.. Les rites et traditions sont expliqués, les êtres féériques détaillés..

J’ai également beaucoup aimé les personnages.. Celui d’Eileen bien sur qui est une jeune fille attachante, courageuse, dévouée à sa famille. Mais d’autres plus secondaires m’ont également beaucoup touchée. Deirdre, par exemple, l’intendante de la demeure où travaille Eileen, une femme rigide dans le travail mais avec un grand cœur. Chaque personnage est intéressant et l’histoire en fera des bons ou des méchants..

La plume de Marie-Pierre Bardou m’a vraiment immergée dans cette Irlande si belle mais si triste, si solidaire et si unique. J’ai vraiment apprécié son écriture qui est à la fois fluide et détaillée, imagée et simple. On sent à travers ce roman toutes les recherches effectuées par l’auteure afin de rendre son histoire la plus proche de la réalité et la plus complète possible. C’est non seulement une très belle réussite au niveau du fond mais également de la forme ! Je suis maintenant impatiente de connaître la suite des aventures de la jeune Eileen..

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Un coup de cœur pour ce premier tome qui pose de très bonnes bases, une histoire familiale captivante, un contexte historique prenant et des mythes et légendes présents tout au fil des pages.. De quoi faire un magnifique voyage en Irlande et découvrir la région des Lacs de Killarney en compagnie d’Eileen..

Ma note : 9.5/10

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Chronique Livresque·polar·Romance

Chicago Requiem par Carine Foulon

Fiche technique :

Autoédition – 388 pages – ebook ou broché – Roman historique

Résumé :

Chicago, années folles… Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient. William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition. La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone. Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

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Mon avis :

Avant tout, je tiens à remercier l’auteure, Carine Foulon, de m’avoir permis de lire son roman en service presse ainsi que pour sa gentillesse.

Chicago Requiem fait parti de ces romans qu’il me tardait de lire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que l’auteure fait un très beau travail de communication autour de son livre et qu’en général cela pique ma curiosité. Ensuite, la couverture évidemment m’a attiré l’œil et enfin le résumé et plus particulièrement l’époque abordée. J’adore tout ce qui concerne les années 1920 et plus particulièrement aux Etats-Unis : les gangsters, la prohibition…

La famille Henderson est riche et influente dans le Chicago des années 20. William souhaite aider son épouse Susan à relancer sa carrière d’actrice, il va donc lui offrir un théâtre. Malheureusement l’argent n’achète pas tout et surement pas le bonheur, le jeune couple va se retrouver confronté à des tourments qui pourraient tout remettre en question. Dans un monde où la mafia règne, les pires ennemis ne sont pas forcément ceux qui sont les plus éloignés..

J’ai donc plongé dans l’univers de la famille Henderson avec une légère appréhension car contrairement à mes habitudes j’avais lu des critiques sur ce roman avant de l’entamer. J’avais surtout retenu qu’il était un peu « hors genre » alors je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Eh bien, pour le coup, je suis tout à fait d’accord ! Hors-genre, hors-catégorie, inclassable, une sorte d’OVNI livresque.. Carine Foulon nous fait naviguer entre la romance, le polar, le roman historique avec beaucoup de doigté mais pour ma part, j’y ai surtout vu une sorte de pièce de théâtre. En effet, chaque chapitre correspond à un lieu, des personnages, une date, le lecteur assiste à certains faits, en découvre d’autres à travers les dialogues des personnages. L’auteure intègre également de nombreux flash-backs afin de mieux comprendre ou appréhender certains points de l’histoire.

L’histoire, quant à elle, est prenante et va crescendo. Une première partie qui ressemble à une simple chronique familiale entre le couple Susan et William, leurs amis, leurs cousins. On les suit dans leurs vies de famille avec leurs espoirs et leurs déboires. Cette partie est plutôt lente, elle pose les bases. Puis cela va se transformer au fil des pages en quelque chose de plus noir, de sombre comme une lente descente aux enfers. Et là commence la seconde partie, qui nous entraîne pour de bon dans le Chicago corrompu, dur, où il vaut mieux ne rien voir et ne rien entendre. Carine Foulon ne rechigne pas à maltraiter ses personnages, elle n’a aucun scrupule à les faire souffrir et personnellement j’adore ça. Elle a également intégré à son histoire de très nombreuses références historiques avec par exemple des allusions faites à Al Capone. On sent le très gros travail de recherches fait par l’auteure afin de coller au maximum à la réalité de cette époque. J’ai trouvé que cette histoire était crédible au vu de l’ambiance un peu comme si l’on lisait une histoire tirée de faits réels. Tout y est pour que le lecteur plonge dans l’ambiance de l’époque : les mafieux, la prohibition, les maisons closes même si parfois les choses sont plus suggérées que décrites.

Les personnages sont exceptionnels ! Je vous disais que Carine Foulon les maltraitait.. C’est peu de le dire ! Mon goût pour les méchants m’aura fait adorer le personnage de Meredith, la sœur de William. Elle est égocentrique, cruelle, perverse, manipulatrice, retorse, bref une méchante comme je les aime.. Evidemment Susan peut paraître bien pâle à côté de sa belle sœur mais en fait pas du tout.. Elle a une dimension et un rayonnement qui font d’elle une sorte d’héroïne ou une actrice tragique. William, le héros masculin, quant à lui m’a laissé plus perplexe. Il semble faible, sans force de caractère, prêt à sombrer puis la minute suivante il montre une fermeté et une ténacité à tout épreuve. C’est un personnage qui interpelle et laisse une trace lorsque la lecture est finie, ce qui n’est pas toujours le cas.. Carine Foulon a créé des personnages vraiment marquants et surtout à la psychologie remarquable. Pas un seul protagoniste ne m’a semblé stéréotypé, ils sont fins, crédibles, pas parfaits et tellement humains !

J’ai découvert grâce à « Chicago Requiem » la plume de Carine Foulon et j’en suis absolument ravie ! Son écriture est non seulement fluide et agréable mais elle est rigoureuse, pointue, imagée.. Je n’ai pas eu besoin de longues descriptions pour imaginer les personnages, leur environnement. Cela m’a particulièrement frappé concernant (et c’est là que ressort mon amour de cette période) la garde robe de Meredith. Carine décrit à chaque fois ses robes, coiffures avec juste quelques mots mais il ne m’en fallait pas plus  pour la voir apparaître devant mes yeux. C’est également le cas pour tout le roman que cela touche aux mœurs, aux décors tout est dépeint justement sans que le texte ne soit surchargé. Justesse et précision décrivent très bien sa façon d’écrire et je vais la suivre avec beaucoup d’intérêt !

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Une très belle lecture qui nous plonge au cœur des années 20 entre folie, vengeance et amour la famille Henderson n’est pas au bout de ses peines. Le premier tome d’une saga familiale captivante et addictive.  

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Historique·Littérature·policier

La lettre froissée : une enquête à la Belle-Epoque T1 par Alice Quinn

Fiche technique :

City Edition – 415 pages – ebook ou broché – Polars historiques

Résumé :

Cannes, au printemps 1884. Aristocrate déclassée et ruinée, Miss Gabriella Fletcher n’a plus un sou en poche. Heureusement, elle vient de trouver un travail inespéré de gouvernante dans la villa de Filomena Giglio, une femme aux mœurs plutôt dissolues. Et cette patronne hors du commun n’est pas pour déplaire à Miss Fletcher, loin de là… D’autant que dans sa demeure, on croise des célébrités, comme Guy de Maupassant, l’homme de lettres qui commence à avoir un certain succès. Et quand une jeune femme de chambre est assassinée, Miss Fletcher, sa scandaleuse patronne et le charmant Maupassant décident de mener l’enquête. D’autant que ce meurtre semble laisser les autorités totalement indifférentes. Le trio n’aura de cesse de combattre cette injustice et de découvrir la vérité dans un monde où la fortune et les apparences règnent en maîtres.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Alice Quinn et Amazon Publishing de m’avoir permis de lire ce roman en avant – première.

Lorsque j’ai vu que le dernier Alice Quinn était disponible à la lecture en service presse sur le site NetGalley, je n’ai pas hésité une demi-seconde ! Tout d’abord parce j’ai déjà eu l’occasion de lire des romans de cette auteure et qu’à chaque fois j’avais beaucoup aimé (rappelez-vous.. « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » et Fanny N). Ensuite parce qu’Alice est une auteure que j’apprécie beaucoup et que le résumé m’a vraiment alléchée. Et enfin.. Non mais vous avez-vu cette couverture ? Une merveille ! Tous les ingrédients étaient réunis pour me faire craquer…

Le roman débute sur la rencontre de Miss Gabriella Fletcher, anglaise de bonne famille déchue et Filomena Giglio, dîtes Lola, jeune femme aux mœurs légères. Miss Fletcher répond à l’annonce de Mademoiselle Lola qui l’engage comme répétitrice. Elle fait la connaissance d’un auteur qui monte Guy de Maupassant et c’est ce trio assez improbable qui va se lancer à la poursuite de l’assassin d’une jeune femme de chambre.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression de faire un saut dans le temps et de me retrouver dans le Cannes de 1884 (et pourtant je n’y ai jamais mis les pieds ! à Cannes hein ? Enfin en 1884 non plus…). On y découvre la Croisette, le faste de la vie des gens fortunés, les Hôtels de prestige mais aussi la dure réalité pour les gens du peuple. La prostitution, les orphelinats, les bas quartiers, le quotidien de ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.. Alice Quinn décrit parfaitement l’ambiance de cette Belle – Epoque où le paraître est d’une importance capitale entre beaux bijoux, chapeaux à la mode et balades en fiacre. Son écriture est toujours aussi fluide avec une pointe d’humour que j’apprécie tout particulièrement.

Ce roman mêle en réalité plusieurs histoires.. Le meurtre de Clara Campo, jeune femme de chambre et amie de Mademoiselle Lola en est la trame de base, le fil conducteur qui va permettre à nos trois héros d’évoluer. L’enquête tarde un peu à démarrer mais est bien menée avec des rebondissements intéressants. Les trois enquêteurs en herbe vont mettre en commun leurs différents talents pour permettre la résolution de cette affaire que la Police délaisse au vu de la condition sociale de la victime.

Un second point essentiel est celui de la condition féminine dans la société du 19ème siècle. On découvre la difficulté pour une femme seule de subvenir à ses besoins autrement qu’en se tuant à la tâche (et encore !). Une femme comme Lola, jeune et belle, assurera plus facilement son avenir en se trouvant un protecteur ou en s’adonnant à la prostitution, choix qui semble toucher toutes les couches de la société. Le lecteur va donc suivre Lola dans sa quête effrénée d’argent pour assurer sa survie. L’auteure a réalisé un formidable travail de recherche et l’on sent à travers ses écrits qu’elle s’est passionnée pour ce thème. Je vous invite à faire un tour sur son blog (ICI) si vous voulez en savoir un peu plus sur la vie d’une courtisane (entre autres) à cette époque.

La présence de Guy de Maupassant est assez déroutante au départ. Glisser un auteur aussi connu dans une fiction est un pari plutôt audacieux qu’Alice Quinn réussit haut la main. J’ai trouvé son personnage particulièrement savoureux entre son humour, sa façon d’être et la manière dont ses écrits sont intégrés à l’histoire. Mais, outre le célèbre Monsieur de Maupassant, tous les personnages sont excellents ! J’ai adoré les deux personnages principaux que sont Lola et Gabriella. Elles ont des caractères diamétralement opposés, elles sont un peu comme les deux faces d’une pièce : elles se complètent. Autant l’une est discrète, posée, calme que l’autre est vive, pétillante et peut sembler frivole. Mais elles font preuves toutes les deux d’une vive intelligence, d’une grande détermination et surtout d’un grand cœur. Les personnages secondaires sont aussi très réussis et j’ai tout spécialement aimé Rosalie et sa gouaille.

L’auteure a fait le choix de faire de Gabriella la narratrice de ce roman. J’ai trouvé l’idée un peu étrange au départ puisque Miss Fletcher, n’assistant pas à toutes les scènes, est obligée de nous retranscrire ce que ses camarades lui racontent ce qui fait que l’on passe du « je » au « il » au cours du texte. Mais l’idée vous semblera excellente lorsque, comme moi, vous lirez les dernières pages de ce roman. Alice Quinn fait preuve d’une réelle ingéniosité sur ce point, j’ai aimé ce très joli clin d’œil.  

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« La lettre froissée » est le premier tome d’une série qui s’annonce prometteuse ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui est dépaysant, instructif et dont le trio de personnages principaux est particulièrement attachant. Une très belle lecture que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

Chronique Livresque·Historique

Le Rocher par Elisa Sebbel

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Fiche technique :

Autoédition – 179 pages – ebook et broché – Historique

Résumé :

5 mai 1809, cinq mille soldats de l’armée napoléonienne sont déposés sur l’île déserte de Cabréra. Parmi eux, vingt et une femmes, dont une jeune cantinière de dix-huit ans qui vient juste de perdre son mari. Sur tous les visages, la même question : les a-t-on abandonnés à leur propre sort sur ce rocher aride ?
Le lecteur vivra avec Angélique ce drame oublié de notre histoire. Il partagera son quotidien, ses émotions, ses moments de joie, de tristesse, de peur, de doute, d’espoir et de désespoir. Il expérimentera la faim, la soif, le froid, la violence mais aussi des instants de bonheur immense, un amour qui emportera la raison et tous les sens et redonnera une raison de lutter, des moments exceptionnels d’amitié, de tendresse, de bonté humaine, il découvrira les ressources inattendues de l’humain quand tout semble perdu… Attrapée entre deux hommes, Angélique l’emportera dans le tourbillon de sa vie. Inspiré de faits réels, ce roman est troublant de vérité.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Elisa Sebbel de m’avoir confié son roman en service presse mais également pour sa gentillesse.

Le roman ouvre sur une introduction de quelques pages expliquant le contexte historique du livre. J’ai trouvé que l’idée était bonne car c’est une période, bien que plutôt récente, assez méconnue. L’auteure nous explique donc les bases historiques ayant amené à cette tragédie humaine.

Angélique est une toute jeune femme ayant suivi son mari à la guerre en tant que vivandière et qui, malheureusement, se retrouve veuve. Elle est, avec ses compagnons d’infortune, faite prisonnière et emmenée sur une île qui s’apparente plus à un rocher qu’à un Paradis. Elle va devoir survivre dans ce milieu hostile, affronter la nature peu clémente, la faim et la soif, les hommes et leurs plus bas instincts.

Angélique est la narratrice de ce roman, c’est donc son histoire que le lecteur va suivre. Elle est l’une des vingt et une femmes emprisonnées en compagnie de cinq milles hommes sur une île espagnole, totalement livrés aux mains de leurs ennemis. Ce roman m’a donné l’impression d’un journal où Angélique nous fait partager son dur quotidien, ses peines, ses drames, ses joies. Elle nous livre ses pensées les plus intimes au fil des jours qui s’étirent toujours plus durs sur ce Rocher où la vie est le dernier bien auquel on se raccroche. J’ai aimé son courage, sa pugnacité mais également son dévouement envers les autres. J’ai trouvé chaque personnage intéressant qu’il soit bon ou mauvais car personne ne peut dire comment il réagirait dans la même situation. 

L’histoire est vraiment très prenante, outre le côté romancé concernant Angélique, le fait de savoir que tout ce qui concerne la vie sur le Rocher est réel rend cette histoire poignante. Imaginer les conditions de vie des prisonniers, le manque de tout, les blessés, les morts est touchant, triste. Ces hommes et femmes étaient parqués sur ce bout de terre inhospitalier un peu comme des animaux et ne devaient leur survie qu’au bon vouloir de leurs geôliers. L’un des passages qui m’a le plus touché est celui où, pour se venger d’une insubordination, les espagnols laissent les prisonniers sans nourriture ni eau durant plusieurs jours. La jeune femme nous décrit la torture que cela représente et les conséquences..

Malgré la difficulté de la vie dans cette prison en plein air, l’amour est également présent. Une histoire d’amour se dessine, s’ébauche. Plusieurs même.. L’amour d’hommes pour des femmes, l’amour de femmes pour des hommes mais également l’amour maternel. Le personnage de Marie, la camarade d’Angélique, et maman de jumeaux encore nourrissons nés en captivité m’a vraiment touchée. Elle est si courageuse, si attentionnée à s’en oublier. Et pourtant, il fallait une grande force mentale pour réussir à survivre sur cette île en tant que femme. Leurs conditions de vie déjà difficiles, équivalentes à celles des hommes sont rendues encore pire par leurs propres compagnons, elles sont pour la plupart une marchandise monnayable qu’offre cette île. Heureusement qu’une part de beau perdure grâce à la partie romancée de cette histoire où l’on découvre l’entraide, la solidarité entre les prisonniers.

Je remercie vraiment Elisa Sebbel de m’avoir fait découvrir ce pan de notre histoire qui m’était totalement inconnu. J’ai apprécié tout le travail de recherche qui a été fait autour de ce sujet par l’auteure qui est extraordinaire. Il est d’ailleurs sublimé par les documents reproduits à la fin du roman et qui sont vraiment intéressants. Elisa Sebbel nous narre cette histoire d’une plume poétique, juste, fluide. Elle sème au fil des pages des images terribles, dures parfois cruelles mais qui sonnent toujours très juste, et qui malgré la dureté de l’histoire permettent au lecteur d’accompagner Angélique en gardant, comme elle, toujours une lueur d’espoir.

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Un très beau premier roman qui nous fait découvrir un morceau de l’histoire et du sort de milliers de prisonniers lors des guerres Napoléoniennes. Un livre où l’espoir partage la vedette avec la mort, la famine et même l’amour..

Ma note : 9/10    

 

Chronique Livresque·Thriller

Code Victoria de Thomas Laurent

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Fiche Technique :

Zinedi-Publedit – 255 pages – broché – Thriller

Résumé :

Rochehauh. Petit village oublié de tous, où, selon un manuscrit médiéval, serait enfermé le diable lui-même… Un parfait sujet d’article pour Victor, journaliste, parti enquêter trois mois plus tôt, mais jamais revenu. Pour comprendre ce qui s’est passé, son amie Victoria décide de se rendre à Rochehauh. Rapidement, elle est forcée d’admettre que quelque chose ne tourne pas rond. Pourquoi lui interdit-on l’accès au vieux monastère ? Quel secret Victor avait-il découvert dans les pages du codex crypté ? Qui est cet inconnu qui la menace ? Happée dans un dangereux jeu de piste, Victoria n’a d’autre choix que de découvrir la vérité. Plus aucun doute : sa vie en dépend…

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Mon avis :

Un grand merci à Thomas Laurent de m’avoir confié son livre en service presse et pour sa confiance !

J’avoue que la lecture du résumé m’avait fortement intriguée.. que de secrets semblaient se cacher à Rochehauh.. J’ai donc décidé de vite plonger dans les pages de « Code Victoria » pour les découvrir, et quelle découverte !!

Dès les premières pages, j’ai été happée par l’histoire, j’ai ressenti la chaleur, la fatigue tout comme Victoria. La jeune femme arrive à Rochehauh sous un soleil de plomb, elle y vient afin de comprendre les conditions de la disparition de son compagnon Victor. Elle est de suite frappée par l’ambiance du village perché dans la montagne, les interdictions d’approcher certains lieux, la réticence des habitants à son égard. Mais Victoria va s’entêter et marcher dans les pas de Victor afin de découvrir la vérité, une vérité enfouie depuis des siècles !

Je ne vais pas y aller par 4 chemins, « Code Victoria » a été pour moi un énorme coup de cœur ! L’histoire est exceptionnelle, Thomas Laurent nous livre ici un thriller envoutant, chaque chapitre apportant son lot de révélations ou de mystère supplémentaire. Le lecteur va suivre Victoria dans sa quête d’explications. J’ai particulièrement apprécié l’énorme travail de documentation historique que l’auteur a dû réaliser, tout est parfaitement clair et expliqué avec soin sans que le lecteur ne se perde jamais. Rien n’est laissé au hasard, l’intrigue est vraiment bien ficelée et pensée, un peu comme une toile d’araignée où le lecteur s’enfoncerait un peu plus à chaque page.

J’ai découvert grâce à ce roman la plume de son auteur et j’ai été conquise sans aucune réserve ! L’écriture de Thomas Laurent est fluide, sûre, précise. Il nous mène exactement où il le souhaite, et malgré de nombreuses explications il n’y a ni lourdeur ni temps mort. J’ai vraiment apprécié chaque page, lu chaque mot avec avidité afin de comprendre en même temps que Victoria tous les mystères de Rochehauh et malgré mes nombreuses déductions, je n’ai pas su deviner la fin.

Les personnages sont également touts excellents. Pour une fois, j’ai vraiment apprécié une héroïne ! Victoria est loyale, entière, un peu têtue et surtout touchante. En effet, elle m’a émue au fil des pages.. Son dégoût du café, sa mélancolie, son amour pour Victor en font une héroïne attachante. Les autres protagonistes sont également tous très bien campés, j’ai particulièrement aimé Mathis que j’ai trouvé remarquable. Qu’il soit dans le camp des gentils ou celui des méchants, chacun est extrêmement bien travaillé et étonnant.

Vous aurez donc compris que « Code Victoria » entre dans mon club des coups de cœur par la grande porte ! Je vais non seulement me précipiter sur le précédent roman de l’auteur mais je vais dorénavant le suivre avec un grand intérêt.

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Un thriller exceptionnel qui vous fera pénétrer dans une histoire – labyrinthe où chaque détail a son importance.. A lire de toute urgence !!

Ma note : 9.5/10

 

Chronique Livresque·fantastique·Historique·Uchronie

Stalingrad d’Emmanuel Delporte

Fiche Technique :

Editeur : L’ivre Book – 193 pages – Ebook

Résumé :

Été 1942. La domination nazie sur l’Europe atteint son apogée. L’état-major du Troisième Reich expédie plus de 900 000 soldats à l’assaut de la ville de Stalingrad.

Cette bataille ne ressemble à aucune autre. Le froid intense, le volume des destructions, la présence de civils, les atrocités commises de part et d’autre, expliquent la fascination qu’elle exerce encore aujourd’hui.

Mais ses souterrains recèlent en outre les reliques d’un secret terrifiant, protégé par d’anciens rites et d’indicibles créatures.

Comme les cinq branches d’un pentagramme, cinq récits se croisent et forment la trame de ce roman épique, dans lequel la réalité historique se confond avec les figures mythiques de Raspoutine ou Baba Yaga.

Emmanuel Delporte signe son premier roman, récit historico-fantastique, uchronie spectaculaire dans laquelle il vous invite à une réflexion sur le poids du passé et de la guerre.

Mon avis :

Je remercie chaleureusement les Editions L’Ivre Book pour ce service presse.

Ce livre est vraiment atypique de par sa structure. Cinq parties ayant toutes comme fil conducteur la bataille de Stalingrad qui se déroula en 1942 et compta des centaines de milliers de morts. Chaque histoire, comme le dit le résumé, est la branche d’un pentagramme au coeur duquel chaque personnage a son importance.

La plume d’Emmanuel Delporte est fluide et très agréable à lire. Les mots coulent simplement mais tombent juste et décrivent parfaitement les actes ou sentiments des personnages. J’ai eu parfois l’impression d’entendre les bombes exploser ou les cris des agonisants tant cela semblait réel. J’ai particulièrement apprécié la façon dont le récit est documenté et précis. On sent que l’auteur a beaucoup travaillé pour apporter authenticité et précision à son texte.

Lorsque j’ai vu le format de ce livre coupé en plusieurs nouvelles, j’avoue avoir eu peur de m’y perdre. Mais pas du tout ! L’auteur a réussi a croiser chaque histoire, chaque destin sans que le lecteur peine à le suivre une seule seconde. J’ai tourné les pages fiévreusement espérant la clémence pour certains, souhaitant le pire à d’autres et toujours j’ai été surprise.

J’ai particulièrement aimé le côté humain de ce roman. La réflexion sur la guerre et le rôle de l’être humain quant à sa propre destruction est précise. L’homme va oeuvrer à tous les niveaux pour anéantir l’humanité à cause de ses croyances comme le nazisme ou le stalinisme autant sur le champ de bataille, qu’au commandement ou dans une crypte secrète et ancienne.  

L’ajout de fantastique est un plus vraiment appréciable avec la présence de personnages mythiques russes comme Raspoutine ou Baba Yaga et tellement bien dosé que l’on se prend à y croire. Cela m’a permit d’apprendre un peu plus sur ces noms que l’on croise souvent mais que l’on connait mal au final.

Une très bonne lecture passionnante et prenante qui donne à réflechir. Je recommande vivement ce livre à tous et pas seulement aux fans de livres historiques. Foncez, vous ne serez pas déçu !

Ma note : 9/10