Chronique Livresque·nouvelle

L’indé Panda N° 6

livre et rose

Bonjour à tous !

Vous connaissez maintenant mon attachement aux auteurs indépendants alors lorsque j’ai été contactée par l’équipe de l’Indé Panda pour chroniquer ce 6ème opus j’étais ravie. Déjà parce que je trouve le concept vraiment top mais aussi parce que le sommaire m’a mis l’eau à la bouche !  

Qu’est-ce-que l’Indé Panda ? C’est un magazine entièrement rédigé et réalisé par des bénévoles dédié aux auteurs indépendants. Il regroupe 12 nouvelles de 12 auteurs méticuleusement choisies et à la fin de chacune quelques mots de son auteur.. Une mine d’or !

Certains noms au sommaire de ce N°6 m’étaient familiers d’autres sont une très belle découverte, dans tous les cas j’ai adoré lire ces histoires ! Je vais vous dire quelques mots sur chacune d’elles..

Le procès participatif par Bouffanges

Bouffanges nous livre ici une dystopie où les réseaux sociaux et l’usage que l’on en fait sont au centre de tout. Chacun peut juger ou être jugé via une application, une conception de la justice qui fait froid dans le dos.. Une écriture précise et fluide qui rend cette histoire presque réelle.

Cette nouvelle a inspiré la magnifique couverture de ce N°6.

Dan par Catherine Loiseau

Je suis fan de Catherine Loiseau alors j’étais ravie de lire cette nouvelle ! De la science-fiction pure où le personnage principal, un humanoïde, va apprendre les émotions humaines à ses risques et périls. Une nouvelle vraiment prenante et une plume toujours aussi addictive.

Un caveau sans vitrail par Laurent B

Laurent B écrit ici sur l’enlèvement de Véronique, une jeune fille pleine de ressource qui va tout faire pour se sortir de cette situation. Une nouvelle un peu plus longue que les autres mais dont l’héroïne est vraiment attachante.

Maïa et l’homme en blanc par Céline Saint-Charle

Une nouvelle que j’ai vraiment appréciée, elle nous parle de notre rapport à la Nature, de la beauté de ce qui nous entoure. Les conversations entre Maïa et l’homme en blanc sont belles et intéressantes. Un récit initiatique à la plume très poétique.

L’étrangère qui vit chez moi par Khalysta Farall

Une super nouvelle dans le style thriller vraiment bien construite et menée. J’ai particulièrement apprécié cette histoire qui m’a tenue en haleine et dont j’ai adoré la chute. J’ai également trouvé la plume de Khalysta Farall très maitrisée et fluide.

Maman est une espionne par Nicolas Chevolleau

Nicolas Chevolleau fait d’un petit garçon le narrateur de cette jolie nouvelle. Celui-ci va nous parler de sa maman et j’ai beaucoup aimé ce récit à la fois poétique et impitoyable. L’écriture est fluide et très agréable, une belle découverte.

Tout compte fait par Nathalie Bagadey

Un conte des temps modernes où l’héroïne va être plongée dans ceux de son enfance.. Un joli récit même si j’ai trouvé le déroulé un peu trop prévisible. Une plume agréable et une histoire sympathique !

Dans l’impasse du chat par Marie Havard

Grâce à Marie Havard, le lecteur se glisse dans la peau d’un chat pour vivre cette nouvelle.. Une histoire prenante et touchante que j’ai particulièrement appréciée tant pour le contenu que pour l’écriture. La plume est riche et imagée, une très belle découverte.

Le dernier chant de Cindy par Vincent Ferrique

Faire la connaissance de Cindy peut être la dernière chose que vous ferez.. Cindy est une sociopathe dont le murmure peut être fatal, suivez là dans sa quête macabre. Une nouvelle un peu plus glauque mais captivante menée par une plume fluide, voir poétique.

Le numismate de Patrice Dumas

Une courte nouvelle dans le style fantastique que j’ai particulièrement aimé surtout pour sa fin. L’écriture est fluide et travaillée, l’histoire est prenante. C’est une très jolie découverte !

La dernière danse de Valéry Bonneau

Qu’il doit être difficile de ne pouvoir toucher les autres ou d’être touché.. C’est le handicap que vit Pépino, une vie de solitude s’offre à lui. Une nouvelle à l’histoire originale mais qui ne m’a pas vraiment convaincue. Malgré tout l’écriture est agréable.

Bal du 14 juillet de Zia Odet

Une nouvelle poignante que j’ai particulièrement aimé. Une écriture pleine d’émotion qui m’a fait vibrer. J’ai vraiment apprécié la plume de Zia Odet.

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Voilà ! Vous en savez un peu plus sur ce N° 6 de l’Indé Panda. Ce super magazine paraît, maintenant, tous les semestres alors rendez-vous est pris pour le prochain ! J’ai adoré l’idée de ce magasine, j’ai aimé les nouvelles, j’ai découvert de nouveaux auteurs, pour moi c’est un carton plein ! 
Et cerise sur le gâteau, ce magazine est entièrement gratuit alors précipitez-vous vite pour le télécharger et le lire.
Ma note : 10/10 !!   
Pour le télécharger et lui donner de la visiblité : Indé Panda via Amazon
Chronique Livresque·polar·Thriller

L’arménien : Nuits Nantaises par Carl Pineau

Fiche technique : 

Librinova – 330 pages – ebook ou broché – Thriller / Polar

Résumé : 

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ? Et qui était vraiment l’Arménien ? Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ? Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ? Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ? Rien de tout cela, bien plus encore ? De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie Carl Pineau de m’avoir permis de lire son roman en service presse via le site Simplement.Pro et pour sa gentillesse. 

Lorsque le corps calciné de Luc Kazian, dit l’Arménien, est découvert, de nombreuses questions se posent.. Qui ? Pourquoi ? Mais aussi qui était réellement Luc ? Des personnes qui le côtoyaient comme Bertrand, son ami coiffeur, ou Françoise, sa psychiatre, vont tous essayer de répondre à cette question et à toutes les autres.. Quant à l’inspecteur Greg Brandt celle qu’il se pose est : qui à tué l’Arménien ? 

Le début de ce livre en est aussi sa conclusion : Luc Kazian est retrouvé assassiné.. Et c’est en remontant le fil des souvenirs de ses proches que le lecteur va apprendre à le connaître et peut-être ainsi découvrir les raisons de son meurtre et son assassin. Carl Pineau écrit ici un premier roman que je qualifierais d’exceptionnel ! Dès les premières pages, l’action est lancée et ne s’arrêtera plus. L’auteur choisit de mettre en place une alternance narrative entre plusieurs personnages, une façon d’écrire que j’affectionne tout particulièrement et encore plus dans ce roman tant c’est bien mené. Le langage est approprié à chacun des narrateurs, la gouaille de Bertrand, le sérieux de Françoise de Juignain sont parfaitement rendus. 

Grâce aux souvenirs de Bertrand le lecteur réussit à démêler le fil du passé, à comprendre comment Luc en est arrivé à fréquenter ce monde de la nuit Nantaise où se croisent trafics en tous genres. Françoise, quant à elle, permet de découvrir un Luc plus sensible, marqué à tout jamais par l’assassinat sous ses yeux de ses parents. Et petit à petit le puzzle se reforme, oscillant entre passé et présent, jusqu’à former l’image finale de la mort du jeune homme. 

L’histoire, quant à elle, est vraiment prenante grâce à une plongée dans les années 80 mais également dans un monde sombre et glauque. Ces deux univers se percutent à travers des éléments qui sont distillés comme le sexe sans limite et sans protection, les cigarettes dans les bars ou discothèques.. L’auteur construit un milieu cru, noir où la violence, la drogue et l’alcool sont courants, sans limites.

Outre sa narration et son histoire parfaitement ficelée, le très gros plus de ce roman sont les personnages. En effet, Carl Pineau nous décrit ici une galerie de protagonistes dont la psychologie va s’étoffer au fil des pages. Je n’ai eu aucune difficulté à me les représenter, à les imaginer, les comprendre, parfois même à anticiper leurs réactions. L’auteur n’en laisse aucun sur le bord de la route, chacun trouve sa place et son caractère, son utilité à l’histoire. Le personnage de Luc est bien entendu le plus compliqué à cerner puisqu’on le découvre à travers les yeux des autres, selon leur attachement ou leur sensibilité on le verra de différentes façons. Pour ma part, j’avoue m’être vraiment attachée à lui comme si sa mort annoncée me donnait envie de le découvrir au maximum, d’en savoir toujours plus, comme si par cet attachement pouvoir m’étais donné de changer la fin de l’histoire. 

Comme je le disais, ce roman est le premier de Carl Pineau et j’ai été bluffée par tous ses aspects : la construction, les personnages mais également sa plume. Sa façon d’écrire m’a complètement immergée dans l’histoire, c’est fluide, cru, parfaitement maîtrisé, sans fioriture mais détaillé. En résumé, j’ai été totalement conquise par ce roman ! 

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Un roman bluffant tant par sa narration que par ses personnages et un auteur, Carl Pineau, que je vais suivre avec un énorme intérêt tant j’ai adoré plongé dans la vie (et la mort..) de l’Arménien et des Nuits Nantaises. 

Ma note : 9/10

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