Chronique Livresque·Horreur·nouvelle

Les enfants de Castlewood par Mickaël Druart

Fiche technique :

Autoédition – 54 pages – ebook ou broché – Nouvelle / Terreur

Résumé :

Cinquante ans après avoir été dévoré par les flammes, le château de l’orphelinat de Castlewood se voit restauré par les soins d’un riche inconnu. Mais tandis que sur le village pèse toujours l’ombre de la tragédie, six citoyens sont invités à partager un repas entre les murs de la lugubre bâtisse. Aucun, pourtant, ne doit sa présence au hasard. Car derrière les portes de l’orphelinat, dont les murs font encore résonner les rires cristallins de leurs victimes, se dissimule le secret bien gardé de la tragédie, et du lien qui l’unit aux six convives, et à leur hôte.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Mickaël Druart, l’auteur, pour sa confiance renouvelée et sa gentillesse. J’avais eu l’occasion de lire ses « Chroniques de la Faucheuse » que j’avais adoré et j’étais donc ravie de le retrouver cette fois ci pour une Nouvelle.

Comme je l’ai déjà dis, je suis de plus en plus fan de Nouvelles. Ce format me semblait auparavant trop court pour me permettre d’entrer pleinement dans l’histoire mais lorsque j’en lis une comme « Les enfants de Castlewood », je me dis que l’auteur peut parfaitement rendre un récit complet sous ce format.

Jonathan Miller et son fils Colin sont invités à dîner au château de Castlewood. Cet ancien orphelinat ayant brûlé il y a cinquante ans a été intégralement restauré par le nouveau riche propriétaire. Ils sont 6 convives et leurs présences n’est surement pas le fruit du hasard.

L’histoire est, dès le départ, bien posée et surtout captivante. J’ai eu envie de découvrir pourquoi ces 6 personnes en particulier étaient invitées et surtout comment elles allaient pouvoir se sortir de la situation (vous vous doutez bien sur que la-dite invitation n’est pas totalement innocente..). Au cours de la soirée, le lecteur apprendra le quotidien des orphelins et le sort qui leur était réservé mais il sera également fait le récit de la fameuse nuit de l’incendie, une nuit d’horreur.

Les personnages sont intéressants et bien construits bien que la nouvelle soit plutôt courte. On comprend parfaitement les raisons d’air de chacun, ses motivations passés et présentes.

Malgré la petite cinquantaine de pages, j’ai été complètement immergée dans cette histoire et la plume de l’auteur y est pour beaucoup. Mickaël Druart arrive à rendre en quelques mots l’ambiance glauque et angoissante qui règne dans ce village et à Castlewood en particulier. J’avais déjà beaucoup aimé sa façon d’écrire dans les Chroniques de la Faucheuse et ce sentiment se confirme grâce à cette Nouvelle. L’auteur n’a pas besoin de longues descriptions pour nous plonger dans son récit, il sait utiliser les mots et surtout les bons mots.

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Une excellente nouvelle qui nous fait pénétrer les secrets sombres, effrayants et angoissants de Castlewood…

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·humour·Littérature

Mon été avec Lucifer par Edith Couture Saint-André 

Fiche technique :

Autoédition – 356 pages -ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Il y a trois types de journées : celles où il ne se passe rien, au point où on se demande pourquoi on s’est donné la peine de sortir du lit ; celles qui sont encombrées de complications, dont le seul but est de vous empoisonner l’existence, et puis, il y a celles où un seul événement peut faire basculer votre vie. Aujourd’hui est une journée du troisième type : spectaculaire, inattendue, aux répercussions déterminantes pour moi, pour mes amis, pour mes ennemis. Surtout pour mes ennemis. Lucifer, le saviez-vous ? est une flamboyante rouquine, belle comme une madone botticellienne et gaulée comme une danseuse du Crazy Horse. Aujourd’hui, juchée sur des stilettos vertigineux et moulée dans les cuirs noirs d’un ensemble pantalon-bustier, cette madone sulfureuse me promet la jeunesse éternelle. Que feriez-vous à ma place ? Ce récit, drôle, enlevé et pétillant, est l’histoire de Mathilde, une Québécoise baby-boomer de 60 ans à qui la science et la médecine ont promis, comme à tous les baby-boomers, une santé indéfectible et la jeunesse éternelle, voire : l’immortalité. De toute évidence, la promesse n’a été que partiellement tenue. Mathilde décide de s’adresser à quelqu’un qui a la réputation de tenir ses promesses : Lucifer. Alias Lucy Fériale. Lulu pour les intimes. Lucy est d’accord pour un pacte. Bien naturellement. Mais, en tant que femme d’affaires avisée, patronne d’une Business Unit, elle pose une condition : récupérer des âmes. Normal, c’est dans son job description. Au début, Mathilde a des sursauts de conscience. Ça la chiffonne cette histoire de morts. Elle rechigne. Mais lorsqu’elle voit le résultat : passer de 60 à 45 ans en moins d’une semaine, avec son énergie toute requinquée, sa vitalité qui casse la baraque et une peau de pêche, elle en redemande, établit une liste, donne des noms à Lucifer.

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Mon avis :

J’ai découvert le personnage de Lucy Fériale lors des sélections pour le Prix des Auteurs Inconnus. En effet, le tome 2 était en lice et je l’avais retenu dans mes 10 préférés. Le roman n’ayant pas passé la sélection, je l’ai choisis comme « coup de cœur » , une lecture bonus à vous faire découvrir en marge du prix. L’auteure a eu la gentillesse de me faire parvenir le tome 1 en service presse (autant commencer par le début, un grand merci !!) et c’est comme ça que j’ai fait la connaissance de Mathilde et son amie Lucifer..

Qui ne craint pas la vieillesse et ses conséquences ? Certainement pas Mathilde.. la soixantaine active, elle sent poindre les changements dus à son âge mais elle l’accepte relativement bien. Mieux que son amie Sandy en tout cas qui, elle, ne jure que par le Botox et la chirurgie esthétique ! Jusqu’au jour où elle fait connaissance avec Lucy Fériale alias Lucifer, visiblement Mathilde l’aurait appelé sans même s’en rendre compte. Un pacte est conclu : Mathilde va rajeunir mais d’autres vont mourir.. A elle de fournir la liste !

Je n’avais lu que 10 pages du tome 2 et j’avoue que j’avais beaucoup ri. C’est donc avec joie que j’ai retrouvé Lucy Fériale : petite nana d’1m50, rouquine pétillante, pailletée, tout en cuir ou en rose selon son humeur.. Lucifer comme vous ne l’avez jamais imaginé ! (et moi non plus mais j’adore l’idée !). Et Lulu sait se rendre indispensable parce que Mathilde va vite prendre goût au rajeunissement, ce qui veut dire que ses ex vont tomber comme des mouches.

L’auteur choisit un thème universel et pas forcément drôle pour écrire une comédie vraiment surprenante et amusante. L’histoire est sympathique et touchera forcément le lecteur. En effet, le vieillissement tout le monde y passe et pas toujours avec le sourire.. Mais à travers ses personnages Edith Couture Saint-André nous fait non seulement rire et passer un bon moment mais également réfléchir. Il faut dire que les personnages sont le point fort de ce roman..

En tête de liste (et ma chouchou !) Lucy Fériale bien sur ! Lucy et son look, Lucy et sa façon de raconter (l’origine, l’Un, Noé, le Patron.. entre autres !), Lucy et son langage.. Allez un petit cadeau, tiré du roman, ici elle parle des conséquences de la mise à la porte d’Adam et Eve par le Big Boss : 

« Un bordel sans nom ! J’avais prévenu le Patron pourtant. Je lui avais dit que de leur laisser le libre arbitre était une connerie… »

N’est-elle pas savoureuse ?? J’ai également beaucoup aimé Mathilde qui est attachante, drôle et a la répartie bien sentie. J’ai aimé sa psychologie fine et bien travaillée mais aussi sa personnalité. L’auteure a su lui donner de la profondeur à travers les anecdotes sur sa vie, son entourage, ses pensées. J’ai adoré ses dialogues avec Lucifer, leurs échanges, leurs discussions sur la religion, elles remettent les choses en perspectives. Elle m’a fait l’impression d’une Bridget Jones sexagénaire entourée d’un groupe d’amis plutôt éclectique où l’on retrouve Philippe par exemple. Ce dernier m’a touchée de par son histoire personnelle même si elle n’est pas très développée dans le roman.

Cette histoire est fraîche, un peu déjantée, drôle, addictive et j’ai passé un excellent moment avec Lucy, Mathilde, Sandy et tous les autres. Edith Couture Saint-André a su créer une ambiance vraiment plaisante et j’ai eu l’impression de me balader dans les rues de Montréal avec les protagonistes. Elle écrit d’une plume fluide et légère, très imagée malgré quelques longueurs. C’est plein d’humour, de bon sens et d’idées farfelues : tout ce que j’aime ! Edith étant canadienne certaines expressions m’étaient inconnues mais j’ai beaucoup aimé ce dépaysement. La fin m’a surprise et beaucoup plu car elle laisse ouvert le champs des possibles.. Vivement la suite ! Je vous en parle sans doute bientôt…

Conclusion

Un lecture non seulement amusante mais qui donne à réfléchir.. Accepteriez de tuer (même par procuration..) afin de rester jeune ? Qui sacrifieriez vous ? Commencez à réfléchir, on ne sait jamais peut être que Lucy et son t-shirt à paillettes se baladent pas très loin et entendront votre appel…

Ma note : 8/10

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Chronique Livresque·Drame

Les larmes de Potap par Nadège Mazery

Fiche technique :

Autoédition – 333 pages – ebook ou broché – Roman noir / Drame

Résumé :

Je m’appelle Potap. Potap Kerenski pour être précis. Je suis né à Tcheboksary, en Tchouvachie, sur les bords de la Volga, à 600 km à l’est de Moscou. Aujourd’hui, entouré de ma famille et de mes rares amis, je célèbre mes 18 ans. Un âge où, juridiquement, je deviens pleinement responsable de mes actes. Quels qu’ils soient. Pour ma part, j’assume totalement les miens. En conséquence, n’en déplaise à mon frère, ceci est mon dernier anniversaire.

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Mon avis :

Avant tout, je remercie chaleureusement Nadège Mazery pour l’envoi de ce service presse.

Comment sait-on qu’un livre est un coup de cœur ? Pour ma part, il faut que plusieurs points soient réunis : que la lecture m’ait tellement captivée que j’en oublie tout ce qui m’entoure (et avec 2 enfants c’est loin d’être gagné..), que la lecture m’ait tellement captivée que j’en oublie de dormir (je vous épargne une photo de ma tête ce matin..) et enfin que la lecture m’ait tellement captivée que les personnages et leur histoire restent dans ma mémoire pour longtemps.. Et là, je dois dire que « Les larmes de Potap » réunit non seulement toutes ces conditions mais en a ajouté bien d’autres…

Dès les premières pages, j’ai été fascinée par cette histoire.. Potap fête ses 18 ans mais lorsqu’il annonce au lecteur que cet anniversaire est le dernier il y a de quoi soulever bon nombre d’interrogations : est-il malade ? est-il suicidaire ? est-il voyant ? Bref, il me fallait savoir pourquoi.. Et le pourquoi arrive très vite.. Potap se drogue, il prend du Krokodil, une drogue maison qui fait des ravages en Russie. Cette histoire est la sienne, la leur, celle de tous ces jeunes qui pour oublier un peu leurs problèmes ou leurs souffrances plongent dans cet enfer sans grand espoir de retour..

Potap n’est pas heureux dans sa Tchouvachie natale : il fait froid, il s’ennuie, ses études ne le passionnent pas, l’avenir s’annonce sombre. Alors Potap et ses deux amis Chadek et Ivan se sont lancés dans la cuisine maison : ils fabriquent leur propre drogue, du Krokodil, bien moins onéreuse que les drogues « traditionnelles » mais beaucoup plus destructrice. Maksimiliam, demi-frère ainé de Potap, va s’apercevoir de la déchéance du jeune homme et va essayer de le sortir de cette situation. Ses méthodes sont fortes, violentes, bouleversantes.. Il va être épaulé par leur dedouchka, leur grand-père, Luka qui aime ses petits enfants et qui malgré la misère ambiante ne veut que leur bonheur et en particulier celui de Potap.  Entre désintoxication et conséquences dues au Krokodil, commence alors une longue traversée du désert pour le jeune drogué qui va devoir décider si oui ou non la vie vaut la peine d’être vécue.

Ce roman m’a non seulement passionnée mais également beaucoup touchée. En effet, l’auteure nous décrit parfaitement les tourments dus à la consommation de Krokodil mais également ceux de la jeunesse russe vivant loin de la capitale avec peu de moyens. Elle nous plonge dans la neige et le froid, dans l’ennui et le manque de repères mais aussi dans l’amitié et l’amour grâce à une galerie de personnages tous plus attachants et émouvants les uns que les autres. Potap tout d’abord qui n’attend plus rien de la vie à 18 ans à peine. J’ai ressenti chaque larme versée par le jeune homme comme un coup de poignard.. n’avoir aucun rêve, aucun espoir à son âge c’est si triste. Maksimiliam m’a également frappée au cœur (heureusement ce n’est pas une des nombreuses gifles qu’il distribue si facilement..) car il va faire tout son possible pour aider ce petit frère qu’il connaît si peu. Il m’a fait rire et sourire, je l’ai détesté par moment mais à aucun moment je n’ai douté de ses sentiments envers Potap. Luka, leur dedouchka, Ivan, Chadek, Vassili, Tomas, Synthia, Anna, chaque personnage a laissé une trace et je garderais longtemps le souvenir de leur courage, de leur peine, de leur sourire comme un instantané volé où l’espoir peine à trouver sa place tant les obstacles sont grands.

Je disais que ce roman avait ajouté des conditions à ma liste d’entrée pour les coups de cœur, la prise de conscience de notre environnement étant l’un d’eux pour ce livre (et pourtant je ne suis pas naïve..). Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai fait des recherches via le net. En effet, je voulais savoir si c’était totalement romancé ou si une part de vérité se cachait dans cette histoire. Il s’avère que cette drogue existe belle et bien et qu’effectivement ses ravages sont monstrueux, j’en ai eu les larmes aux yeux de voir ces photos. Les nombreuses explications historiques et géopolitiques placées dans le texte sont également vraies et m’ont permis de m’interroger sur ce grand pays qu’est la Russie. Je m’aperçois que peu de mes lectures m’entraînent vers cette région et je pense y remédier rapidement.  

L’auteure, Nadège Mazery m’a donc émue, bouleversée, j’ai adoré la lire tout en pleurant à chaudes larmes. Je la découvrais à travers ce récit et j’ai vraiment aimé son style direct, sa plume fluide, l’espoir qu’elle insuffle, l’amour qu’elle distille au fil des pages sans se voiler la face sur le monde qui nous entoure. J’ai aimé en apprendre plus sur la Russie et son histoire, sur les traditions orthodoxes comme ça, mine de rien, au détour d’une conversation entre les deux frères ou un enterrement..  Je vais la suivre, la lire et surtout la remercier pour ce magnifique coup de cœur qu’elle vient de m’offrir..

Je finirais en citant Potap :

« Il me faudra plus de 48 heures pour trouver une idée car en 18 ans je n’en ai jamais eu »

et enfin Maksimiliam à travers les mots empruntés à Nicolas Berdiaev (philosophe russe) :

« La liberté n’est pas un droit mais une obligation. »

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Une lecture poignante mais également instructive, des héros qui vont vivre dans mes pensées pendant longtemps.. Un coup de cœur pour ce roman où l’amour et plus particulièrement l’amour fraternel est au cœur de tout.

Ma note : 10/10

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Chronique Livresque·polar·Romance

Chicago Requiem par Carine Foulon

Fiche technique :

Autoédition – 388 pages – ebook ou broché – Roman historique

Résumé :

Chicago, années folles… Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient. William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition. La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone. Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

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Mon avis :

Avant tout, je tiens à remercier l’auteure, Carine Foulon, de m’avoir permis de lire son roman en service presse ainsi que pour sa gentillesse.

Chicago Requiem fait parti de ces romans qu’il me tardait de lire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que l’auteure fait un très beau travail de communication autour de son livre et qu’en général cela pique ma curiosité. Ensuite, la couverture évidemment m’a attiré l’œil et enfin le résumé et plus particulièrement l’époque abordée. J’adore tout ce qui concerne les années 1920 et plus particulièrement aux Etats-Unis : les gangsters, la prohibition…

La famille Henderson est riche et influente dans le Chicago des années 20. William souhaite aider son épouse Susan à relancer sa carrière d’actrice, il va donc lui offrir un théâtre. Malheureusement l’argent n’achète pas tout et surement pas le bonheur, le jeune couple va se retrouver confronté à des tourments qui pourraient tout remettre en question. Dans un monde où la mafia règne, les pires ennemis ne sont pas forcément ceux qui sont les plus éloignés..

J’ai donc plongé dans l’univers de la famille Henderson avec une légère appréhension car contrairement à mes habitudes j’avais lu des critiques sur ce roman avant de l’entamer. J’avais surtout retenu qu’il était un peu « hors genre » alors je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Eh bien, pour le coup, je suis tout à fait d’accord ! Hors-genre, hors-catégorie, inclassable, une sorte d’OVNI livresque.. Carine Foulon nous fait naviguer entre la romance, le polar, le roman historique avec beaucoup de doigté mais pour ma part, j’y ai surtout vu une sorte de pièce de théâtre. En effet, chaque chapitre correspond à un lieu, des personnages, une date, le lecteur assiste à certains faits, en découvre d’autres à travers les dialogues des personnages. L’auteure intègre également de nombreux flash-backs afin de mieux comprendre ou appréhender certains points de l’histoire.

L’histoire, quant à elle, est prenante et va crescendo. Une première partie qui ressemble à une simple chronique familiale entre le couple Susan et William, leurs amis, leurs cousins. On les suit dans leurs vies de famille avec leurs espoirs et leurs déboires. Cette partie est plutôt lente, elle pose les bases. Puis cela va se transformer au fil des pages en quelque chose de plus noir, de sombre comme une lente descente aux enfers. Et là commence la seconde partie, qui nous entraîne pour de bon dans le Chicago corrompu, dur, où il vaut mieux ne rien voir et ne rien entendre. Carine Foulon ne rechigne pas à maltraiter ses personnages, elle n’a aucun scrupule à les faire souffrir et personnellement j’adore ça. Elle a également intégré à son histoire de très nombreuses références historiques avec par exemple des allusions faites à Al Capone. On sent le très gros travail de recherches fait par l’auteure afin de coller au maximum à la réalité de cette époque. J’ai trouvé que cette histoire était crédible au vu de l’ambiance un peu comme si l’on lisait une histoire tirée de faits réels. Tout y est pour que le lecteur plonge dans l’ambiance de l’époque : les mafieux, la prohibition, les maisons closes même si parfois les choses sont plus suggérées que décrites.

Les personnages sont exceptionnels ! Je vous disais que Carine Foulon les maltraitait.. C’est peu de le dire ! Mon goût pour les méchants m’aura fait adorer le personnage de Meredith, la sœur de William. Elle est égocentrique, cruelle, perverse, manipulatrice, retorse, bref une méchante comme je les aime.. Evidemment Susan peut paraître bien pâle à côté de sa belle sœur mais en fait pas du tout.. Elle a une dimension et un rayonnement qui font d’elle une sorte d’héroïne ou une actrice tragique. William, le héros masculin, quant à lui m’a laissé plus perplexe. Il semble faible, sans force de caractère, prêt à sombrer puis la minute suivante il montre une fermeté et une ténacité à tout épreuve. C’est un personnage qui interpelle et laisse une trace lorsque la lecture est finie, ce qui n’est pas toujours le cas.. Carine Foulon a créé des personnages vraiment marquants et surtout à la psychologie remarquable. Pas un seul protagoniste ne m’a semblé stéréotypé, ils sont fins, crédibles, pas parfaits et tellement humains !

J’ai découvert grâce à « Chicago Requiem » la plume de Carine Foulon et j’en suis absolument ravie ! Son écriture est non seulement fluide et agréable mais elle est rigoureuse, pointue, imagée.. Je n’ai pas eu besoin de longues descriptions pour imaginer les personnages, leur environnement. Cela m’a particulièrement frappé concernant (et c’est là que ressort mon amour de cette période) la garde robe de Meredith. Carine décrit à chaque fois ses robes, coiffures avec juste quelques mots mais il ne m’en fallait pas plus  pour la voir apparaître devant mes yeux. C’est également le cas pour tout le roman que cela touche aux mœurs, aux décors tout est dépeint justement sans que le texte ne soit surchargé. Justesse et précision décrivent très bien sa façon d’écrire et je vais la suivre avec beaucoup d’intérêt !

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Une très belle lecture qui nous plonge au cœur des années 20 entre folie, vengeance et amour la famille Henderson n’est pas au bout de ses peines. Le premier tome d’une saga familiale captivante et addictive.  

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·suspense·Thriller

Les Pantins marionnettistes, Tome 2 : L’Île du ouï-dire par Samantha Cortenbach

Fiche technique :

Autoédition – 462 pages – ebook ou broché – Suspense / Thriller

Résumé :

Deuxième et dernier volume des Pantins Marionnettistes, le diptyque grand-guignolesque d’une vendetta de masse.

Braham, 1939.

Après le drame du château des Roches, Christian s’est réfugié sur l’île de Braham. Il y retrouve une flopée d’anciens ennemis, réunis là-bas pour refonder la congrégation. En quête de vengeance, il s’entoure d’un groupe d’alliés aux multiples compétences : la communauté. Mais l’imminence de la guerre précipite le départ de leurs ennemis. Pour les retenir de force, ils établissent un plan redoutable, visant à isoler l’île du reste du monde. Par un jeu de manipulation des masses et de falsification de l’information, la communauté grandira jusqu’à s’étendre à l’île entière, pour la plonger dans une psychose collective, qui finira par gagner ses instigateurs…

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Samantha Cortenbach de m’avoir permis de lire la suite de son diptyque en service presse et pour sa gentillesse.

La lecture du Tome 1 avait été pour moi une très belle découverte et j’avais donc hâte d’en apprendre plus sur la fameuse île de Braham et surtout d’en savoir plus sur Christian Hann et consorts.

Dès les premières lignes, j’ai de nouveau plongé dans cette ambiance un peu glauque, un peu effrayante qu’est le monde de Christian Hann et, pourtant, j’ai été heureuse de le retrouver !  

On retrouve donc Christian Hann qui vit sur l’île de Braham, loin de l’ambiance du château des Roches mais où il va croiser la route d’autres protagonistes de cette partie de son existence. En effet, d’anciens membres de la Grailleacht, qui ont quitté l’organisation, ont également trouvé refuge sur cette île et il n’en fallait pas plus pour réveiller les envies de vengeance de Christian, faire que le monstre tapi en lui laisse exploser sa haine.

Ce tome 2 est tout aussi captivant que le premier et j’avoue même une préférence pour celui-ci qui m’a plus donné le sentiment de lire un thriller.. La violence y est toujours présente, la soif de sang et de douleur également. On y retrouve tous les ingrédients qui m’avaient plu dans le premier opus mais avec un petit côté plus « calme » (si j’ose dire..). On continue la découverte du passé de Christian initiée lors du tome 1 par Andrea et ainsi comprendre comment il a pu devenir ce tueur froid et sanguinaire. Il va ici, grâce à son charisme et son machiavélisme, réussir à manipuler les foules, à isoler une île complète ainsi que ses habitants et à leur faire croire que c’est pour leur bien. L’histoire est complexe dans son développement mais vraiment prenante et bien ficelée et j’avoue avoir eu du mal à lâcher le livre avant la fin (et pourtant c’est un bon pavé déjà !). J’ai adoré suivre la capacité de manipulations des uns et des autres, leurs excès, les extrêmes auxquels ils ne vont pas hésiter à aller entraînés par la haine, la vengeance et la folie.

Outre l’histoire, les personnages sont vraiment exceptionnels. Samantha Cortenbach leur insuffle une profondeur et une finesse de caractère que j’ai particulièrement apprécié. Le personnage de Christian Hann est marquant, dérangeant, attachant. Il est violent mais je n’ai pas réussi à lui en tenir rigueur, allez savoir le pourquoi du comment.. J’ai aussi un petit faible pour Sarah qui frôle la folie (ou la dépasse allégrement selon les cas) et pour les jumeaux Noah et Adam qui sont tantôt attachants tantôt un peu flippants.. Bref, tous les personnages m’ont marqué aussi bien les principaux que les secondaires qui sont également très bien travaillés.

Ce diptyque est une très belle découverte tout comme la plume de son auteure, Samantha Cortenbach. Elle fait preuve d’une imagination incroyable (et effrayante !!!) mais j’ai vraiment adhéré à l’histoire, à  son écriture riche et subtile et à la façon dont tout est mené. Je vais suivre Samantha avec beaucoup d’intérêt surtout si tous ses futurs romans sont de la même veine que cette série.   

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Un tome 2 qui complète parfaitement le diptyque entre haine et violence, Christian saura – t- il trouver la force d’oublier son passé pour mener une vie ordinaire..

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Littérature

Les gens c’est pire que des personnes par Tristana Erato

Fiche technique : 

Autoédition – 218 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé : 

Parfois, il s’agit de peu de choses pour que des personnes se rencontrent. Il faut souvent du temps, plusieurs essais et un peu de chance… ou de malchance. L’histoire se situe tout près de la Citadelle de Lille. Quatre personnes se rencontrent, ils sont voisins et vont devoir apprendre à se connaître pour s’entraider. Entre Huguette qui perd la tête, Matthieu un peu boulet, Axelle l’insoumise et Mathilde la rigide, une amitié va se construire… autour d’un meurtre.

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Un grand merci à l’auteure, Tristana Erato, de m’avoir permis de lire son roman en service presse via le site Simplement.pro et pour sa confiance. 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce livre, surtout que le résumé est plutôt énigmatique et intriguant.. La description des 4 personnages fait que l’on se demande comment ils vont pouvoir vraiment s’entendre et la raison de leur amitié.. un meurtre ? J’étais ferrée… 

Tristana Erato nous plonge directement dans le vif du sujet ou plutôt directement dans la tête de ses héros.. En effet, chacun va prendre la parole à tour de rôle pour nous dévoiler ses pensées. On fait donc la connaissance d’Huguette, une vieille dame et Tommy son chien, de Matthieu un sportif qui aime qu’on le regarde mais apparemment un peu timide, d’Axelle, une jeune femme active qui part faire son jogging et de Mathilde, maman de jumeaux, qui a l’air affairée et pas très aidée. Le décor s’installe… Puis les choses s’accélèrent : une agression, l’un défend l’autre, l’une a tout vu, l’autre veut aider et voilà nos 4 protagonistes liés par un terrible secret : un cadavre les attend sous une bâche dans le jardin d’Huguette ! Comment vont-ils s’en défaire et surtout peuvent-ils se faire confiance ? 

Autant j’ai trouvé plutôt déstabilisante la lecture au départ (pas de descriptions, pas d’explications..), autant je ne l’aurais finalement pas voulue différente ! C’est très original cette façon de passer de l’un à l’autre, de suivre le cheminement de leurs pensées, leurs idées mais également leurs échanges, leurs conversations. On voit les liens se nouer, les affinités se tisser, on sent les sentiments émerger doucement : l’amour, l’amitié, la solidarité, l’attachement.. et finalement le lecteur n’est pas perdu une seconde.

L’histoire est vraiment très bien trouvée et on suit avec beaucoup de tendresse cette amitié qui se forme entre les héros même si celle-ci repose finalement sur un acte horrible qu’est le meurtre. Ils vont s’unir face à l’adversité et chacun va trouver sa place au sein de cette famille aussi bizarre qu’attachante. Ils vont également gérer leur quotidien où l’entraide est désormais possible. Axelle et ses problèmes professionnels, Matthieu et sa trop grande gentillesse, Mathilde et ses problèmes de couple ou Huguette et sa maladie d’Alzheimer.. chacun va retrouver un nouveau souffle grâce aux autres. 

Les personnages sont tous les 4 vraiment attachants, tendres, drôles, vrais, justes.. Ils peuvent nous rappeler un membre de notre entourage sans aucun problème. Leurs histoires personnelles sont suffisamment développées pour qu’on puisse les imaginer autrement que faisant parti de ce groupe. Mais à ces 4 fantastiques vont s’ajouter d’autres personnages que j’ai beaucoup aimé, je pense notamment aux jumeaux Tom et Lucas, deux petits bonhommes attendrissants. 

Ce roman est le premier écrit par Tristana Erato, une jeune auteure à l’imagination plutôt fertile (je ne vous dévoile pas ce que devient le corps…). J’ai trouvé que pour une première, l’ensemble est une jolie réussite malgré quelques coquilles. Elle réussit à donner à chaque personnage un ton juste que j’ai particulièrement apprécié. Son écriture est fluide et douce, très agréable à lire. Je ne peux que noter Tristana sur ma liste des auteurs à suivre car elle a un incontestable talent et j’ai tellement aimé « Les gens, c’est pire que des personnes » que je lirais ses livres suivants, c’est certain ! 

Conclusion

Bien que réunis autour d’un meurtre, les 4 personnages principaux de ce roman sont tellement attachants qu’on ne peut que les aimer.. Un roman qui parle de sentiments, de l’entraide, de la confiance.. de la vie ! 

Ma note : 8/10

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Chronique Livresque·fantastique·Non classé·nouvelle

Des aventures hors du commun par Yannick Giammona 

Fiche technique :

Autoédition – 184 pages – ebook ou broché – Fantastique / Nouvelles

Résumé :

Zoé a huit ans. Elle possède un don. Elle doit apprendre à le gérer. Surtout quand les milliers de voix qu’elle entend se mélangent dans sa tête. Heureusement, Tom va l’aider à enfermer toutes ces voix et à vivre avec ce don.

Diana et Jonathan sont étudiants à Paris. Ils vivent ensemble en appartement. Ils vont apprendre, à leurs dépens, que le miroir qui est dans leur chambre est un objet maléfique…

Pierre est instituteur en Normandie. Sans le savoir, il a des voisines étranges. En effet, sa curiosité va le mener à voir ses deux vieilles dames faire des allées et venues incessantes entre leur cave et leur voiture. Et la curiosité est un bien vilain défaut !

Retrouvez à travers trois nouvelles des aventures hors du commun, où rien ne présage à l’avance ce qu’il va arriver à des personnages qui sont au départ des plus ordinaires.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement l’auteur, Yannick Giammona, de m’avoir proposé de lire son recueil de nouvelles en service presse.

Ce livre regroupe trois nouvelles, toutes totalement indépendantes et très différentes les unes des autres. Au vu du titre et de la couverture, j’avais hâte de découvrir si ces trois histoires étaient vraiment hors du commun..

La première nouvelle nous raconte l’histoire de Zoé, 8 ans, qui a un don très particulier. La petite fille entend les pensées des gens qui l’entoure. Une particularité qui peut sembler être super cool à première vue mais qui se transforme petit à petit en cauchemar. Jusqu’à l’arrivée de Tom qui va guider Zoé dans son apprentissage pour vivre avec ce don.  Zoé est la narratrice de cette nouvelle et ça se ressent dans la façon d’écrire de l’auteur. Son vocabulaire et ses réactions sont, en général, digne d’une enfant de cet âge même si parfois le langage est un peu trop soutenu à mon goût. Cette histoire est plaisante et bien ficelée.

La seconde nouvelle parle d’un jeune couple Diana et Jonathan, et de leur miroir. Diana aime à s’observer très souvent dans cet objet quotidien mais chez eux il va vite s’avérer beaucoup moins banal que chez d’autres personnes. J’ai eu un peu plus de mal avec cette histoire qui est, pour moi, moins ancrée dans le réel que les autres, j’ai donc eu plus de mal à m’identifier aux personnages. Et j’avoue que Diana m’a souvent agacée au fil de l’histoire.. Mais l »idée de base est bonne et plaira aux fans de science-fiction.

La troisième et dernière histoire concerne Pierre, un instituteur en vacances, qui va apprendre à ses dépends que la curiosité n’est pas toujours sans conséquence. Peut-être n’aurait-il pas dû s’intéresser aux va et vient de ses voisines, deux petites vieilles charmantes mais aux occupations un peu bizarres. C’est, des trois, ma nouvelle préférée, car le style est plus horreur/thriller malgré quelques points qui m’ont laissé perplexe. En tout cas après avoir lu cette nouvelle vous ne tenterez plus d’aller voir ce qu’il se passe chez vos voisins !   

Yannick Giammona nous fait découvrir ici des situations surprenantes, des aventures hors du commun qui arrivent à des personnes tout à fait communes. Une enfant, des étudiants, un instituteur, cela aurait pu être n’importe qui.. J’ai aimé la façon dont l’auteur amène ces situations, nous les décrit, chacune dans un style de narration différent. Malgré quelques faiblesses, ce recueil de nouvelles permet de se rendre compte du potentiel de l’auteur autant en imagination qu’en écriture. Je suis certaine que Yannick Giammona n’a pas finit de nous surprendre avec de futures histoires plus étonnantes les unes que les autres.

Conclusion

Un recueil de nouvelles agréable à lire avec des histoires surprenantes et peu communes. Des débuts prometteurs pour ce jeune auteur que je vais suivre avec beaucoup d’intérêt.

Ma note : 6.5/10

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Chronique Livresque·Littérature

Liberté je dessine ton visage par Olivier Tarassot

Fiche technique :

Autoédition – 392 pages – ebook ou broché – Littérature contemporaine

Résumé :

Charlie est journaliste, en reportage au cœur de la Syrie. Julie, sa compagne, est urgentiste à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Leur destin bascule quand Charlie est enlevé par l’ État Islamique. De Paris à Alep, en passant par la Turquie, des vies se croisent, se bousculent, s’abîment et ricochent comme autant d’existences projetées dans le fracas d’un monde où des hommes et des femmes ordinaires deviennent les résistants de la Liberté.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Olivier Tarassot, l’auteur, de m’avoir confié son roman en service presse et pour sa gentillesse.

Charlie et Pablo sont journalistes de guerre, ils ont été enlevés et sont maintenus en captivité en Syrie. Julie est la compagne de Charlie. Elle est urgentiste et essaye de vivre malgré la douleur de son absence. Leur histoire mais aussi les histoires d’autres personnages vont se télescoper, se croiser, entre Paris et Alep, entre Raqqa et la Turquie où chacun devient un résistant de la Liberté.

Je dois avouer que j’avais une certaine appréhension à débuter ce roman, le sujet étant terriblement actuel et souvent douloureux j’avais un peu peur de la façon dont l’auteur allait le traiter. Et c’est non seulement une magnifique découverte mais également un roman qui va laisser des traces pendant longtemps.

Ici, se croisent quatre personnages principaux : Charlie et Julie bien sur mais également Lola et Simon. Lola est une jeune femme qui suit un homme par amour, qui va embrasser sa religion, sa pensée. Simon est son père, il refuse d’admettre que sa fille est perdue et qu’il ne la reverra plus jamais vivante. Il va tenter de se battre pour la récupérer. Ces quatre personnages ont un point commun : la folie humaine. Ils sont prit dans le tourbillon qu’engendre la guerre, la peur, la mort, l’intolérance, le fanatisme. Mais à ces personnages s’ajoutent d’autres protagonistes.. Parfois éphémères, ils sont tous d’une importance capitale dans l’histoire comme chacun l’est dans la vie. Qu’ils soient bons ou mauvais, qu’ils soient croyants, athées, fanatiques, ils font vivre ce roman, lui donne vie et surtout nous font réfléchir. Je pense notamment à Pablo ou Salahudine, à l’urgentiste du SMUR ou à la maman de Lola.

C’est un texte très puissant et très bien écrit que nous livre ici Olivier Tarassot. Chaque personnage prend la parole à son tour pour nous faire vivre son quotidien mais aussi, et surtout pour nous livrer ses pensées, et il n’est pas toujours simple de se retrouver dans la tête de quelqu’un qui souffre. Chaque chapitre est une sorte d’introspection où chacun va essayer de comprendre ce qui lui arrive, de décortiquer sa vie mais c’est également un partage avec les absents, un dialogue à sens unique qui leur permet de garder la tête hors de l’eau.

Le thème n’est pas facile à traiter mais Olivier Tarassot s’en sort de façon magistrale. Il ne juge pas, ne condamne pas, il explique. A travers Charlie, le lecteur va tenter de comprendre les raisons de cette guerre, faire connaissance avec des acteurs de ce fanatisme, de cette folie destructrice mais il va également découvrir certains aspect de notre République. Avec Julie, c’est l’amour qui est mit à l’honneur, l’amour pour un homme, l’amour qui embellit mais peut aussi détruire, l’attente qui parfois grignote de l’intérieur, fait douter. Lola, quant à elle, va permettre de s’apercevoir de la fragilité de la jeunesse actuelle, la facilité avec laquelle elle est appâtée, embrigadée  mais aussi l’influence des réseaux sociaux, leur poids dans le recrutement. Et enfin, Simon qui lui nous montre que la révolte est possible, que l’acceptation n’est pas une fatalité et que l’amour peut parfois donner des ailes. Enfin, et surtout le personnage principal de ce roman est la Liberté. Une Liberté chérie, aimée, désirée, espérée.. Liberté est l’espoir de voir renaître un monde tolérant et humain.

La plume d’Olivier Tarassot est non seulement fluide mais également poétique et sans concession. Le travail de recherche, les informations livrées sont d’une grande qualité et donnent un ancrage impressionnant dans le réel. Mais ce que j’ai préféré dans son écriture est cette façon d’effleurer les sentiments, j’ai ressenti beaucoup de pudeur dans la façon dont l’auteur nous livre ses personnages même si tout est clair et bien décrit. Leur psychologie est très bien travaillée, dosée sans être poussée dans le voyeurisme ou la caricature. Et comme on est entre nous, je peux vous l’avouer : lire en pleurant ce n’est vraiment pas évident. J’ai eu une boule dans la gorge pendant de longues pages jusqu’à ce que les vannes lâchent et que je partage totalement les sentiments de chacun de ces personnages..

conclusion

Un texte fort et puissant qui m’a profondément touchée. Des personnages qui au fil des pages entrent dans nos vies pour ne plus la quitter.. Et surtout un livre au goût de Liberté..

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·Thriller

Les pantins marionnettistes, tome 1 : Le château des brasseurs d’air par Samantha Cortenbach

Fiche technique :

Autoédition – 443 pages – ebook ou broché – Thriller psychologique

Résumé : 

Paris, 1952. Prise au piège par Christian Hann, un essayiste reconnu, père de famille et meurtrier en série à ses heures perdues, Andrea se voit proposer un jeu : celui de partager sa vie, d’assister à ses crimes et d’en débusquer la finalité. Suite à un massacre qui tourne en leur défaveur, elle est séparée de lui, mais le jeu continue.

Sur les traces de Christian, elle découvre Braham, une île anglo-normande à l’écart du monde, livrée à la folie de ses habitants. Secouée par les guerres intestines et les miliciens qui en arpentent les galeries souterraines, elle a perdu tout contact avec la réalité, au point de disparaître des cartes officielles. Elle n’a plus rien de l’île qui, à peine quelques années plus tôt, était aussi prospère que Jersey…

Commence alors une longue quête de vérité remontant aux sources de la perdition de Braham, dans l’ombre de la forêt d’Amboise, sous le dôme de verre du château Des Roches où Christian a passé sa jeunesse. Une adolescence marquée par les atrocités d’une secte d’élite, et par sa relation ambiguë et destructrice avec son chef spirituel…

Quel événement central au château Des Roches a planté les jalons d’un tel chaos ? Comment s’est-il propagé vingt ans plus tard sur l’île de Braham ? Comment un seul homme a-t-il pu plonger une île de près de cinquante mille habitants dans la démence ?

Les Pantins Marionnettistes est un thriller psychologique en deux volumes sur le thème de la manipulation des masses, porté d’un bout à l’autre par des personnages hauts en couleurs. De l’homme de lettres assassin à l’aristocrate bipolaire, en passant par le majordome loufoque et les jumeaux incestueux, les pantins vous plongent dans une fresque à mi-chemin entre une version délurée d’Eyes Wide Shut et militaire The Village.

livrelecteurs

Mon avis : 

Tout d’abord, je remercie Samantha Cortenbach de m’avoir invitée à lire son roman en service presse. 

Andrea est une jeune femme à la dérive et lorsque son chemin croise celui de Christian Hann, célèbre essayiste et accessoirement tueur en série elle fait un étrange pacte avec lui : elle va partager sa vie et essayer de comprendre ses crimes. C’est cette association qui va l’amener à découvrir l’île de Braham et ses étranges habitants, leurs croyances, leurs coutumes et surtout leur folie.. Cette quête va entraîner le lecteur à la découverte de l’adolescence de Christian passée dans un château abritant une secte sanguinaire dont le chef spirituel Laurent Des Roches entretient avec le jeune homme une relation plus qu’ambiguë.. 

A la lecture du résumé, je n’ai pas réussi à me faire une idée précise de ce qui m’attendait dans ce roman.. Un tueur, une enfance, une jeune femme, un pacte.. Des bases qui m’ont plutôt appâtée et donné envie d’en découvrir plus. Et bien, je dois dire que ces quelques indices sont loin de tout dévoiler.. 

Ce roman se décompose, à mon sens, en deux parties. La rencontre et le pacte entre Andrea et Christian puis les recherches sur l’île de Braham sont déjà une partie dense. On y découvre des personnages plutôt tordus et bizarrement attachants. Je n’ai pas réussi à trouver Christian totalement mauvais malgré l’accumulation d’atrocités qu’il commet.. Andrea, quant à elle, est une jeune femme si perturbée qu’on arrive à comprendre son attachement à son bourreau. Puis l’île de Braham révèle quelques pistes, indique une direction à prendre et cette direction est celle du passé.. 

Dans la seconde partie, on découvre l’adolescence du jeune homme qu’était Christian et son arrivée au château Des Roches où il va vivre sous la houlette de Laurent, maître des lieux et surtout chef spirituel d’une sorte de secte où l’atroce, le burlesque et le barbare se côtoient. Les personnages de cette seconde partie sont totalement barrés, perdus, fous,… Ils vivent dans leur propre monde où Laurent représente l’étoile à suivre, le maître absolu et l’arrivée du jeune Christian (enfin pas encore Christian d’ailleurs..)  va être un véritable chamboulement. 

Ce roman est une surprise énorme. Je suis surprise pas l’ambition de l’auteure qui n’hésite pas à livrer une histoire complexe mais parfaitement maîtrisée, par son style d’écriture que j’ai vraiment apprécié car totalement adaptée au contenu et surtout par l’histoire elle même. C’est captivant, sanguinolent, c’est loufoque, parfois drôle parfois difficile mais c’est surtout une aventure qui fait qu’on ne voit pas le temps passer. A chaque rebondissement, à chaque découverte je n’avais qu’une hâte en découvrir encore un peu plus ! Mon unique bémol sera sur l’écriture qui bien qu’excellente m’aurait encore plus plu avec un tout petit peu plus de simplicité et sur quelques longueurs. 

Je vous ai parlé un peu plus haut des personnages, mais je voulais m’arrêter sur deux en particulier.. Christian, qui malgré sa facilité à tuer, torturer, malgré son esprit tordu, pervers m’a particulièrement touchée. J’ai aimé avoir cette vision d’un tueur de sang froid avant de commencer à soulever le voile du pourquoi… Et Laurent, qui est mon personnage préféré. Vous connaissez déjà mon amour des méchants mais celui-ci.. il est hors catégorie ! Non seulement parce qu’il est atroce dans sa façon d’être, de manipuler, de malmener mais également parce qu’il est doux, beau, charmant, drôle. Ces deux personnages ont tellement de facettes que j’ai hâte de lire la suite pour en savoir encore un peu plus sur eux.. 

Conclusion

Un roman qui plonge dans la folie humaine, dans la perversité et la manipulation sans aucun filtre. C’est souvent dur à lire mais l’erreur serait.. de ne pas le lire ! 

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Science fiction

Projet Mémoria par Fabrice Jalwin

Fiche technique : 

Autoédition – 321 pages – ebook ou broché – Science-fiction

Résumé :

 Anthony Lefranc est un homme détruit depuis l’attaque sanglante contre sa femme. Abandonné par la justice, il n’a aucun moyen de retrouver son meurtrier. Son destin est sur le point de changer, lorsqu’un groupe de chercheurs propose de lui venir en aide. Ils travaillent sur une technologie capable de lire dans la mémoire. Maintenue en vie durant l’expérience, Jade ouvre son univers, dans lequel ils devront fouiller pour trouver les preuves cachées. Un fantastique voyage attend Anthony dans un monde de souvenirs agréables, mais aussi cruels. Loin de s’attendre à de terribles révélations, ils vont risquer leur vie au détriment d’une cause juste. Seront-ils prêts pour découvrir la vérité ?

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Mon avis :

Un grand merci à Fabrice Jalwin, l’auteur, de m’avoir permis de lire son roman en service presse. 

Anthony, militaire de métier, est marié à Jade une jeune journaliste qui, au détour d’une conversation téléphonique avec son mari en mission, lui laisse entendre qu’elle est sur un très gros projet. Anthony est convoqué quelques heures plus tard par son supérieur et apprend que Jade a subit une tentative d’assassinat et qu’elle ne vit plus que grâce aux machines qui lui permettent de respirer. Il est donc rapatrié en urgence pour être auprès de celle qu’il aime. Il est contacté après plusieurs mois par un groupe de chercheurs qui souhaitent se servir de Jade comme cobaye à leur projet sur la mémoire humaine. Une opportunité est donnée à Anthony de fouiller la mémoire de son épouse à la recherche du nom de son tueur et des preuves pour faire tomber le commanditaire.. 

Qui n’a jamais rêvé de voyager dans la tête d’autrui ? De pouvoir y découvrir tous ses secrets, de pouvoir revivre certains moments à volonté ? J’avoue que j’ai trouvé, à la lecture du résumé, le thème de ce roman vraiment attrayant et original. Et cette idée ne s’est pas démentie tout au long de ma lecture. Anthony va effectuer des allers-retours dans les souvenirs de son épouse pour y trouver le nom de son assassin et ses commanditaires. Ils vont, avec l’équipe de scientifiques qui l’accompagne, essayer de retrouver les preuves nécessaires pour finir le travail que Jade avait commencé en tant que journaliste et qui implique de nombreuses personnalités. Ce désir de vengeance va, bien entendu, leur attirer de nombreux ennuis.. 

L’histoire est vraiment prenante car l’auteur a très bien pensé ce projet Mémoria, il lui donne une crédibilité vraiment étonnante. De nombreuses barrières se dressent devant ses personnages et notamment lors-qu’Anthony navigue dans la mémoire de Jade. J’ai aimé qu’il ne puisse pas y faire ce qu’il veut et la façon dont les choses se déroulent en font une  bonne lecture. Les personnages ne sont pas épargnés et de nombreux rebondissements rendent ce roman vraiment intéressant. 

Les protagonistes sont bien réalisés et ils ont un bon ancrage dans la réalité. Ils sont crédibles qu’ils soient bons ou mauvais. On imagine très bien des êtres humains agir pour les mêmes motivations (et je ne pense pas que ce soit vraiment de la science-fiction à ce stade, il suffit de regarder autour de nous parfois..). La soif d’argent ou de pouvoir peuvent amener à des comportements horribles et inhumains, ce qu’Anthony et ses compagnons d’aventure vont découvrir à leurs dépens. 

Ce projet soulève de nombreuses questions d’éthique notamment et m’a beaucoup fait réfléchir aux utilisations que l’on pourrait en faire : de nombreuses possibilités bénéfiques pour la société avec la résolution de crimes, l’empêchement d’attentats ou la sauvegarde de la mémoire des personnes souffrantes par exemple mais quid de la liberté de chacun ? Un vaste débat s’ouvre après la lecture de ce livre… 

Autant, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire autant j’ai trouvé qu’une bonne relecture s’imposait. En effet, il persiste dans le texte de nombreuses fautes ou coquilles (orthographe, mots utilisés pour d’autres, etc…) qui m’ont un peu gênée dans ma lecture. Ce serait vraiment bénéfique pour ce livre. D’autant que Fabrice Jalwin a une plume fluide et agréable à lire.

Conclusion

Un roman au thème original et qui soulève de nombreuses questions. Sommes nous prêts à accepter de livrer tous nos secrets ? . 

Ma note : 7/10

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