Chronique Livresque·Drame·Littérature

Défaillances par Marie-Pierre Bardou

Fiche technique :

Éditions Hélène Jacob – 194 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Une petite fête entre amis, un soir d’été caniculaire. May et son mari ont invité leurs proches. Ce qui devrait être un moment agréable, quelques heures de détente et de partage, se transforme rapidement en chaos et en catastrophe… Disparitions, accidents, trahisons, règlements de comptes ponctuent une soirée qui se révèle très pénible, avec, en filigrane, cette question : qui va mourir ? Ou plutôt : qui est mort ? L’amant de sa petite sœur Alice, que May n’a aucune envie de voir chez elle ? Le mari adultère, qui a eu le culot d’inviter sa maîtresse ? Le copain insupportable, qui fait la morale à tous entre deux crackers ? La célibataire qui oublie sa solitude dans des excès de drogue ? Le dragueur impénitent ? Construite en flash-backs, pleine de chausse-trappes et d’impasses, cette histoire est avant tout celle de nos défaillances – d’amis, d’amants, de parents… Nos failles, nos lâchetés, toutes ces petites choses, ces choix que l’on ne fait pas ou que l’on fait mal, ces blessures qu’on inflige sans même le vouloir, parfois…

Nos défaillances qui peuvent nous mener, si l’on n’y prend garde, à notre fin.

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Mon avis :

Avant tout, je remercie les Editions Hélène Jacob pour ce service presse et leur confiance renouvelée.

May et Thomas ont organisé une soirée entre amis. Mais au lieu du moment de détente espéré, les catastrophes s’enchaînent et vont mener inexorablement vers cette finalité dont Chamallow nous explique les détails dès les premières pages.

J’avais découvert la plume de Marie-Pierre Bardou dans un livre écrit à 4 mains « Temps Mort » dont je vous parlais ICI. J’avais vraiment beaucoup aimé cette lecture et j’étais donc ravie de retrouver l’une des deux auteures en solo.

Ce roman est construit de manière originale puisque chaque chapitre donne lieu à un changement d’époque. Parfois nous allons remonter de quelques heures, d’autres de quelques mois alors il faut faire très attention aux dates et heures afin de bien en comprendre la chronologie. On y fait connaissance avec différents personnages tels que May et son mari Thomas chez qui se déroule la fête mais aussi Alice, la sœur de May, venue avec Volker son amant (et accessoirement homme marié..). Ces 4 personnages sont le socle de l’histoire et autour d’eux gravitent plusieurs personnages secondaires tels que Louise-Berthe, Frankie, Nathalie… Chacun d’eux va faire que cette soirée va virer au drame, que les choses vont imploser sous le regard placide et surtout lucide de Chamallow, le chat.

Les sauts dans le temps ne sont pas la seule originalité de ce roman puisque l’un des narrateurs principaux n’est autre que le fameux Chamallow. En effet, le félin nous livre son point de vue de façon perspicace, amusante et nous permet d’observer les humains sans qu’ils s’en aperçoivent. C’est une façon d’intégrer un peu de légèreté et d’humour dans un texte qui, au fil des pages, devient de plus en plus pesant.

En effet, le roman débute sur l’image d’un corps de femme dans une baignoire. On ne sais ni qui elle est, ni ce qu’elle fait là mais au vu des constatations de Chamallow on comprend rapidement que son immersion est plutôt définitive. Et l’auteure nous entraîne sur diverses pistes, nous donne plusieurs possibilités sur une victime potentielle et c’est en cela que l’ambiance est pesante car le lecteur va chercher à savoir qui ? comment ? pourquoi ? L’histoire est bien amenée puisque même si ‘on en connaît le dénouement l’intrigue reste entière et on assiste, témoin impuissant, à la soirée la plus ratée du monde !

Grâce à « Défaillances » je confirme que j’apprécie tout particulièrement la façon d’écrire de Marie-Pierre Bourdou. C’est tranchant, acéré, surprenant mais avec un côté léger et parfois drôle. Elle réussit à donner à chacun de ses personnages une identité propre non seulement par le caractère mais également par sa façon de s’exprimer comme par exemple Alice et ses jeux de mots. Ce sont de petits détails qui rendent ce récit vivant, prenant et qui donnent l’impression de connaître vraiment ces personnages.

conclusion

Après avoir lu ce livre, vous n’assisterez plus jamais à une soirée sans avoir quelque part dans un coin de votre tête cette question : va-t-on retrouver un cadavre dans la baignoire ? Mais aussi, et surtout… que penses donc ce chat qui me regarde ??

Ma note : 8.5/10

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Chronique Livresque·Littérature

Liberté je dessine ton visage par Olivier Tarassot

Fiche technique :

Autoédition – 392 pages – ebook ou broché – Littérature contemporaine

Résumé :

Charlie est journaliste, en reportage au cœur de la Syrie. Julie, sa compagne, est urgentiste à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Leur destin bascule quand Charlie est enlevé par l’ État Islamique. De Paris à Alep, en passant par la Turquie, des vies se croisent, se bousculent, s’abîment et ricochent comme autant d’existences projetées dans le fracas d’un monde où des hommes et des femmes ordinaires deviennent les résistants de la Liberté.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Olivier Tarassot, l’auteur, de m’avoir confié son roman en service presse et pour sa gentillesse.

Charlie et Pablo sont journalistes de guerre, ils ont été enlevés et sont maintenus en captivité en Syrie. Julie est la compagne de Charlie. Elle est urgentiste et essaye de vivre malgré la douleur de son absence. Leur histoire mais aussi les histoires d’autres personnages vont se télescoper, se croiser, entre Paris et Alep, entre Raqqa et la Turquie où chacun devient un résistant de la Liberté.

Je dois avouer que j’avais une certaine appréhension à débuter ce roman, le sujet étant terriblement actuel et souvent douloureux j’avais un peu peur de la façon dont l’auteur allait le traiter. Et c’est non seulement une magnifique découverte mais également un roman qui va laisser des traces pendant longtemps.

Ici, se croisent quatre personnages principaux : Charlie et Julie bien sur mais également Lola et Simon. Lola est une jeune femme qui suit un homme par amour, qui va embrasser sa religion, sa pensée. Simon est son père, il refuse d’admettre que sa fille est perdue et qu’il ne la reverra plus jamais vivante. Il va tenter de se battre pour la récupérer. Ces quatre personnages ont un point commun : la folie humaine. Ils sont prit dans le tourbillon qu’engendre la guerre, la peur, la mort, l’intolérance, le fanatisme. Mais à ces personnages s’ajoutent d’autres protagonistes.. Parfois éphémères, ils sont tous d’une importance capitale dans l’histoire comme chacun l’est dans la vie. Qu’ils soient bons ou mauvais, qu’ils soient croyants, athées, fanatiques, ils font vivre ce roman, lui donne vie et surtout nous font réfléchir. Je pense notamment à Pablo ou Salahudine, à l’urgentiste du SMUR ou à la maman de Lola.

C’est un texte très puissant et très bien écrit que nous livre ici Olivier Tarassot. Chaque personnage prend la parole à son tour pour nous faire vivre son quotidien mais aussi, et surtout pour nous livrer ses pensées, et il n’est pas toujours simple de se retrouver dans la tête de quelqu’un qui souffre. Chaque chapitre est une sorte d’introspection où chacun va essayer de comprendre ce qui lui arrive, de décortiquer sa vie mais c’est également un partage avec les absents, un dialogue à sens unique qui leur permet de garder la tête hors de l’eau.

Le thème n’est pas facile à traiter mais Olivier Tarassot s’en sort de façon magistrale. Il ne juge pas, ne condamne pas, il explique. A travers Charlie, le lecteur va tenter de comprendre les raisons de cette guerre, faire connaissance avec des acteurs de ce fanatisme, de cette folie destructrice mais il va également découvrir certains aspect de notre République. Avec Julie, c’est l’amour qui est mit à l’honneur, l’amour pour un homme, l’amour qui embellit mais peut aussi détruire, l’attente qui parfois grignote de l’intérieur, fait douter. Lola, quant à elle, va permettre de s’apercevoir de la fragilité de la jeunesse actuelle, la facilité avec laquelle elle est appâtée, embrigadée  mais aussi l’influence des réseaux sociaux, leur poids dans le recrutement. Et enfin, Simon qui lui nous montre que la révolte est possible, que l’acceptation n’est pas une fatalité et que l’amour peut parfois donner des ailes. Enfin, et surtout le personnage principal de ce roman est la Liberté. Une Liberté chérie, aimée, désirée, espérée.. Liberté est l’espoir de voir renaître un monde tolérant et humain.

La plume d’Olivier Tarassot est non seulement fluide mais également poétique et sans concession. Le travail de recherche, les informations livrées sont d’une grande qualité et donnent un ancrage impressionnant dans le réel. Mais ce que j’ai préféré dans son écriture est cette façon d’effleurer les sentiments, j’ai ressenti beaucoup de pudeur dans la façon dont l’auteur nous livre ses personnages même si tout est clair et bien décrit. Leur psychologie est très bien travaillée, dosée sans être poussée dans le voyeurisme ou la caricature. Et comme on est entre nous, je peux vous l’avouer : lire en pleurant ce n’est vraiment pas évident. J’ai eu une boule dans la gorge pendant de longues pages jusqu’à ce que les vannes lâchent et que je partage totalement les sentiments de chacun de ces personnages..

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Un texte fort et puissant qui m’a profondément touchée. Des personnages qui au fil des pages entrent dans nos vies pour ne plus la quitter.. Et surtout un livre au goût de Liberté..

Ma note : 9/10

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Chronique Livresque·Historique·Littérature·policier

La lettre froissée : une enquête à la Belle-Epoque T1 par Alice Quinn

Fiche technique :

City Edition – 415 pages – ebook ou broché – Polars historiques

Résumé :

Cannes, au printemps 1884. Aristocrate déclassée et ruinée, Miss Gabriella Fletcher n’a plus un sou en poche. Heureusement, elle vient de trouver un travail inespéré de gouvernante dans la villa de Filomena Giglio, une femme aux mœurs plutôt dissolues. Et cette patronne hors du commun n’est pas pour déplaire à Miss Fletcher, loin de là… D’autant que dans sa demeure, on croise des célébrités, comme Guy de Maupassant, l’homme de lettres qui commence à avoir un certain succès. Et quand une jeune femme de chambre est assassinée, Miss Fletcher, sa scandaleuse patronne et le charmant Maupassant décident de mener l’enquête. D’autant que ce meurtre semble laisser les autorités totalement indifférentes. Le trio n’aura de cesse de combattre cette injustice et de découvrir la vérité dans un monde où la fortune et les apparences règnent en maîtres.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Alice Quinn et Amazon Publishing de m’avoir permis de lire ce roman en avant – première.

Lorsque j’ai vu que le dernier Alice Quinn était disponible à la lecture en service presse sur le site NetGalley, je n’ai pas hésité une demi-seconde ! Tout d’abord parce j’ai déjà eu l’occasion de lire des romans de cette auteure et qu’à chaque fois j’avais beaucoup aimé (rappelez-vous.. « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » et Fanny N). Ensuite parce qu’Alice est une auteure que j’apprécie beaucoup et que le résumé m’a vraiment alléchée. Et enfin.. Non mais vous avez-vu cette couverture ? Une merveille ! Tous les ingrédients étaient réunis pour me faire craquer…

Le roman débute sur la rencontre de Miss Gabriella Fletcher, anglaise de bonne famille déchue et Filomena Giglio, dîtes Lola, jeune femme aux mœurs légères. Miss Fletcher répond à l’annonce de Mademoiselle Lola qui l’engage comme répétitrice. Elle fait la connaissance d’un auteur qui monte Guy de Maupassant et c’est ce trio assez improbable qui va se lancer à la poursuite de l’assassin d’une jeune femme de chambre.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression de faire un saut dans le temps et de me retrouver dans le Cannes de 1884 (et pourtant je n’y ai jamais mis les pieds ! à Cannes hein ? Enfin en 1884 non plus…). On y découvre la Croisette, le faste de la vie des gens fortunés, les Hôtels de prestige mais aussi la dure réalité pour les gens du peuple. La prostitution, les orphelinats, les bas quartiers, le quotidien de ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.. Alice Quinn décrit parfaitement l’ambiance de cette Belle – Epoque où le paraître est d’une importance capitale entre beaux bijoux, chapeaux à la mode et balades en fiacre. Son écriture est toujours aussi fluide avec une pointe d’humour que j’apprécie tout particulièrement.

Ce roman mêle en réalité plusieurs histoires.. Le meurtre de Clara Campo, jeune femme de chambre et amie de Mademoiselle Lola en est la trame de base, le fil conducteur qui va permettre à nos trois héros d’évoluer. L’enquête tarde un peu à démarrer mais est bien menée avec des rebondissements intéressants. Les trois enquêteurs en herbe vont mettre en commun leurs différents talents pour permettre la résolution de cette affaire que la Police délaisse au vu de la condition sociale de la victime.

Un second point essentiel est celui de la condition féminine dans la société du 19ème siècle. On découvre la difficulté pour une femme seule de subvenir à ses besoins autrement qu’en se tuant à la tâche (et encore !). Une femme comme Lola, jeune et belle, assurera plus facilement son avenir en se trouvant un protecteur ou en s’adonnant à la prostitution, choix qui semble toucher toutes les couches de la société. Le lecteur va donc suivre Lola dans sa quête effrénée d’argent pour assurer sa survie. L’auteure a réalisé un formidable travail de recherche et l’on sent à travers ses écrits qu’elle s’est passionnée pour ce thème. Je vous invite à faire un tour sur son blog (ICI) si vous voulez en savoir un peu plus sur la vie d’une courtisane (entre autres) à cette époque.

La présence de Guy de Maupassant est assez déroutante au départ. Glisser un auteur aussi connu dans une fiction est un pari plutôt audacieux qu’Alice Quinn réussit haut la main. J’ai trouvé son personnage particulièrement savoureux entre son humour, sa façon d’être et la manière dont ses écrits sont intégrés à l’histoire. Mais, outre le célèbre Monsieur de Maupassant, tous les personnages sont excellents ! J’ai adoré les deux personnages principaux que sont Lola et Gabriella. Elles ont des caractères diamétralement opposés, elles sont un peu comme les deux faces d’une pièce : elles se complètent. Autant l’une est discrète, posée, calme que l’autre est vive, pétillante et peut sembler frivole. Mais elles font preuves toutes les deux d’une vive intelligence, d’une grande détermination et surtout d’un grand cœur. Les personnages secondaires sont aussi très réussis et j’ai tout spécialement aimé Rosalie et sa gouaille.

L’auteure a fait le choix de faire de Gabriella la narratrice de ce roman. J’ai trouvé l’idée un peu étrange au départ puisque Miss Fletcher, n’assistant pas à toutes les scènes, est obligée de nous retranscrire ce que ses camarades lui racontent ce qui fait que l’on passe du « je » au « il » au cours du texte. Mais l’idée vous semblera excellente lorsque, comme moi, vous lirez les dernières pages de ce roman. Alice Quinn fait preuve d’une réelle ingéniosité sur ce point, j’ai aimé ce très joli clin d’œil.  

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« La lettre froissée » est le premier tome d’une série qui s’annonce prometteuse ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui est dépaysant, instructif et dont le trio de personnages principaux est particulièrement attachant. Une très belle lecture que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

Chronique Livresque·Littérature·suspense

Fanny N. par Alice Quinn

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Fiche technique :

Les indés – 160 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Fanny N. adore les bébés. En avoir un à elle, c’est le rêve de sa vie. Quand elle les regarde, au parc, dans leurs poussettes, avec leurs mamans, l’envie monte, monte… et peut-être aussi la jalousie. Car Fanny N. a 33 ans, mesure 1,59 m, pèse 100 kilos, et vit encore chez sa mère, qui l’infantilise totalement. Il faut dire que Fanny N. n’est pas tout à fait comme la majorité des jeunes femmes de son âge, avec son corps dévasté par des monstres et sa simplicité d’esprit proche de celle des petits dont elle s’occupe à la crèche. Alors les prétendants au titre de père ne se bousculent pas au portillon. Que faire, dans ces conditions ? Que faire de cette tendresse qui la dévore au fil du temps ? Que faire de ces désirs frustrés, de cette douleur insupportable ? Que faire, lorsque l’envie devient obsession ? Barricadée derrière ses éclairs de lucidité, d’humour et d’autodérision, Fanny N. pourra-t-elle tenir encore longtemps ou finira-t-elle par exploser comme une bombe à retardement ? 

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Mon avis :

Avant tout, je remercie chaleureusement Alice Quinn, l’auteure, pour ce service presse et sa confiance renouvelée.

J’avais eu le plaisir de découvrir la plume d’Alice grâce à son roman « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » dont vous pourrez lire la chronique ICI et que j’avais vraiment beaucoup aimé. C’était drôle, déjanté avec des personnages attachants alors j’avais hâte de la découvrir dans un autre registre, plus sombre, plus grave..

Fanny N. est une jeune femme de 33 ans qui n’a qu’une obsession en tête depuis ses 5 ans : avoir un bébé rien qu’à elle. Elle travaille dans une crèche, elle va au parc mais malgré tous ces bébés qu’elle observe, qu’elle épie, son désir de maternité est toujours aussi présent, envahissant. Et les choses ne risquent pas d’évoluer avec une mère qui l’infantilise, un physique qui n’attire pas et son esprit aussi simple par moment que celui d’un enfant.

Alice Quinn change ici totalement de registre, elle nous livre un roman noir qui emmène le lecteur entre naïveté et folie dans une histoire vraiment prenante mais également déstabilisante. Un langage très cru, un personnage principal qui ne laisse pas indifférent une seconde, une histoire profondément triste qui m’a fait voyager dans l’esprit torturé de Fanny N. pour essayer de la comprendre. L’auteure utilise une méthode originale pour nous faire pénétrer son esprit, le changement intempestif de narrateur. Tantôt Fanny s’adresse au lecteur tantôt le narrateur est extérieur un peu comme si sa conscience s’adressait directement à nous. Cette écriture est assez perturbante mais totalement adaptée.

Fanny N. est un court roman à l’ambiance vraiment sombre, noire, pesante. Chaque page tournée enfonce un peu plus le lecteur dans ce sentiment d’étouffement. On voit Fanny  évoluer, tromper son monde en disant aux psychiatres ce qu’ils veulent entendre, sombrer toujours un peu plus dans son envie d’avoir son bébé. Fanny idéalise ce bébé : son bébé sera gentil, il n’aimera qu’elle, son bébé sera bien élevé, propre, il lui fera des sourires.. Il faut dire qu’elle est seule Fanny, elle vit avec sa mère qui la traite comme si elle était encore une enfant, n’a pas d’amis, a perdu son père très jeune, a un monstre qui demande à être nourrit dans le ventre alors ce bébé c’est une bouée de sauvetage à laquelle elle se raccroche et que la nature lui refuse.

Le personnage de Fanny N. est tellement ambigu qu’il m’a laissé un sentiment étrange.. Elle est touchante à cause de sa solitude, de son histoire personnelle, de sa pathologie. J’ai également eu un sentiment de protection vis à vis d’elle dû à son entourage et notamment sa mère. Mais elle est également haïssable lorsqu’elle manipule son monde de façon tout à fait consciente. J’aurai aimé pouvoir la rassurer, la consoler tant elle m’a attendrie mais elle m’a également fait trembler suite à des actes cruels. Elle est inclassable, inoubliable et m’a marqué pour très longtemps, c’est certain.   

L’écriture est comme l’histoire : percutante, addictive. A chaque mot, on a envie d’en savoir plus, de découvrir jusqu’où Fanny peut aller. Les changements de narrateur, le langage cru font que l’on s’immerge vraiment dans le récit, que l’on plonge en apnée dans ce texte. Certaines images sont très fortes et accentue ce sentiment de malaise. Par contre, et j’ai particulièrement apprécié cela, à aucun moment Alice Quinn ne tombe dans le vulgaire. C’est sordide, c’est terrifiant, c’est triste, mais c’est toujours poignant, touchant.. Une claque, une lecture qui marque, qui reste !

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Une lecture qui m’a profondément émue, où l’on touche du doigt la folie, l’obsession. Un roman poignant dont l’auteure maîtrise parfaitement le sujet au point que j’ai eu l’impression parfois de pénétrer vraiment dans l’esprit de Fanny N.

Ma note : 8.5/10

 

 

 

Chronique Livresque·Littérature

Karma par Jean-Charles Flamion

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Fiche technique :

Séma Editions – 88 pages – ebook ou broché – Philosophie / Esotérisme

Résumé :

Avons-nous un destin ? Nos épreuves ont – elles un sens caché ? Que se passe-t-il après la mort ? Ce court roman propose, à travers le parcours d’une âme, de vie en vie, de chercher les réponses à ces questions. Sans théologie particulière, cette histoire laisse libre court à notre interprétation personnelle et, qui sait, pourrait ouvrir le champ de nos réflexions… Bon voyage !

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Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Séma Editions pour ce service presse et pour leur confiance toujours renouvelée.

Ce court roman est assez déstabilisant au premier abord. En effet, nous suivons ici une âme tout au long du parcours initiatique qui doit la faire évoluer. A chaque changement de vie, cette âme va apprendre à se connaître un peu plus, à tirer profit de ses expériences. Le lecteur est donc amené à la suivre au fil de ses différentes réincarnations et ainsi de comprendre le cheminement qui la pousse à changer.

Pour ma part, j’ai de suite adhéré à cette lecture qui m’a fait voyager à travers les époques et la pensée. Les moments historiques sont souvent sanglants mais j’ai malgré tout trouvé que ce roman était calme, quasi reposant. Il y a très peu de dialogues, la grande majorité étant entre l’âme et son Guide. Ce récit nous est conté par l’âme elle même, un peu comme des souvenirs qu’elle égrène.

Elle passe d’époque en époque, de guerre en guerre, de personnage en personnage plus ou moins rapidement et à chaque changement c’est une nouvelle aventure qui débute. Qui va-t-elle devenir ? A quel moment va-t-elle renaître ? C’est ici une sorte de leçon de vie que nous donne l’auteur sans être moralisateur. Ce roman traite de la réincarnation mais on pourrait également l’appliquer à la vie tout simplement, aux choix qui se posent à chacun lorsqu’on arrive à un carrefour de son existence.

L’auteur, Jean-Charles Flamion nous livre ici un excellent travail de recherche historique dont il émaille son récit. Sa description des tranchées ou des guerres napoléoniennes sont  criantes de vérité. Sa plume est à la fois légère et grave, elle rend ce récit réaliste et très agréable à lire.

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Une lecture courte mais qui m’a profondément plu. Elle entraîne à la réflexion sans être moralisatrice. Une lecture assez atypique mais intéressante et prenante pour qui s’intéresse au sujet de la réincarnation ou de la spiritualité mais pas seulement..

Ma note : 8/10

 

 

Chronique Livresque·Littérature·Non classé

Avec elle par Solène Bakowski

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Fiche technique :

Autoédition – 374 pages – ebook ou broché – Littérature contemporaine

Résumé :

Il était une fois une famille heureuse et unie.

Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.

Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.

Avant de se jalouser et s’empoisonner.

Il était une fois deux fillettes inséparables.

Pour le meilleur, ou pour le pire ?

Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

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Mon avis :

Un nouveau livre de Solène Bakowski est toujours une joie dans ma vie de lectrice  et lorsque ce livre est en plus « jumelé » avec un livre d’Amélie Antoine je ne suis plus que joie et bonheur !! Ces deux auteures françaises font parti de mes coup de cœur et de mes auteures fétiches. Elles se sont lancées dans une aventure atypique mais dont l’idée est tout simplement géniale :

Avec elle, de Solène BAKOWSKI et Sans elle, d’Amélie ANTOINE, deux romans pour un projet commun.
Un point de départ identique pour deux histoires distinctes qui peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre. Une même famille, une même situation initiale, mais un événement qui vient tout bouleverser. Pour tous ceux qui se sont un jour demandé : Et si un seul détail de ma vie avait changé, est-ce que tout aurait été radicalement différent ? Pour tous ceux qui aiment voir les deux faces d’une même pièce.

Le titre de ma chronique est « Avec elle » car j’ai choisis de vous parler de chacun de ces romans indépendamment.

Le livre ouvre sur une scène un peu floue, pas très claire : les impressions d’une personne qui est allongée au sol.. Puis, on plonge directement dans la vie de famille des Simöens : Thierry, le père pompier au caractère jovial, Patricia, la mère coiffeuse qui semble être un peu plus à cran, et Jessica et Coline les jumelles de 6 ans. Elles sont identiques, elles sont inséparables, elles sont fusionnelles mais elles sont tellement différentes..

Le détail qui change tout dans cette histoire est un lacet défait.. Patricia et Jessica assistent à un feu d’artifice, pas Coline qui elle est punie, privée de la présence de sa sœur pour la première fois de sa vie. Et ce petit rien, ce lacet insignifiant va tout bouleverser ! Il va permettre une rencontre qui fera basculer la vie de cette famille unie, il va libérer les démons d’une femme qui se sent à l’étroit dans son existence, il va détruire l’image de l’amour, l’image du bonheur, la famille tout simplement.. Mais ce lacet va également être le déclencheur de bouleversements au sein même de la fratrie : la jalousie, la haine, la rivalité, la manipulation vont s’installer peu à peu. Ce lacet est comme un ver dans une pomme…

L’un des thèmes centraux de ce roman est la gémellité. Les jumeaux intriguent toujours, on a tendance à les considérer comme une seule et même personne, et encore plus lorsqu’il s’agit de jumeaux monozygote (issus d’un œuf fécondé unique). Mais dans « Avec elle », Solène nous montre que malgré leur ressemblance physique chacune des jumelles a son caractère, sa personnalité. Coline est l’introvertie alors que Jessica est l’extravertie, Coline est toujours moins que sa sœur alors que Jessica veut briller plus que sa sœur.. Elles sont opposées dans leur façon d’être mais elles sont complémentaires, elles ne savent pas vivre l’une sans l’autre quitte à se faire du mal, elles se sont indispensables. Elles grandissent ensemble, côte à côte mais sans se croiser, chacune à sa manière, en combattant ses propres démons tout en gardant un œil sur sa moitié, en étant présente pour elle quitte à la trahir. Le paradoxe est qu’elles veulent vivre ensemble tout en étant la seule et l’unique dans le cœur de ceux qui les entourent que ce soit leurs parents, leurs grands-parents ou leurs camarades.  

Solène Bakowski a encore une fois su donner beaucoup de profondeur à ses personnages et les jumelles ont prit vie devant mes yeux au fil des pages. Elles sont si liées dans mon esprit que je ne saurait dire laquelle m’a le plus touchée, elles sont les deux faces de la même pièce… Même si les jumelles sont la base, les autres personnages sont également tous importants, ils apportent tous leur pierre à l’édifice de la vie des jumelles. Patricia, ses choix, ses désirs; Thierry son amour pour sa famille; les grands-parents Armand et Paulette qui aiment tendrement leurs petits enfants mais qui sont passés à côté d’un détail qui auraient pu encore une fois tout changer.

Ce roman traite également du destin.. « Et si… ? » Qui ne s’est posé cette question un jour ? Et si j’étais partie plus tard aurais-je eu cet accident de voiture ? Et si je ne m’étais pas arrêtée sur cette annonce, aurais-je eu la même carrière professionnelle ? Et si.. et si.. et si.. Une musique de regrets ou de joies selon les circonstances, un air qui accompagne toute une vie ou la détruit, les paroles d’une chanson que chacun écrit selon ses choix..

Si ce lacet ne s’était pas défait la vie de la famille Simöens aurait-elle été différente ? Les personnages de ce roman vont se poser cette question tout au long de l’histoire et nous allons les suivre pendant des années. Le lecteur verra évoluer chaque protagoniste, apprendra à les connaître, à les aimer ou les détester selon les moments mais à aucun moment ils ne nous laisseront indifférents.

Solène nous livre ici un roman qui plonge dans l’esprit humain, qui nous oblige a regarder en face les choix que nous faisons, à prendre conscience qu’un battement d’ailes de papillon peut déclencher un cyclone, une tempête dans nos vies. Grâce à sa plume si particulière, si poétique mais si sombre également, elle nous transporte dans le quotidien d’une famille, dans la vie de ces deux sœurs qui ne savent pas vivre sans respirer le même air mais qui ne souhaitent qu’une chose : être la seule !

Ce roman est un coup de cœur car j’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans l’écriture de Solène Bakowski : les personnages torturés, les personnages qui marquent et que l’on oublie pas, une histoire touchante, vibrante de vérité, de la noirceur et de l’espoir. Sa plume me transporte à chaque lecture, elle utilise les mots avec talent, avec magie. Je la remercie pour sa confiance renouvelée à travers ce service presse, sa gentillesse et sa disponibilité mais surtout pour ces moments passés auprès de ses personnages, cette plongée dans leur histoire, leur vie.

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Ce premier roman sur la vie des jumelles Coline et Jessica est un coup de cœur, une lecture troublante qui m’a touchée, émue, déstabilisée et que je recommande vivement !! Et maintenant.. Amélie Antoine : à nous deux pour « Sans elle » !!

 

 

 

Chronique Livresque·humour·Littérature

Les amies de ma mère par Lydie Lefèvre

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Fiche Technique :

Autoédition – 153 pages – ebook ou broché – Littérature humoristique

Résumé :

Pour les quarante ans de sa mère, Louise, souhaite lui faire une surprise. Elle cherche une idée originale, quelque chose qu’Agathe n’est pas prête à oublier. En voulant lui faire plaisir, l’adolescente ne se doute pas qu’elle va être à l’origine d’un week-end pas comme les autres. Comment Agathe réagira-t-elle ? Et si rien ne se passait comme prévu ?

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie Lydie Lefèvre, l’auteure, de m’avoir permit de lire son livre en service presse et de sa confiance.

Agathe va avoir 40 ans, un anniversaire qui se fête et sa fille Louise décide de faire une surprise à sa mère : retrouver ses amies de jeunesse. Louise ne se doute pas que son idée va les entraîner dans un week-end plutôt mouvementé.

Je découvre grâce à ce livre la plume de Lydie Lefèvre, une écriture légère, pleine d’humour que j’ai vraiment apprécié. Le ton du roman est frais, léger et vraiment agréable à lire.

Elle nous entraîne dans la vie d’une jeune maman d’ado qui à tendance à s’oublier un peu mais qui a une relation plutôt fusionnelle avec sa fille. J’ai beaucoup aimé leur complicité, elles ont vraiment une relation privilégiée qui est touchante. Le personnage d’Agathe est attachant, on la sent fragile par moment mais c’est un bel exemple de courage. Elle aime sa fille et fait tout ce qui est en son pouvoir pour la rendre heureuse. Louise est la digne fille de sa mère, le bien être de sa mère est primordial à ses yeux.

Le roman est assez court mais on ressent bien au fil des pages tout l’amour qu’elles se portent et le désir de Louise de faire plaisir à sa maman va leur faire vivre un week-end épique. En effet, les amies de sa mère sont légèrement déjantées et entre vieux souvenirs et nouvelles fraîches les occasions de rire sont nombreuses. Les quiproquos et situations burlesques s’enchaînent et j’avoue avoir beaucoup ri. Il faut dire que les trois amies réunies font des étincelles. J’aurai parfois aimé que l’auteure développe un peu plus certaines situations pour donner un peu plus de profondeur.

J’ai particulièrement aimé les personnages qui sont vraiment réussis. J’avoue ma préférence pour Lola et Andréa qui amènent un grain de folie dans la vie d’Agathe, une bouffée de vent frais qui va sans aucun doute lui faire le plus grand bien. La complicité retrouvée entre les trois amies va les faire retomber, le temps d’une soirée, en adolescence pour le plus grand plaisir du lecteur.

J’ai passé grâce à Lydie Lefèvre un très bon moment de lecture et j’espère qu’une suite est prévue..

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Une lecture détente, drôle et fraîche qui vous fera passer un très bon moment avec les trois amies !

Ma note : 7.5/10

 

Chronique Livresque·Littérature·Romance

Au Rendez – Vous de Camille X Morgan

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Fiche Technique :

Autoédition – 280 pages – ebook ou broché – Littérature sentimentale

Pour l’acheter cliquez sur la couverture ci-dessus

Résumé :

Il y a des promesses qui peuvent sceller une vie. L’année du Bac, Max et ses amis ont fait la promesse de se retrouver dans leur bar habituel à la même date, douze ans plus tard, à l’aube de leurs 30 ans. Dès les vacances, le groupe se sépare pour ne plus jamais se recroiser. Si Max a pris cette promesse au sérieux, c’est qu’il espère trouver dans ce rendez-vous, sa dernière chance de revoir Charline, celle dont il a toujours été amoureux au lycée, et de lui exprimer enfin les sentiments qu’il n’a jamais osé lui avouer. Mais Charline viendra-t-elle au Rendez-Vous ou Max est-il le seul à encore croire en cette promesse ? Entre rencontres inattendues et nouvelles difficiles à encaisser, Max devra faire la paix avec ses sentiments et replonger dans la musique, passion abandonnée depuis trop longtemps, pour reprendre le contrôle de sa vie.

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Mon avis :

Avant tout, un grand merci à Camille X. Morgan, l’auteur, pour sa confiance renouvelée avec ce service presse. En effet, j’ai lu il y a quelques mois le premier livre de cet auteur très prometteur et ça avait été un coup de cœur (L’horloge de la XIIIème heure). J’étais donc curieuse de le découvrir en catégorie « littérature sentimentale » après un roman Steampunk.

Et bien, je dois dire que Camille X Morgan est un caméléon ! Il m’a littéralement bluffée avec « Au Rendez-Vous » que j’ai dévoré !

Max est un presque trentenaire qui a abandonné sa passion de la musique pour tenir un bar, mais pas n’importe quel bar… En effet, Au Rendez-Vous est le café où lui et sa bande d’amis se retrouvaient pendant leurs années lycée. Ils s’étaient d’ailleurs promis de s’y retrouver 12 ans jour pour jour après avoir passer leur bac. Et le grand jour est arrivé ! Max y voit sa dernière chance de déclarer sa flamme à Charline, l’amie, la bonne copine de l’époque, mais encore faut-il que cette dernière pousse la porte du Au Rendez-Vous…

Vous aurez donc compris que ce roman m’a énormément plu.. Je l’ai trouvé d’une douceur peu commune. Ce livre est emplit de sentiments mais pas de guimauverie. Toutes les émotions vécues par Max et les autres protagonistes autour du zinc de ce bar sonnent juste et authentique. Un roman d’amour du point de vue masculin n’est pas fréquent et celui-ci est une réussite.

Le personnage de Max est extrêmement attachant et émouvant. Amoureux depuis des années d’une jeune femme sans avoir oser le lui avouer il se rend bien compte qu’il est passé à côté de sa vie mais malgré tout il n’arrive pas à évoluer vers autre chose. Il est heureux dans ce bar mais le fait que sa contrebasse y soit exposé est un signe que la musique ne l’a jamais vraiment quitté. J’ai aimé sa gentillesse, sa bonne humeur même si parfois je l’aurai bien secoué un peu pour qu’il soit moins bonne pâte !

Outre Max, Au Rendez-Vous est le bar favori de quelques personnages comme Lisa, jeune femme un peu perdue ou George dont j’ai apprécié la clairvoyance et la sagesse. Charline, quant à elle, me fait l’effet d’une petite souris qui, malgré sa réussite, est timide limite effacée.

L’histoire se passe sur quelques mois durant lesquels Max va devoir faire des choix tant au niveau sentimental qu’au niveau carrière. Il va redécouvrir la musique, la joie de jouer de son instrument. Le roman est plein de moments de vie un peu comme un journal intime dans lequel Max ferait son introspection, chercherait sa voie. J’ai particulièrement apprécié les passages touchant à la musique et j’écris cette chronique en écoutant Why don’t you do right qui est mentionné et qui est maintenant dans ma playlist.. 

Et comme pour son premier livre, j’ai adoré la plume de Camille X. Morgan qui est fluide, efficace, directe. Le style est léger et rythmé ce qui rend la lecture vraiment agréable et prenante. Ce second ouvrage est une réussite, une douceur que je recommande vivement. 

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Un roman d’amour mais sur l’amour au sens large.. l’amour pour une femme, l’amour pour sa passion, l’amour qui nous pousse à faire des choses insensées, qui nous guide.. Max vous attend Au Rendez – Vous ! 

Ma note : 8.5/10

Chronique Livresque·Littérature

Tout ce qui compte de Claire Lebreton

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Fiche Technique : 

Autoédition – 177 pages – ebook et broché – Littérature 

Résumé : 

Les gens se désintéressent très rapidement de ce qu’ils ne comprennent pas ; et personne ne comprend Melody. Melody et Hayden sont deux lycéens un peu en marge. Ils traversent leur quotidien chacun de leur côté jusqu’à ce qu’un incident les mettent sur le chemin l’un de l’autre. Hayden est solitaire et les élèves le prennent pour un drogué. Melody, elle, est atteinte de troubles obsessionnels compulsifs. Sujet de moqueries, même de la part de sa meilleure amie Max, c’est lorsque les taquineries deviennent persécution que cette différence attire l’attention d’Hayden. Lui, d’ordinaire je-m’en-foutiste et solitaire va découvrir qu’il est capable de curiosité en trouvant en Melody un mystère intriguant et une mission passionnante. Elle est dans son monde et rongée par ses TOCs qu’elle doit respecter scrupuleusement et qui créent un fossé entre elle et le reste du monde. Il essaiera d’entrer dans cet univers fermé pour la comprendre et, à terme, l’aider à se débarrasser de ce qui l’entrave.

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Mon avis : 

Je remercie l’auteure, Claire Lebreton, de m’avoir permit de lire son livre en service presse et pour sa confiance.

Melody est une jeune lycéenne pour qui tout est compliqué sa vie de famille comme sa vie au lycée. Elle est atteinte de TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs) ce qui lui vaut nombre de moqueries de la part de ses camarades voir même de sa meilleure amie Max. Elle se fait un jour agresser par des élèves du lycée et Hayden, lycéen solitaire, intervient. Il ne sait pas vraiment pourquoi il a agit comme ça lui qui a du mal à s’intéresser réellement aux autres mais cette rencontre va faire exploser la petite bulle dans laquelle chacun d’eux s’enfermait.

A la lecture du résumé, j’ai de suite été séduite par l’idée de ce roman. En effet, Melody et Hayden semblaient être des personnages intéressants et captivants. J’avoue que je ne suis pas tombée loin de la réalité. 

Ce livre est écrit de l’une de mes façons préférées, avec une alternance de narrateur à chaque chapitre. J’aime pouvoir plonger dans les pensées de chaque personnage et ici c’est plus que ça, c’est une introspection de leurs sentiments. En effet, Melody et Hayden prennent la parole à tour de rôle pour non seulement nous raconter leur quotidien ou leurs aventures épisodiques mais ils nous font pénétrer dans leurs pensées intimes, leur façon d’appréhender les autres, leurs sentiments vis à vis de l’autre. 

Melody est une jeune fille attachante et on sent qu’elle souffre de la situation dans laquelle elle vit. En effet, ses nombreux TOCs l’empêche de vivre comme tous les adolescents de sa classe et même si elle ne se plaint pas elle est mise à l’écart par ses camarades mais également sa famille. Peu de gens comprennent la difficulté qu’a Melody d’avoir à se plier à de nombreux rituels journaliers, à l’impossibilié de passer outre sans se sentir mal..  Hayden, quant à lui, est un jeune homme solitaire qui manque cruellement de confiance en lui et dont la famille ne fait rien pour l’aider, bien au contraire puisque ses proches lui répètent sans arrêt qu’il ne fera jamais rien de sa vie. La rencontre de ces deux personnages si différents était hautement improbable mais c’est ce côté incroyable qui rend l’histoire belle. Hayden va tout d’abord considérer Melody comme un sujet d’étude, un peu comme un insecte à disséquer pour le comprendre, avant de se rendre compte que la jeune femme a juste besoin d’une main tendue (tout comme lui..) pour changer les choses. 

J’ai particulièrement aimé ces deux personnages qui sont, à mes yeux, indissociables. Ils sont attachants et émouvants, ils sont si complémentaires que ça en est captivant de les voir évoluer l’un avec l’autre, de voir comment chacun va réussir à surmonter ses difficultés pour permettre à l’autre d’entrer un peu plus dans son univers mais également de voir l’ingéniosité avec laquelle ils vont réussir à démonter les murs que chacun avait monter autour de lui. 

Ce roman, par contre, est très psychologique. En effet, ce sont les deux narrateurs qui expliquent leurs actions il y a donc peu de dialogues et beaucoup de descriptions surtout concernant leurs ressentis. Ça ne m’a pas dérangé pour ma part car j’ai aimé pouvoir les comprendre en profondeur mais ça peut déranger certains lecteurs qui aiment les rythmes d’action plus intenses. L’auteure a utilisé un langage soutenu qui ne colle pas vraiment au côté adolescent mais qui donne une certaine profondeur au texte. 

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Un rythme doux, une écriture profonde, une plongée dans les pensées de deux personnages touchants, autant de points qui m’auront fait aimer ce roman malgré quelques longueurs. 

Ma note : 7,5/10

Chronique Livresque·Littérature

LE Secret de Sandriana Grey

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Fiche Technique :

Autoédition – 324 pages – ebook ou broché – Littérature

Résumé :

Avignon, une rue déserte, ou presque. Dans cette rue, une prison ; une prison devant laquelle se trouve une femme totalement désemparée et rongée par la douleur. Comment trouver le courage de passer cette porte grise et glacée pour aller rendre visite à son fils unique. Et si le remède à sa souffrance se trouvait ailleurs dans cette ville. Au détour d’une de ses rues pittoresques ? Ou bien là où elle s’y attend le moins grâce à … un vieillard atypique sorti d’on ne sait où ?

Lorsque Laure, lycéenne de seize ans et fille de paysans, vivant à Châteauneuf-du-Pape, a le coup de foudre pour le séduisant Samuel, étudiant en droit à Paris venu découvrir ce village de Provence, elle est loin de s’imaginer que l’idylle amoureuse que tous les deux vont vivre, et durant laquelle elle découvrira les sentiments amoureux et l’amour charnel pour la première fois, va bouleverser sa vie à jamais.

Quand après le départ de « son bel inconnu » Laure apprend qu’elle est enceinte, malgré les lettres envoyées à Samuel pour l’informer de sa grossesse restées sans réponse, malgré son jeune âge, et malgré le regard pesant des autres, elle décide de ne pas avorter et d’élever seule son fils qu’elle pense être heureux. Philippe est pourtant habité depuis toujours par la souffrance de l’absence de son père. Laure ne soupçonne pas que vingt et un an après avoir vu Samuel pour la dernière fois, la vie de son fils et celle de cet homme, le seul homme qu’elle ait jamais aimé, vont bientôt basculer… basculer au même endroit, en même temps. La vérité est-elle vraiment celle que l’on pense toujours ? Il suffit parfois d’un seul secret pour bouleverser plusieurs vies …

 

pile-de-livresMon avis :

Avant tout, je remercie l’auteure, Sandriana Grey, de m’avoir confié son livre en service presse et pour sa confiance..

Laure est une jeune femme, perdue, anéantie par la douleur. Elle attend devant la porte de la prison d’Avignon de pouvoir rendre visite à son fils qui y est incarcéré. Mais elle doute, elle se sent coupable et après quelques instants devant les portes elle va partir dans les rues et faire une rencontre inattendue. Un vieil homme va lui prêter une oreille attentive et Laure va lui dévoiler ses secrets..

Laure est une jeune femme qui est tombée amoureuse à 16 ans et de cette relation est né Philippe, son fils unique, mais son « bel inconnu » n’a pas assumé son rôle de père et Laure a dû élever son enfant seule. Ce livre raconte l’histoire de Laure, de sa rencontre, de son amour pour cet homme puis pour son fils. C’est Laure, elle même, qui nous raconte son histoire, 20 ans après sa rencontre avec l’homme qui aura changé sa vie.  

Le personnage de Laure est vraiment attachant, touchant.. On la sent entière et forte, elle donne son amour de façon inconditionnelle surtout à son fils qu’elle chérit plus que tout. Elle est très proche de sa famille et aime passionnément son village, sa région. Sa rencontre avec ce vieil homme, dans les rues d’Avignon, va lui permettre de libérer sa parole, d’exprimer tout ce qu’elle a enfouit en elle depuis des années, peut être même de faire en quelque sorte son mea culpa.

J’ai trouvé que ce roman était d’une douceur exceptionnelle. La plume de l’auteure est fluide et surtout très poétique. Elle narre cette histoire comme un conte, un recueil de souvenirs précieux. De vraies questions sont posées et font réfléchir le lecteur.. Faut-il cacher à un enfant l’histoire de son père si celui-ci est absent de sa vie ? Vaut – il mieux lui asséner une vérité cruelle ou le laisser l’imaginer, la fantasmer ? Autant d’interrogations que Laure va se poser et auxquelles elle va confronter sa conscience.

Son histoire est somme toute banale, une jeune fille qui tombe enceinte et se retrouve seule pour assumer. Mais là où les choses ne le sont plus c’est que les deux hommes de sa vie vont se « percuter » à un moment et entraîner la destruction de son petit univers. C’est ainsi que Laure va se retrouver devant cette porte de prison à essayer de puiser la force de voir son fils incarcéré et d’assumer les conséquences de ses choix.

Mon seul bémol concernant ce roman sera les trop nombreuses digressions faites par l’auteure à travers la narration de Laure en descriptions de l’histoire de la ville ou en réflexions philosophiques qui m’ont parfois cassés le rythme de ma lecture même si elles sont vraiment intéressantes et montre une grande maîtrise du sujet.

en-conclusion

Un récit doux et poétique où une jeune femme nous livre l’histoire de sa vie grâce à une rencontre inattendue et sans doute un peu magique..

Ma note : 7/10