Chronique Livresque·Historique·Littérature

Les espionnes du Salève : L’envers du miroir par Mark Zellweger

Fiche technique :

Eaux Troubles Editions – 320 pages – ebook ou broché – Policier

Résumé :

Le 14 juin 1940, l’armée allemande rentre dans Paris et les années sombres recouvrent la France. Aussitôt, le service de renseignement suisse, le SR, s’active aux frontières. En même temps, la communauté internationale du renseignement basée à Genève depuis 1936 se mobilise sous la férule du vice-consul anglais Victor Farrell. Peu à peu des filières de passage entre la France et la Suisse romande se mettent en place, la résistance s’organise entre Genève et Lyon en concertation avec les espions installés à Genève. Hannah Leibowitz, échappée de justesse du ghetto de Lodz, arrive à Genève en juin 1940 avec son fils Avram. Elle prend la tête d’un groupe de femmes de toutes nationalités et résolument décidées à lutter contre la barbarie nazie. On les dénomme : Les Espionnes du Salève. Le 1er juin 1941, Armand jeune lycéen de Gex en zone interdite, est capturé par la Gestapo alors qu’il entre en Suisse au nord de Genève. Une certitude s’impose : on l’a dénoncé. Qui est le traître ? Les espionnes et leurs contacts mènent leur enquête. Elles seront confrontées à des collaborateurs sournois prêts à les dénoncer, à des agents allemands déterminés et agissant en Suisse sous couverture et à des trafiquants en tout genre. Une série d’intrigues toutes aussi palpitantes nous mènent entre 1940 et 1942 dans Genève, « nid d’espions ».

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie l’auteur, Mark Zellweger, de m’avoir permis de lire son roman en service presse et pour sa confiance.

1940, année charnière de la Seconde Guerre Mondiale : la Pologne est envahie, la France a signé l’Armistice.. Alors que le pays est coupé en deux zones plus ou moins libres, la Suisse, pays neutre, abrite de nombreux services de renseignements qui mettent tout en œuvre pour lutter contre les nazis. Des filières se mettent en place afin d’aider les réfugiés et les résistants et c’est ainsi que naît l’idée de constituer un groupe d’espionnes qui œuvrera partout en Europe : les espionnes du Salève.

Lorsque j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai trouvé l’idée vraiment originale.. En effet, traiter de ce conflit en mettant en avant des femmes et la Suisse n’est pas banal car ce ne sont pas les thèmes les plus développés dans les romans traitant de ce sujet. C’est pourquoi j’avais hâte d’attaquer ma lecture. 

J’ai été plutôt déstabilisée dans un premier temps.. En effet, la première partie du livre met en place l’action donc l’auteur nous livre de très nombreuses informations historiques mais aussi des noms, les fonctions des personnages..  ce qui m’a donné plus l’impression de lire un documentaire qu’un roman. J’ai eu un peu de mal à tout intégrer car dans cette première partie il y a finalement très peu d’action ou d’histoire à proprement parler. On fait connaissance avec un personnage on en apprend un peu sur lui puis on passe au suivant.  

La seconde partie du roman s’est avérée bien plus captivante car l’histoire des espionnes commencent réellement avec leurs premières missions. A partir de là j’ai beaucoup aimé l’histoire car on découvre vraiment les difficultés, les pièges qui se dressent devant Hannah Leibowitz et ses compagnes. Elles font leur possible pour aider les réfugiés mais également pour obtenir des renseignements vitaux malgré les dangers encourus. Elles font preuve de beaucoup de courage et de détermination. Le rôle de la Suisse est mis en avant, il est expliqué surtout pour le côté « plaque-tournante » des informations et prise en charge des personnes en danger. L’histoire est plutôt rythmée grâce à des chapitres courts où l’on passe d’une intrigue à l’autre. On va suivre les espionnes à Paris mais aussi un nazi voleur d’œuvres d’art ou des jeunes gens qui aident des réfugiés à passer en Suisse le tout sur fond de trahison.   

Mon espionne favorite est Sev qui non seulement est intrépide voir même téméraire mais c’est celle qui est le mieux développée à mon sens et qui m’a le plus touchée. Hannah est également intéressante au vu de son histoire personnelle et de sa fonction mais je l’ai trouvé trop peu détaillée. J’aurai aimé avoir plus d’informations sur les personnages principaux même si l’on connaît les grands lignes de leurs vies et comment ils sont arrivés là. Il reste encore beaucoup à découvrir sur ces héroïnes mais ce n’est que le premier tome d’une trilogie alors l’auteur a encore de quoi nous surprendre. Grâce aux espionnes on se rend compte du rôle primordial de la politique et de l’importance d’avoir les bons renseignements dans ce conflit.   

Tout au long du roman on sent l’énorme travail de recherche réalisé par Mark Zellweger, il fait preuve d’une maitrise remarquable de son sujet. Son écriture est précise, pointue quasi chirurgicale mais est trop dépouillée à mon goût. Il m’a manqué des descriptions des lieux ou des gens mais également des sentiments. Les faits sont livrés, décortiqués, expliqués mais on en apprend finalement peu sur le ressenti des personnages. C’est cette façon d’écrire qui me faisait parler de documentaire pour une partie du livre. Les choses s’arrangent (à mon goût) lorsque les personnages entrent en action.

pile-de-livresEn conclusion, un roman très bien documenté et qui traite de façon original de ce conflit si destructeur. Un premier tome qui situe l’action et met en place les personnages et dans lequel les espionnes du Salève vont débuter leur carrière.

Ma note : 7/10

Pour acheter et lire ce roman cliquez ici.

Chronique Livresque·Historique·Littérature·policier

La lettre froissée : une enquête à la Belle-Epoque T1 par Alice Quinn

Fiche technique :

City Edition – 415 pages – ebook ou broché – Polars historiques

Résumé :

Cannes, au printemps 1884. Aristocrate déclassée et ruinée, Miss Gabriella Fletcher n’a plus un sou en poche. Heureusement, elle vient de trouver un travail inespéré de gouvernante dans la villa de Filomena Giglio, une femme aux mœurs plutôt dissolues. Et cette patronne hors du commun n’est pas pour déplaire à Miss Fletcher, loin de là… D’autant que dans sa demeure, on croise des célébrités, comme Guy de Maupassant, l’homme de lettres qui commence à avoir un certain succès. Et quand une jeune femme de chambre est assassinée, Miss Fletcher, sa scandaleuse patronne et le charmant Maupassant décident de mener l’enquête. D’autant que ce meurtre semble laisser les autorités totalement indifférentes. Le trio n’aura de cesse de combattre cette injustice et de découvrir la vérité dans un monde où la fortune et les apparences règnent en maîtres.

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Mon avis :

Je remercie chaleureusement Alice Quinn et Amazon Publishing de m’avoir permis de lire ce roman en avant – première.

Lorsque j’ai vu que le dernier Alice Quinn était disponible à la lecture en service presse sur le site NetGalley, je n’ai pas hésité une demi-seconde ! Tout d’abord parce j’ai déjà eu l’occasion de lire des romans de cette auteure et qu’à chaque fois j’avais beaucoup aimé (rappelez-vous.. « Au pays de Rosie Maldonne T4 : Nom de code Mémé Ruth » et Fanny N). Ensuite parce qu’Alice est une auteure que j’apprécie beaucoup et que le résumé m’a vraiment alléchée. Et enfin.. Non mais vous avez-vu cette couverture ? Une merveille ! Tous les ingrédients étaient réunis pour me faire craquer…

Le roman débute sur la rencontre de Miss Gabriella Fletcher, anglaise de bonne famille déchue et Filomena Giglio, dîtes Lola, jeune femme aux mœurs légères. Miss Fletcher répond à l’annonce de Mademoiselle Lola qui l’engage comme répétitrice. Elle fait la connaissance d’un auteur qui monte Guy de Maupassant et c’est ce trio assez improbable qui va se lancer à la poursuite de l’assassin d’une jeune femme de chambre.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression de faire un saut dans le temps et de me retrouver dans le Cannes de 1884 (et pourtant je n’y ai jamais mis les pieds ! à Cannes hein ? Enfin en 1884 non plus…). On y découvre la Croisette, le faste de la vie des gens fortunés, les Hôtels de prestige mais aussi la dure réalité pour les gens du peuple. La prostitution, les orphelinats, les bas quartiers, le quotidien de ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.. Alice Quinn décrit parfaitement l’ambiance de cette Belle – Epoque où le paraître est d’une importance capitale entre beaux bijoux, chapeaux à la mode et balades en fiacre. Son écriture est toujours aussi fluide avec une pointe d’humour que j’apprécie tout particulièrement.

Ce roman mêle en réalité plusieurs histoires.. Le meurtre de Clara Campo, jeune femme de chambre et amie de Mademoiselle Lola en est la trame de base, le fil conducteur qui va permettre à nos trois héros d’évoluer. L’enquête tarde un peu à démarrer mais est bien menée avec des rebondissements intéressants. Les trois enquêteurs en herbe vont mettre en commun leurs différents talents pour permettre la résolution de cette affaire que la Police délaisse au vu de la condition sociale de la victime.

Un second point essentiel est celui de la condition féminine dans la société du 19ème siècle. On découvre la difficulté pour une femme seule de subvenir à ses besoins autrement qu’en se tuant à la tâche (et encore !). Une femme comme Lola, jeune et belle, assurera plus facilement son avenir en se trouvant un protecteur ou en s’adonnant à la prostitution, choix qui semble toucher toutes les couches de la société. Le lecteur va donc suivre Lola dans sa quête effrénée d’argent pour assurer sa survie. L’auteure a réalisé un formidable travail de recherche et l’on sent à travers ses écrits qu’elle s’est passionnée pour ce thème. Je vous invite à faire un tour sur son blog (ICI) si vous voulez en savoir un peu plus sur la vie d’une courtisane (entre autres) à cette époque.

La présence de Guy de Maupassant est assez déroutante au départ. Glisser un auteur aussi connu dans une fiction est un pari plutôt audacieux qu’Alice Quinn réussit haut la main. J’ai trouvé son personnage particulièrement savoureux entre son humour, sa façon d’être et la manière dont ses écrits sont intégrés à l’histoire. Mais, outre le célèbre Monsieur de Maupassant, tous les personnages sont excellents ! J’ai adoré les deux personnages principaux que sont Lola et Gabriella. Elles ont des caractères diamétralement opposés, elles sont un peu comme les deux faces d’une pièce : elles se complètent. Autant l’une est discrète, posée, calme que l’autre est vive, pétillante et peut sembler frivole. Mais elles font preuves toutes les deux d’une vive intelligence, d’une grande détermination et surtout d’un grand cœur. Les personnages secondaires sont aussi très réussis et j’ai tout spécialement aimé Rosalie et sa gouaille.

L’auteure a fait le choix de faire de Gabriella la narratrice de ce roman. J’ai trouvé l’idée un peu étrange au départ puisque Miss Fletcher, n’assistant pas à toutes les scènes, est obligée de nous retranscrire ce que ses camarades lui racontent ce qui fait que l’on passe du « je » au « il » au cours du texte. Mais l’idée vous semblera excellente lorsque, comme moi, vous lirez les dernières pages de ce roman. Alice Quinn fait preuve d’une réelle ingéniosité sur ce point, j’ai aimé ce très joli clin d’œil.  

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« La lettre froissée » est le premier tome d’une série qui s’annonce prometteuse ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui est dépaysant, instructif et dont le trio de personnages principaux est particulièrement attachant. Une très belle lecture que je vous recommande chaudement !

Ma note : 9/10

Chronique Livresque·Historique

A la table du Roi Soleil par Marie et Françoise De la Forest 

Fiche technique :

Editions du Rêve – 155 pages – broché – Histoire de la gastronomie

Résumé :

Sous le règne de Louis XIV, en plus des arts, de l’architecture, des jardins, de la musique, s’est développée la grande cuisine française. C’est à cette naissance de la gastronomie et surtout à la découverte de l’incroyable organisation de la vie gourmande de Versailles au Grand Siècle que nous invitons le lecteur. Un ballet fourmillant, des anecdotes incroyables, les secrets de la gourmandise du Roi Soleil…

En plus du récit et des anecdotes, 35 recettes magnifiquement illustrées viennent illuminer l’ouvrage, elles sont évidemment adaptées au goût du jour et feront le bonheur de celles et ceux, nombreux, qui aiment cuisiner et recevoir leurs amis avec des recettes originales.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie les Editions du Rêve pour ce magnifique service presse et pour leur confiance.

Cet ouvrage est un peu particulier, il allie l’histoire de la gastronomie sous le règne de Louis XIV et des recettes. Vous pourrez donc y apprendre plein de choses et cuisiner de bons repas !

Ce livre se décompose en 2 parties : le côté historique où les auteures nous détaillent les habitudes du Roi, de la Cour mais également l’histoire de certains mets. Et le côté gastronomique avec l’ajout de recettes variées.

J’aime vraiment toutes les lectures concernant l’Histoire de France et tout particulièrement celle où je peux en savoir plus sur la royauté et je dois dire que celui tient toutes ses promesses. On y apprend de nombreux détails sur les goûts du Roi Soleil (sa passion des petits pois par exemple…), sur l’étiquette à la Cour (la serviette ne sert pas à s’essuyer les dents !), sur le rôle des nobles et des courtisans (qui payent fort cher pour faire le service..).. C’est une véritable mine de renseignements qui passent de l’anecdote plutôt sympathique aux raisons politiques de ces repas gargantuesque et qui rendent le tout intéressant, vivant et même parfois drôle. Quelques répétitions reviennent à différents chapitres mais c’est le seul bémol que j’ai à formuler.

Chaque chapitre traite d’un sujet comme la naissance de la cuisine française, en passant par les métiers des cuisines ou le potager. Une lecture vraiment détaillée, parlante, agréable.. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l’origine de certains mets comme la Béchamel par exemple. On en apprend plus sur le Roi Soleil et ses habitudes alimentaires. On savait que Louis XIV était un bon vivant et qu’il appréciait la bonne chaire et les jolies femmes. Mais ici on y découvre de nombreux détails sur la vie de ce Roi qui fit de Versailles la splendeur que l’on connaît et y développa un potager réputé dans l’Europe entière.   

Les recettes qui se trouvent au centre du livres sont au nombre de 35. Elles ont toutes été adaptées pour être réalisables avec nos ingrédients des années 2000 mais on s’aperçoit que les choses n’ont pas forcément beaucoup évolué depuis le XVIIème siècle et que l’on garde de nombreuses habitudes de cette époque. Chaque recette est mise au goût du jour mais nous avons les deux versions : l’originale et l’adaptée. Je vais très certainement en tester quelques unes très rapidement.

Le côté esthétique du livre en fait un véritable petit bijou.. Il est magnifiquement relié et de très belles illustrations comme des gravures ou des peintures y sont reproduites. Je vous ai fait un mini reportage photo pour vous donner une idée de la beauté de l’ouvrage :

La couverture, un chapitre et deux illustrations..

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2 exemples de recettes et leurs illustrations..

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Un très beau livre qui ravira les passionnés d’histoire et de gastronomie (ou les deux à la fois !) Tout est fait pour que le lecteur passe un très bon moment, s’instruise tout en découvrant de nouvelles anecdotes sur notre histoire. Une très belle réussite !

Ma note : 9/10

Chronique Livresque·Historique

Le Rocher par Elisa Sebbel

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Fiche technique :

Autoédition – 179 pages – ebook et broché – Historique

Résumé :

5 mai 1809, cinq mille soldats de l’armée napoléonienne sont déposés sur l’île déserte de Cabréra. Parmi eux, vingt et une femmes, dont une jeune cantinière de dix-huit ans qui vient juste de perdre son mari. Sur tous les visages, la même question : les a-t-on abandonnés à leur propre sort sur ce rocher aride ?
Le lecteur vivra avec Angélique ce drame oublié de notre histoire. Il partagera son quotidien, ses émotions, ses moments de joie, de tristesse, de peur, de doute, d’espoir et de désespoir. Il expérimentera la faim, la soif, le froid, la violence mais aussi des instants de bonheur immense, un amour qui emportera la raison et tous les sens et redonnera une raison de lutter, des moments exceptionnels d’amitié, de tendresse, de bonté humaine, il découvrira les ressources inattendues de l’humain quand tout semble perdu… Attrapée entre deux hommes, Angélique l’emportera dans le tourbillon de sa vie. Inspiré de faits réels, ce roman est troublant de vérité.

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Elisa Sebbel de m’avoir confié son roman en service presse mais également pour sa gentillesse.

Le roman ouvre sur une introduction de quelques pages expliquant le contexte historique du livre. J’ai trouvé que l’idée était bonne car c’est une période, bien que plutôt récente, assez méconnue. L’auteure nous explique donc les bases historiques ayant amené à cette tragédie humaine.

Angélique est une toute jeune femme ayant suivi son mari à la guerre en tant que vivandière et qui, malheureusement, se retrouve veuve. Elle est, avec ses compagnons d’infortune, faite prisonnière et emmenée sur une île qui s’apparente plus à un rocher qu’à un Paradis. Elle va devoir survivre dans ce milieu hostile, affronter la nature peu clémente, la faim et la soif, les hommes et leurs plus bas instincts.

Angélique est la narratrice de ce roman, c’est donc son histoire que le lecteur va suivre. Elle est l’une des vingt et une femmes emprisonnées en compagnie de cinq milles hommes sur une île espagnole, totalement livrés aux mains de leurs ennemis. Ce roman m’a donné l’impression d’un journal où Angélique nous fait partager son dur quotidien, ses peines, ses drames, ses joies. Elle nous livre ses pensées les plus intimes au fil des jours qui s’étirent toujours plus durs sur ce Rocher où la vie est le dernier bien auquel on se raccroche. J’ai aimé son courage, sa pugnacité mais également son dévouement envers les autres. J’ai trouvé chaque personnage intéressant qu’il soit bon ou mauvais car personne ne peut dire comment il réagirait dans la même situation. 

L’histoire est vraiment très prenante, outre le côté romancé concernant Angélique, le fait de savoir que tout ce qui concerne la vie sur le Rocher est réel rend cette histoire poignante. Imaginer les conditions de vie des prisonniers, le manque de tout, les blessés, les morts est touchant, triste. Ces hommes et femmes étaient parqués sur ce bout de terre inhospitalier un peu comme des animaux et ne devaient leur survie qu’au bon vouloir de leurs geôliers. L’un des passages qui m’a le plus touché est celui où, pour se venger d’une insubordination, les espagnols laissent les prisonniers sans nourriture ni eau durant plusieurs jours. La jeune femme nous décrit la torture que cela représente et les conséquences..

Malgré la difficulté de la vie dans cette prison en plein air, l’amour est également présent. Une histoire d’amour se dessine, s’ébauche. Plusieurs même.. L’amour d’hommes pour des femmes, l’amour de femmes pour des hommes mais également l’amour maternel. Le personnage de Marie, la camarade d’Angélique, et maman de jumeaux encore nourrissons nés en captivité m’a vraiment touchée. Elle est si courageuse, si attentionnée à s’en oublier. Et pourtant, il fallait une grande force mentale pour réussir à survivre sur cette île en tant que femme. Leurs conditions de vie déjà difficiles, équivalentes à celles des hommes sont rendues encore pire par leurs propres compagnons, elles sont pour la plupart une marchandise monnayable qu’offre cette île. Heureusement qu’une part de beau perdure grâce à la partie romancée de cette histoire où l’on découvre l’entraide, la solidarité entre les prisonniers.

Je remercie vraiment Elisa Sebbel de m’avoir fait découvrir ce pan de notre histoire qui m’était totalement inconnu. J’ai apprécié tout le travail de recherche qui a été fait autour de ce sujet par l’auteure qui est extraordinaire. Il est d’ailleurs sublimé par les documents reproduits à la fin du roman et qui sont vraiment intéressants. Elisa Sebbel nous narre cette histoire d’une plume poétique, juste, fluide. Elle sème au fil des pages des images terribles, dures parfois cruelles mais qui sonnent toujours très juste, et qui malgré la dureté de l’histoire permettent au lecteur d’accompagner Angélique en gardant, comme elle, toujours une lueur d’espoir.

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Un très beau premier roman qui nous fait découvrir un morceau de l’histoire et du sort de milliers de prisonniers lors des guerres Napoléoniennes. Un livre où l’espoir partage la vedette avec la mort, la famine et même l’amour..

Ma note : 9/10    

 

Chronique Livresque·Historique·nouvelle

Du sang sur les blés par Loïc Dossèbre

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Fiche technique :

Autoédition – 20 pages – ebook – Nouvelle

Résumé :

Lorsqu’un prêtre s’éprend d’une jeune fille, les paroissiens restent silencieux. Et l’horreur se glisse dans ce petit village du XIXe siècle, jusqu’à ce que survienne l’inéluctable, jusqu’à ce que le sang coule.

Cette nouvelle fait office d’introduction à une série de romans à venir, lesquels auront pour théâtre les dernières années de l’époque victorienne. On y traquera un meurtrier, meurtrier dont ce récit narre le premier crime.

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Mon avis :

Tout d’abord je remercie chaleureusement l’auteur, Loïc Dossèbre, de m’avoir confié sa nouvelle en service presse et pour sa confiance.

Ismérie est une jeune femme vivant dans un petit village au XIXè siècle qui, à son grand désarroi, devient l’obsession du père Maxence. Ce prêtre qui de par son charisme et le pouvoir qu’il exerce sur ses ouailles réussit à obtenir tout ce qu’il souhaite. Malheureusement, il laisse Ismérie indifférente à son grand damne, il va donc essayer de forcer le destin.

Dès les premières lignes de cette nouvelle le ton est donné. Le père Maxence n’est pas un prêtre bon ou pieu, il utilise la religion et son poste pour asseoir son pouvoir sur la population locale, pour en tirer profit et surtout obtenir les faveurs de ces dames. On le sent orgueilleux, imbu de sa personne, n’ayant que peu (ou pas) de scrupules. Ismérie est la seule jeune femme à lui résister et surtout à ne pas succomber à ses charmes. Cela va d’ailleurs entraîner le père Maxence a des extrémités assez effrayantes qui feront couler le sang..

Malgré un récit très court puisque c’est une nouvelle, j’ai beaucoup aimé les personnages. Le père Maxence est parfaitement décrit, il est détestable au possible, il réunit quasiment tous les péchés capitaux: luxure, orgueil, l’envie ce qui est le comble au vu de sa fonction. Ismérie, quant à elle,  est attachante, gentille et l’on ressent son attachement pour sa famille que ce soit sa mère ou ses frères. Et cette affection est réciproque, c’est certain au vu des sacrifices consentis. Les personnages secondaires comme Mme Bonnefoy, la mère de la jeune femme, sont également bien campés.

Je découvre ici la plume de Loïc Dossèbre que j’ai trouvé vraiment addictive. En effet, chaque mot est utilisé à bon escient, il ne fait pas de fioriture tout en décrivant parfaitement les scènes. Le texte est léger et l’écriture fluide malgré une ambiance pesante. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce récit qui donne envie d’en découvrir encore plus.

Cette courte nouvelle est l’introduction a une série de romans dont le personnage central fait ici une brève apparition (mais pas des moindres.. je vous laisse le découvrir..) et se situeront pendant l’ère victorienne. Si Loïc Dossèbre conserve le même ton et façon d’écrire, je suis certaine que ces romans seront un régal à lire.

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Une nouvelle où se mêlent désir, obsession, peur et un personnage mystérieux.. Une future série prometteuse grâce à cette introduction vraiment bien écrite et prenante.

Ma note : 8.5/10

Chronique Livresque·fantastique·Historique·Thriller

Le Fil d’argent par Rebecca Greenberg

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Fiche Technique :

Autoédition – 473 pages – ebook ou broché – Thriller fantastique

Résumé :

Thomas Gordon, journaliste d’investigation au New-York Daily News, voit son existence basculer un jour de blizzard. Et rien ne l’avait préparé à ça. Comment reprendre le cours de sa vie lorsque l’on se retrouve soudain doté de dons paranormaux ? Comment rester les pieds sur terre lorsque l’on peut désormais sortir de son corps et dépasser les limites de l’Espace et du Temps ? Bientôt les coïncidences s’accumulent et un puzzle hallucinant prend forme… Pour ne pas devenir fou, Tom devra s’engager corps et âme dans l’enquête la plus incroyable de sa vie, où Passé et Présent se trouvent étroitement liés. Et si rien n’était dû au hasard ?

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Mon avis :

Tout d’abord, je remercie chaleureusement Rebecca Greenberg, l’auteure pour ce service presse, sa confiance et surtout sa gentillesse.

J’ai eu la chance de faire la connaissance de Rebecca via Facebook et de la suivre dans la dernière ligne droite avant la publication de son roman. J’avais donc hâte de pouvoir lire ce livre au résumé plus que prometteur, à l’auteure drôle et sympathique et à la couverture sublime réalisée par un certain Matthieu Biasotto (auteur aux multiples talents que j’admire beaucoup).

Tom voit sa vie basculer un soir de blizzard où un accident le plonge dans le coma pendant 3 mois. A son réveil, il tente de reprendre le cours normal de sa vie mais comment pourrait-il espérer rester le même alors qu’il découvre qu’il a des dons paranormaux ?

Le lecteur va suivre ici deux histoires en parallèle : celle de Tom qui va apprendre à maitriser ses dons, à les comprendre mais également celle de Simon. Simon est un jeune homme juif vivant en 1940 dans le Paris occupé et va nous faire vivre toutes les atrocités commises à cette période à travers son histoire et celle de ses proches. Comment ces deux histoires vont – elles se rejoindre ? Par un récit extrêmement bien ficelé, par une narration absolument époustouflante et par une maîtrise incontestable des mots et du sujet..

Dès les premières lignes, Rebecca Greenberg m’a prise dans les filets de son histoire. J’avais envie de savoir comment Tom allait pouvoir se servir de ses dons, pourquoi ceux-ci lui étaient « tombés dessus ». Tom et ses proches sont une famille attachante, ils sont proches les uns des autres malgré l’adversité et les difficultés que la vie dresse sur leur chemin. Cette partie du récit est prenante car elle intègre un côté surnaturel vraiment plaisant et bien amené. Les choses ne vont pas trop vite, se déroulent à un rythme crédible et sans temps mort.

La seconde histoire, qui s’alterne selon les chapitres, nous emmène dans le Paris de 1940, sous occupation allemande et va nous faire revivre des moments sombres de notre histoire. Les rafles, les déportations, la délation.. heureusement l’auteure s’attache également à nous expliquer comment s’organisait la Résistance, l’aide dont elle pouvait bénéficier. Les personnages de cette période m’ont plus que touchée ou émue, je les ai aimé comme s’ils étaient proches de moi, j’ai souffert avec eux, pleuré ou rit en leur compagnie. Chaque perte a été un coup de poignard, chaque vie sauvée une joie..

Je ne veux pas trop en dévoiler, cela vous gâcherait le plaisir de la lecture et de la découverte, mais si vous vous laissez tenter et que vous lisez ce roman n’hésitez pas à me contacter via le blog ou sur Facebook que nous puissions comparer nos ressentis.

Ce roman est le premier pour Rebecca Greenberg et je dois dire que j’ai été bluffée ? épatée ? ahurie ? Je ne sais trop quel mot choisir pour exprimer ce que ce livre m’a fait ressentir. Rebecca a une écriture fluide, captivante et a su rendre l’ambiance de chaque époque. A tel point que lorsqu’un allemand s’exprimait j’avais l’impression d’entendre l’accent germanique dans ma tête !

L’auteure a fait un travail absolument remarquable de recherches afin de restituer à son texte une authenticité comme peu savent le faire. Les sources citées à la fin du roman nous montrent l’énorme enquête qu’elle a mené sur tous les sujets abordés dans ce texte aussi bien la décorporation que la musique sous le IIIème Reich ou le texte exact que les policiers sous Vichy devaient réciter aux familles raflées.

Ce premier roman (car c’est un premier roman !) est une réussite vous l’aurez compris et il met la barre très haut pour les suivants. En effet, j’espère que Rebecca Greenberg ne tardera pas à nous livrer un autre livre où l’on pourra de nouveau retrouver tout son talent.

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Un coup de cœur pour ce roman qui m’a fait vibrer à chaque page.. Un roman entre passé et présent qui nous fait réfléchir aux conséquences de nos actes.

Ma note : 10/10

 

Chronique Livresque·Historique·Romance

La muse de Callidromos de Gaëlle Laurier

Fiche Technique :

Auto-édition – 200 pages – ebook

Résumé :

Gwydion est un jeune esclave celte ne vivant que dans un seul but : gagner sa liberté.
Durement entraîné afin de devenir gladiateur et désormais connu sous le nom de Callidromos au terme d’une victoire étonnante, son chemin croisera celui de Thétis.
Il se retrouvera alors lié à elle malgré lui, tombant dans un piège qui risque de l’éloigner de son rêve. Considérant tout d’abord Thétis comme une faiblesse, Gwydion finira par comprendre qu’elle est, au contraire, sa plus grande force

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie l’auteure Gaëlle Laurier pour ce service presse et sa confiance.

Nous avons ici le premier roman auto-édité de Gaëlle et moi qui adore découvrir de nouvelles plumes j’ai sauté sur l’occasion.

Thétis et Gwydion sont esclaves. Gwydion est gladiateur et son but est de gagner sa liberté en combattant à Rome. Les deux jeunes gens vont devoir passer une nuit ensemble et leurs destins s’en trouveront à jamais liés.

Ce roman a été pour moi une très belle découverte, tant par l’histoire que par la plume de son auteure. Je ne pense d’ailleurs pas m’arrêter là et lire les autres livres de cette jeune auteure très prometteuse. J’ai vraiment aimé suivre Thétis et Gwydion dans leur périple, même si les combats de gladiateurs ne sont pas les scènes les plus tendres que l’on puisse trouver. Il faut dire que le Callidromos (surnom donné à Gwydion pour sa rapidité) est un combattant hors normes et qu’il va devoir défendre chèrement sa vie tant dans l’arène qu’en dehors. Son destin se retrouve lié à celui de la belle Thétis et si au départ il la voit comme une charge, il va rapidement comprendre qu’elle lui est indispensable.

Malgré la violence se déroulant au fil des pages, j’ai trouvé que ce livre était écrit tout en douceur. Gaëlle Laurier a une plume captivante et harmonieuse et elle réussit à rendre les émotions et sentiments des personnages très justement. On comprends d’autant mieux leurs pensées qu’il y a à chaque chapitre un changement de narrateur. Thétis et Gwydion alternent leurs points de vue et nous permettent ainsi de mieux les appréhender.

L’histoire est aussi très belle malgré les sévices et agressions subies par les personnages. L’histoire qui lie nos deux héros est émouvante, leur rapprochement au fil des pages est touchant alors qu’autour d’eux ne règnent que mort et cupidité. La dureté de la vie d’esclave est très bien rendue, la brutalité quotidienne, la peur et les coups nous sont relatés avec beaucoup de pudeur même si l’on sent le mal les entourant. Les personnages sont, quant à eux, vraiment attachants. Thétis est courageuse et forte même si elle semble être délicate et fragile. Gwydion, lui est malgré sa force et son statut de gladiateur un homme doux. Les personnages secondaires sont également attendrissants, j’ai particulièrement aimé Amasis pour sa loyauté.

Une très belle lecture entre combats à mort et amour naissant qui emmène le lecteur sur les routes de la Rome Antique.

Ma note : 8/10

Chronique Livresque·fantastique·Historique·Uchronie

Stalingrad d’Emmanuel Delporte

Fiche Technique :

Editeur : L’ivre Book – 193 pages – Ebook

Résumé :

Été 1942. La domination nazie sur l’Europe atteint son apogée. L’état-major du Troisième Reich expédie plus de 900 000 soldats à l’assaut de la ville de Stalingrad.

Cette bataille ne ressemble à aucune autre. Le froid intense, le volume des destructions, la présence de civils, les atrocités commises de part et d’autre, expliquent la fascination qu’elle exerce encore aujourd’hui.

Mais ses souterrains recèlent en outre les reliques d’un secret terrifiant, protégé par d’anciens rites et d’indicibles créatures.

Comme les cinq branches d’un pentagramme, cinq récits se croisent et forment la trame de ce roman épique, dans lequel la réalité historique se confond avec les figures mythiques de Raspoutine ou Baba Yaga.

Emmanuel Delporte signe son premier roman, récit historico-fantastique, uchronie spectaculaire dans laquelle il vous invite à une réflexion sur le poids du passé et de la guerre.

Mon avis :

Je remercie chaleureusement les Editions L’Ivre Book pour ce service presse.

Ce livre est vraiment atypique de par sa structure. Cinq parties ayant toutes comme fil conducteur la bataille de Stalingrad qui se déroula en 1942 et compta des centaines de milliers de morts. Chaque histoire, comme le dit le résumé, est la branche d’un pentagramme au coeur duquel chaque personnage a son importance.

La plume d’Emmanuel Delporte est fluide et très agréable à lire. Les mots coulent simplement mais tombent juste et décrivent parfaitement les actes ou sentiments des personnages. J’ai eu parfois l’impression d’entendre les bombes exploser ou les cris des agonisants tant cela semblait réel. J’ai particulièrement apprécié la façon dont le récit est documenté et précis. On sent que l’auteur a beaucoup travaillé pour apporter authenticité et précision à son texte.

Lorsque j’ai vu le format de ce livre coupé en plusieurs nouvelles, j’avoue avoir eu peur de m’y perdre. Mais pas du tout ! L’auteur a réussi a croiser chaque histoire, chaque destin sans que le lecteur peine à le suivre une seule seconde. J’ai tourné les pages fiévreusement espérant la clémence pour certains, souhaitant le pire à d’autres et toujours j’ai été surprise.

J’ai particulièrement aimé le côté humain de ce roman. La réflexion sur la guerre et le rôle de l’être humain quant à sa propre destruction est précise. L’homme va oeuvrer à tous les niveaux pour anéantir l’humanité à cause de ses croyances comme le nazisme ou le stalinisme autant sur le champ de bataille, qu’au commandement ou dans une crypte secrète et ancienne.  

L’ajout de fantastique est un plus vraiment appréciable avec la présence de personnages mythiques russes comme Raspoutine ou Baba Yaga et tellement bien dosé que l’on se prend à y croire. Cela m’a permit d’apprendre un peu plus sur ces noms que l’on croise souvent mais que l’on connait mal au final.

Une très bonne lecture passionnante et prenante qui donne à réflechir. Je recommande vivement ce livre à tous et pas seulement aux fans de livres historiques. Foncez, vous ne serez pas déçu !

Ma note : 9/10