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Fiche Technique :

Editeur : Independently published sorti le 3 mars 2017 – 373 pages – ebook ou broché

Résumé :

Elle s’appelle Ewa. Elle est particulière. Elle ne doit jamais se regarder dans un miroir. Jamais. Son don étrange est une malédiction qu’elle ne maîtrise pas. Son passé est difficile à porter. Il lui est impossible de partager son secret. Elle ne peut faire confiance à personne. Enfermée « pour son bien » à Miedzeska, dans une pension pour filles au cœur de la Pologne, Ewa survit entre humiliations et sévices. Elle serre les dents en rêvant d’évasion, mais personne ne s’échappe de cet internat. Alors pourquoi des filles disparaissent-elles sans laisser de traces ? Que deviennent-elles ? Et surtout… qui sera la prochaine ? Ewa ne doit jamais céder à l’appel des miroirs, elle le sait. Elle a juré. Et si la vérité se cachait dans son reflet ?

Mon avis :

Dès que j’ai vu la couverture de ce livre, j’ai su que je ne tarderais pas à le lire. Ca sentait le mystère à plein nez et je ne sais pas y résister..

Ewa est une jeune fille particulière. Elle ne doit, sous aucun prétexte, se regarder dans un miroir faute de quoi elle déclenche des évènements qu’elle ne maîtrise pas. Son oncle décide donc de la placer « pour son bien » en tant que pensionnaire à Miedzeska, institution pour jeunes filles en Pologne où la 2nde guerre mondiale débute.

C’est le premier roman que je lis de Mathhieu Biasotto. J’ai donc découvert à travers Ewa sa plume et ça a été un régal. Parfois brutal, parfois poétique, on ne sait jamais trop ce qui nous attends à chaque page tournée. Les descriptions sont précises, acérées, chaque mot utilisé a son importance. J’ai parfois dû faire des pauses lors des passages de punitions tant j’avais l’impression d’assister à la scène.

L’histoire est vraiment originale même si elle est violente. Le cadre de la pension est vraiment effrayant, stressant et l’angoisse est palpable à chaque changement de lieu. Les chambres, les sanitaires ou la cantine aucun de ces endroits n’est un havre de paix ni pour Ewa ni pour aucune de ses condisciples. Il n’y a pas ni repos ni temps mort. Sans compter que des jeunes filles disparaissent sans que cela ne semble inquiéter qui que ce soit. Ce qui accroit le sentiment de crainte, qui sera la prochaine ?

Se tenir éloignée des miroirs pour Ewa n’est pas chose facile, sans coquetterie aucune, et on sent son désespoir à chaque fois qu’elle est confrontée à son image. Le personnage d’Ewa est vraiment touchant. Elle ne connait que peu de répit dans sa vie et ce n’est pas à Miedzeska qu’elle va pouvoir souffler. J’ai eu beaucoup de peine pour elle, la malédiction dont elle est frappée ne fait que renforcer le sentiment de détresse qu’elle inspire, même dans les moments où elle détient un semblant de pouvoir.

Les autres personnages sont aussi très bien travaillés, pensés. Ils sont difficilement cernables, on pense les connaître, les avoir compris puis tout s’effondre comme un château de carte ! L’auteur fait preuve d’un machiavélisme à toute épreuve lorsqu’il s’agit de jouer avec nos sentiments. S’attacher à l’un pour ensuite nous faire douter de son intégrité, plaindre l’autre pour découvrir que finalement il n’est peut-être pas si gentil..

Le seul bémol que j’ai à formuler est que j’ai trouvé la fin trop rapide. J’aurais aimé en savoir plus, avoir plus de détails.

Un très, très bon thriller où la crainte alterne avec le stress. L’auteur joue avec son lecteur en distillant quelques lueurs d’espoir dans un livre dominé par la violence, et où l’Allemagne nazie fait planer son ombre.

Ma note : 9/10

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